‹ Pascal, physicien et philosophe (volume 2)Chapitre 78 sur 89 · Ibid,y p · texte numérisé non relu

Ibid,y p

rhonnéteté; mais il ne sait pas pourquoi ils ne peuvent voler plus haut *. »

On dirait même parfois qu'on assiste à quelqu'une de ces discussions et qu'on entend Pascal argumenter directement contre Miton. « Le moi est haïssable : vous, Miton, le couvrez, vous ne l'ôtez pas pour cela; vous êtes donc toujours haïssable. — Point, car en agissant ainsi, comme nous faisons, obligeamment pour tout le monde, on n'a plus sujet de nous haïr. — Gela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais parce qu'il est injuste, qu'il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot, le moi a deux qualités : il est injuste en soi, en ce qu'il se fait centre de tout; il est incommode aux autres, en ce qu'il les veut asservir; car chaque moi est l'ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres. Yous en 6tez l'incommodité, mais non pas l'injustice, et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui haïssent l'injustice : vous ne le rendez aimable qu'aux injustes, qui n'y trouvent plus leur ennui, et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu'aux injustes *. » De la sorte, Pascal démontre et remontre à Miton combien l'honnêteté diffère de la charité. Il le force à confesser « qu'il est plus clair que le jour que nous sentons en nous-mêmes des carac-

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