‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 18 sur 118 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

Ce feu n'est pas une lumière éclatante, qui lui serait apparue, comme dans la nuit un éclair éblouit les yeux, ce feu ne signifie pas autre chose que la ferveur brûlante qui exalte sa pensée et qui consume son corps. Durant deux heures il éprouve des sentiments de feu. Dans cet état de surexcitation où l'intelligence est illuminée et la volonté divinement fortifiée, Pascal renonce avec plus de force que jamais aux doctrines et aux plaisirs qu'il vient de quitter; il demande à Dieu avec une confiance filiale mêlée de repentir et de défiance de lui-même, le don de la persévérance finale. Tels sont les pensées et les sentiments qui se présentent ensemble et sans ordre à sa pensée, qui agitent son esprit et son cœur. Dans les grandes passions on ne se lasse pas de répéter les mêmes paroles accompagnées des mêmes sentiments.

En somme, Pascal a essayé d'abord de suivre Descartes, Charron, Grotius, le P. Mersenne, et de coiisidérer Dieu (( comm.e auteur des vérités géométriques et de l'ordre des éléments ^. Mais ce Dieu abstrait des philosophes n'est pas le Dieu (( sensible au cœur », le « Dieu de consolation et d'amour » qu'il entrevoit.

Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, y on des philosophes et des savants.

Le monde et ses plaisirs délicats et artistiques le charmaient, sa sensibilité était caressée par les marques de sympathie, par

1. Saint Justin après avoir rcclserché la vérité dans les diverses philosophies la remontre enfin dans le cliristianisme. « Un feu soudain écrit il, enflamma mon âme, et l'amour des prophètes et de ces hommes qui sont les amis du Christ m'envahit. Je me parlais alors à moi-môme me disant que cette doctrine était la seule solide, la seule salutaire.., » iDuilogiie uvee Tlnjphon). C'est le coup de foudre depuis longtemps préparé. L'on s*cst demandé si Pascal avait vu un globe de feu. Pourquoi, mon Dieu! un globe de feu?

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