C'est M. Jovy qui souligne
APPENDICE 4o5
Ârnauld et Nicole de l'autre, n'avait jamais été jusqu'à la rupture. Cela ressort des faits ; et Sainte-Beuve, labbé Maynard , la plupart des critiques enfin, l'ont toujours pensé ainsi. M. Strowski le dernier estime que le refus opposé par tout Port-Royal à la signature sans queue du Formulaire réconcilia Arnauld, Nicole et Pascal.
« Pascal vit cela, et, s'il fut vraiment brouillé avec ces Messieurs, ces circonstances dissipèrent les nuages qui s'étaient formés*. » M™« Périer, Etienne et Jacqueline, Nicole et les autres enfin, ont insisté sur cette union qui n'avait jamais été absolument détruite. Gomme on exagérait jusqu'à la plus complète rupture le dissentiment survenu entre Pascal et Arnauld, les écrivains jansénistes exagérèrent de leur côté. Faut-il pour cela les disqualifier à jamais. ^ Non, sans doute! et cette faiblesse si humaine et si légère ne nous doit pvTs empêcher de croire à leurs témoignages.
Les jansénistes n'ont pas nié, mais ils ont, il est vrai, dissimulé et atténué l'histoire du différend de Pascal avec Port-Royal. Remarquons que, sauf le mensonge, c'était leur droit, leur devoir même, c'est ce qu'on fait dans toutes les familles Les Constitutions des Ordres religieux défendent expressément de divulguer les querelles intestines. Et quand une famille ou une communauté fait disparaître les documents qui révéleraient ù la postérité des querelles peu édifiantes, c'est sans doute infiniment regrettable pour les historiens, mais elles usent de leur droit. Pascal avait confié à Domat des écrits vengeurs, le priant de les publier si les Religieuses se relâchaient et de les brûler si elles tenaient ferme, les Religieuses tinrent bon, et Domat n'exécuta que les dernières volontés de Pascal en livrant ces manuscrits aux flammes. M™^ Périer, sa famille et Port-Royal possédaient des Ecrits de Pascal contre Arnauld et Nicole, on les fit disparaître, mais est-on bien certain que Pascal n'eut point approuvé cette manière d'agir ? On ne peut pas demander à une famille ou à une communauté religieuse de publier ses