PRÉFACE XV
ciers. « Gens sans parole, sans foi, sans honneur, sans vérité, doubles de cœur, doubles de langue et semblables, comme il vous fut reproché autrefois, à cet animal amphibie de la fable, qui se tenait dans un état ambigu entre les poissons et les oiseaux •. » C'était dans ce style d'injures que Pascal résumait, avec sa polémique sur les Provinciales, son jugement sur les Jésuites.
Aussi Voltaire, qui n'est pas suspect, et auquel, d'ailleurs, Pascal avait comme donné le ton en traitant sous une forme railleuse les sujets les plus graves, Voltaire n'hésitait pas à l'attester. « Tout le livre des Provinciales, observe-t-il , portait sur un fondement faux. On attribuait adroitement à toute la Société les opinions extravagantes de plusieurs Jésuites Espagnols et Flamands. On les aurait déterrées aussi bien chez des casuistes Dominicains et Franciscains; mais c'était aux seuls Jésuites qu'on en voulait. On tâchait de prouver qu'ils avaient un dessein formé de corrompre
i. p. Faugère, Pensfipa, etc., l. II, p. 208.