‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 28 sur 118 · V. Cousin, Jacqueline, p. 2ù · texte numérisé non relu

V. Cousin, Jacqueline, p. 2ù

LA Vlli MYSTIQUE DE PASCAL APRÈS SA CO>"VEKSIO>" lOI

soa dîner à la cuisine et le portait dans sa chambre, il le rapportait ; et enfin il ne se servait de son monde que pour faire sa cuisine, pour aller en ville, et pour les autres choses qu'il ne pouvait absolument faire.... » Pascal, nous ne devons pas l'oublier, raisonnait avec une rigueur toute mathématique, et grâce à sa volonté implacable, la pratique chez lui se conformait immédiatement à la théorie. Or il posait comme principe que la concupiscence est un mal, que tous les divertissements sont au moins dangereux, que la vie spirituelle s'enrichit de ce quon enlève au corps et à la sensibilité, qu'il n'est rien que l'on doive plus mortifier que la triple concupiscence des yeux, de la chair et de l'orgueil. En supprimant «tout plaisir et toute superfluité », il était donc logique avec lui-même, et les conséquences pratiques qu'il en tirait étaient justes. D'ailleurs ses mortifications les plus douloureuses, d'autres les avaient pratiquées avant lui, en les déduisant de principes analogues.

« Cependant l'éloignement du monde, qu'il pratiquait avec tant de soin, n'empêchait point qu'il ne vit souvent des gens de grand esprit et de grande condition... Les conversations auxquelles il se trouvait souvent engagé ne laissaient pas de lui donner quelque crainte qu'il ne s'y trouvât du péril ; mais comme il ne pouvait pas aussi en conscience refuser le secours que des personnes lui demandaient, il avait trouvé un remède à cela. Il prenait dans les occasions une ceinture de fer pleine de pointes, il la mettait à nu sur sa chair ; et lorsqu'il lui venait quelque pensée de vanité, ou qu'il prenait quelque plaisir au lieu où il était, ou quelque chose semblable, il se donnait des coups de coude pour redoubler la violence des piqûres... Cette pratique lui parut si utile, qu'il la conserva jusqu'à la mort. Il retranchait avec tant de soin toutes les choses inutiles, qu'il s'était réduit peu à peu à n'avoir plus de tapisserie dans sa chambre, parce qu'il ne croj'ait pas que cela fût nécessaire, et de plus n'y étant obligé par aucune bienséance, parce qu'il n'y venait que des gens à qui il recommandait sans cesse le retranchement ; de sorte qu'ils n'étaient pas surpris de ce qu'il vivait lui-même de la manière qu'il conseillait aux autres de vivre.... ^ »

Quelque excessives que puissent paraître ces pratiques, elles n'ont rien de très extraordinaire. Nous sommes fort

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