Deuxième partie : Qu'il y a un réparateur par l'Écriture
Dans le compte rendu que nous allons faire du travail de M. Faugère, nous négligerons ordinairement les questions de détail : nos observations, à cet égard, seraient d'une part infinie^, de l'autre, didactiques et fastidieuses. Nous avouons du reste, qu'il est difficile, quant aux divers fragments en particulier, d'arriver à un arrangement qui satisfasse tout le monde, plusieurs pouvant être classés indifféremment sous tel ou tel titre. Nous nous en tiendrons donc le plus souvent à l'ordonnance générale. Disons pourtant que quelques articles du chapitre du vrai bien et de la justice appartiennent à celui des philosophes, par exemple, l'énoncéYles différentes opinions sur la nature et la destinée de l'àme ^ ; que la plul[)art des fragments du chapitre, Caractères de la vraie religion ^, devraient être placés , les uns dans la première partie, avant l'examen que fai-
' Pensées, Fragtn. etc,. t. II, p. 389. 2 Ibid., t. Il, p. 124.
^ IbîcL, p. 139.
CHAP. m. ART. I. — HISTOIRE DES PENSÉES. tl3
sait Pascal des diverses religions de la terre ; les autres après le chapitre du peuple juif, lorsque Pascal veut prouver que la Bible seule enseigne une véritable religion dont il donne alors les marques les plus sensibles.
M. Faugcre place ensuite un chapitre intitulé Moyens d'arriver à la foi^. Ce chapitre et les deux qui le précèdent, Du vrai bien et de la justice, Caractères de la vraie religion, rompent le fil de la pensée de Pascal. Comme nous l'a dit Etienne Perier, après avoir interrogé lôs philosophes et les religions de la terre, Pascal jetait immédiatement les regards sur le peuple juif. Pourquoi donc séparer par trois chapitres celui des philosophes et des diverses religions et celui qui traite du peuple juif? Evidemment le plan de Pascal se trouve ici méconnu et brisé. Ces trois chapitres par lesquels M. Faugère commence la seconde partie de l'ouvrage apologétique, devaient, pour la plupart des passages, être ramenés à la première, et les paragraphes où il est fait mention spéciale de l'excellence et de la supériorité du christianisme, rejetés dans le chapitre qui traite de la religion chrétienne. Le principal fragment du chapitre, Moyens d'arriver à la foi , dans lequel Pascal soumet l'existence de Dieu au cal-
' Pensées, Fragments, etc., 1. 11, p. Ifil.