Œuvres de Méré, t. II, p
Le jeu et les dames, telles furent efFecftivement, avec les préoccupations du bel esprit, les deux passions dominantes et constantes de Méré. Ainsi, c'était en jouant au piquet avec une de ses nièces, qu'il devait mourir. Parfois même, de son propre aveu, le jeu lui faisait tort auprès. des dames, en lui ôtant le loisir nécessaire à Téiaboration des épltres raffinées dont il se plaisait à leur ofirir le régal. « Présentement je ne pense rien qui vous convienne, écrivait-il à Mme de là.Bazinière, et je ne trouve pas un mot dont je sois satisfait. Je suis étourdi d'avoir joué tout le jour, et je vois bien qu'un autre qui saurait mieux se ménager prendrait mieux son temps ^ » D'autre part, au jeu, comme en toutes choses où il -daignait paraître, Méré se piquait d'exceller. Beau joueur et joueur habile, il était devenu, dans les coups douteux, comme il nous l'apprend lui-même, un arbitre souvent, consulté. « Nos seigneurs les maréchaux de France, écrivait-il assez plaisamment, ont besoin de divertissement pour se donner du relâche et se remettre de leurs occupations laborieuses, de sorte qu'ils passent la meilleure partie du jour et de la nuit à jouer... Or vous savez qu'il y a des coups douteux dans le jeu qui causeraient à toute heure de fâcheuses disputes, si l'on n'y mettait ordre. Quand