‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 21 sur 102 · SA ME · texte numérisé non relu

SA ME

la méditation des Livres saints, aux sciences profanes, ou, s'il y revient quelquefois, comme lorsqu'il résout les problèmes de la Gycloïde, ne le faire en quelque sorte que par hasard et comme par défi. Dès 1654, Pascal est un solitaire. Dès 1658, et après Féclat des Provinciales ^ sa piété croissant, Pascal est un ascète. Ce cilice garni de pointes de fer et qu'il cache sous ses habits , peut effrayer notre mollesse. Il y a, nous l'avouerons, dans le complet détachement qu'd professe et qu'il prétend imposer à ses proches une rigueur insupportable et toute janséniste. Nous accorderons également que ce superbe et mélancolique génie ne connut point la haute sérénité qui, par exemple, caractérise Bossuet. Mais qu'on songe aux quatre dernières années de Pascal ! Il les passe à méditer, à se mortifier, à visiter les églises, à soigner les malades et à soulager les pauvres, au milieu desquels il voudrait terminer sa vie '. Enfin, cédant son propre logis à une famille nécessiteuse qu'il a

1. Rappelons, entre autres, ce trait délicat de charité, rapporté par Mme Parier : « Comme mon frère, écrit-elle, revenait un jour de la messe de Saint-Sulpice, il vint à lui une jeune fille d'environ quinze ans (fort belle) qui lui demandait l'aumône; il fut touché de voir cette personne exposée à un danger si évident... ; il crut que Dieu la lui avait envoyée aussitôt ([u'elle avait été dans le besoin, de sorte que dès l'heure même il la mena au séminaire, où il la mit entre les mains d'un bon prêtre à qui il donna de l'argent et le pria d'en prendre soin. » La Vie de M. Pascal écrite par Madame Perier, sa sœwr. Amsterdam, J688, in-18, p. 32.

recueillie, il se retire, pour y mourir, chez sa sœur Mme Perier, et se montre envers la mort d'une angélique douceur. « Allez, consolez-vous, disait un ecclésiastique à Mme Perier, la veille du décès de son frère; si Dieu l'appelle, vous avez bien sujet de le louer des grâces qu'il lui fait. J'avais toujours admiré beaucoup de grandes choses en lui, mais je n'y avais jamais remarqué la grande simplicité que je viens de voir ; cela est incomparable dans un esprit tel que le sien, je voudrais de tout mon cœur être en sa place. » Le curé de Saint-Étienne du Mont, qui le visitait dans sa dernière maladie, ne pouvait s'empêcher de louer, à son tour, chez Pascal, les mêmes dispositions et disait à toute heure : « C'est un enfant; il est humble, il est soumis comme un enfant K » Ce fut « après avoir reçu le saint viatique et l'extrême-onction avec des sentiments si tendres, qu'il en versait des larmes », que Pascal expira le 19 août 1G62, à l'âge de trente-neuf ans deux mois ^

Dans une telle vie, dans une telle mort, où est le 1. La Vie de M. Pascal, etc., p 40

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