Œuvres de Méré, t. Il, p
2. Ibid.^ p. 326. On trouve eu effet au t. VI des Œuvres de Saint-Evremond (Londres, 1725-1744, 7 v. in-12), sous le nom de M. de La Valterie (serait-ce un pseudonyme imaginé par Miton ?), des morceaux tels que ceux-ci : Des vraies et fausses beautés des ouvrages de l'esprit, de l'honnêteté des expressions f de la justesse du raisonnement.
Assez peu touché des objurgations de Méré, Miton se contente de lui renvoyer avec usure ses propres louanges. « Vous me réjouissez de m' assurer que je sais dire des choses. Je n'en fais pas moins de cas que Mme la marquise de Sablé, et je trouve aussi que vous devez souhaiter que tout le monde les estime; car peut-être que jamais personne n'en a plus dit que vous et de meilleures. Pour ce qui est du petit traité dont vous me parlez, je ne m'étonne pas que vous ayez été surpris de le voir au jour; je le fus autant que vous, et je ne vous saurais dire comment cela s'est fait. Je n'écris que fort rarement, et c'est encore avec une si grande négligence que je ne dois pas songer à m'en faire honneur. Mais je lis souvent, et je fais volontiers des réflexions sur tout ce que je lis *. »
En définitive, Miton est trop paresseux pour se montrer avide de renommée; la gloire littéraire, qui ne s'acquiert qu'à force de labeur, n'a rien qui le puisse tenter, et lui-même avec ses dispositions d'âme à la fois languissante et voluptueuse, dédaigneuse et curieuse, s'est peint au naturel dans les lignes suivantes d'une autre de ses lettres à Méré.
« Je me porte assez bien, je n'ai point de chagrin fâcheux, aussi n'ai-je pas de plaisirs qui soient bien piquants, et je suis à peu près comme ces temps