Œuvres de Méré, t* II, p
bas, qui sont à la vérité sans orage et sans pluie, mais où Ton ne voit point le soleil. Je passe tous les jours quelque temps à lire ; je fais quelques réflexions sur les sujets qui se présentent, et je vous attends pour les achever. Je vais les après-dinées chez Fre-
doc, où je joue un jeu assez médiocre Vous me
mandez que vous songez à faire un ouvrage qui ne périsse jamais. Je sais bien que, si quelqu'un pouvait en venir à bout, ce serait vous. Mais le monde en vaut-il la peine ? Ces choses-là ne se font pas sans beaucoup de travail. On incommode sa santé par des méditations profondes, et la récompense en est bien légère ; le parti le plus sûr, ce me semble, est de ne songer qu'à des choses simples, et même badines, et d'en revenir toujours là *. » En réalité, tel était Miton, et tel Pascal l'avait pratiqué, soit dans l'intimité de Méré, soit aux eaux de Bourbon, où les appelait tous les deux le soin de leur santé '. Le nonchaloir de cet autre précieux, ses dégoûts, les habitudes frivoles par lesquelles il cherchait à tromper son ennui, tout cela par conséquent lui était bien connu. « Tel homme, observait-il, passe sa vie sans ennui en jouant tous les jours peu de chose. Donnez-lui tous les matins l'argent qu'il