ARTICLE
L'éloquence coiifisle dans une correspondante qu'on làilic d't'lablir entre Tcspril elle cœur de ceux à qui l'on parle d'un c6té, et de l'autre les pensées et les expressions dont pn se sert.
Ne nous attendons pas à trouver dans Pascal une série d'idées formant une théorie littéraire complète. Pascal était encore moins un littérateur qu'un philosophe ex professa. Ce n'était que par hasard et au milieu de ses méditations religieuses qu'il reléguait à l'angle d'un de ses petits papiers une pensée qui lui venait sur l'éloquence et sur le style. Ou plutôt, poussé par le désir de communiquer la vérité aux hommes, il réfléchissait nécessairement sur les moyens les plus propres à les persuader ; il demandait à la nature humaine par quelles voies la persuasion s'msinue d'ordinaire dans les ârr]es, de quelles qualités doivent être revêtus la pensée et le style pour être favorablement accueillis. Alors, pour son usage personnel et dans le grand dessein qui l'occupait tout entier, il posait des principes et des règles qu'il
CH. IV. ART. II.— RHÉTORIQUE DE PASCAL. m
appliquait à sa composition. C'est, du reste, ce que nous apprend M"" Perier : « Il avait, dit- » elle de son frère, une éloquence naturelle qui » lui donnait une facilité merveilleuse à dire ce » qu'il voulait; mais il avait ajouté à cela des » règles dont on ne s'était pas encore avisé et » dont il se servait si avantageusement qu'il était M maître de son style ; en sorte que non-seule- » ment il disait tout ce qu'il voulait, mais il le )) disait en la manière qu'il voulait, et son dis- » cours faisait l'effet qu'il s'était proposé. Et cette )) manière d'écrire naturelle, naïve, et forte en » même temps, lui était si propre et si particiu- » licre, qu'aussitôt qu'on vit paraître les Lettres » au Provincial, on vit bien qu'elles étaient de » lui , quelque soin qu'il ait toujours pris de le » cacher, même à ses proches ' . »
Tâchons d'exposer avec tout l'ordre et tout l'ensemble possibles ces règles particulières que Pascal avait ajoutées à son éloquence naturelle. Peut-être pourrons-rjous, sans trop recourir aux additions et aux commentaii'es, établir entre elles quelque connexion et en former un tout qui résume et renferme ses doctrines littéraires.
* Lettres, Opuscules, etc., p. 17, 18.
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