Œuvres de Méré, t. II, p
2. Cf. Ibid., p. 227, Méré à Miton : « Le hasard me donne des espions et des espionnes pour tous observer tous les ans, quand vous allez aux eaux de Bourbon. »
peut gagner chaque jour, à la charge qu'il ne joue point, vous le rendez malheureux *. » Et encore : « Ennui, Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide ^. » N'était-ce pas là se représenter et peindre Miton? Ailleurs, c'est de Miton que Pascal parle expressément. « Reprocher à Miton de ne pas se remuer, quand Dieu le reprochera, » écrivait-il dans les notes destinées à la préface générale de son Apologie '. On imagine du reste facilement, d'après quelques autres phrases échappées à Pascal, quel devait être le sujet ordinaire de ses entretiens avec Miton. Non seulement Pascal avait dû l'obliger d'avouer que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois ne sont si recherchés, que parce que c'est le tracas qui nous détourne de penser à notre malheureuse condition et nous divertit *. Mais, sans le conduire précisément où il voulait, il l'avait, selon toute apparence, mené encore plus loin. « Miton voit bien que la nature est corrompue, et que les hommes sont contraires à
4. Les Pensées de Biaise Pascal, édit. Molinier, t. I, p. 54.