‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 29 sur 118 · Viepar M'"-Périer,{Ed. Br. p. -i-S · texte numérisé non relu

Viepar M'"-Périer,{Ed. Br. p. -i-S

loin assurément des mortifications des Pères du désert, da saint Dominique, de sainte Catherine de Sienne, de saint Bernard, du bienheureux Henri Suso, et plus récemment du saint curé d'Ars et du Père Lacordaire.

L'ascétisme de Pascal, des critiques incroyants mais impartiaux l'ont concédé volontiers, loin d'être blâmable, est donc bien plutôt admirable. Il est cependant un point de sa doctrine et de sa vie mystiques qui est universellement condamné. Nous voulons parler de la sincérité avec laquelle il retranchait les témoignages sensibles d'affection dans la famille. « L'ascétisme janséniste, écrit M. Viiiet, portait sur ce que la vie humaine a de plus primitif et de plus innocent. Il niait, autant qu'il était en lui, la famille, et Pascal, sur ce point n'est que trop janséniste, en cela moins homme qu'il ne prétendait l'être et qu'il ne voulait qu'on le fût. M. Reuchlin remarque avec étonnement que la famille n'est pas même nommée dans le livre des Pensées. Pascal se reprochait sa tendresse pour ses proches, s'interdisait avec eux les moindres caresses, et cherchait à leur substituer dans son cœur la grande famille du genre humain.... •» Ce jugement de Yinet qui résume en partie l'opinion commune est-il fondé ? est-il absolument exact ? Efforçons-nous, autant du moins c[ue les documents nous le permettent, de déterminer ce qu'il en est.

M™® Périer nous dit en effet : u II (Pascal) ne pouvait souffrir les caresses que je recevais de mes enfants ; il disait qu'il fallait les en désaccoutumer et que cela ne pouvait que leur nuire, » et ce conseil, cette défense, car Pascal avait, semble-t-il, une autorité incontestée sur les siens, est en effet très sévère, trop sévère sans doute. Mais, distinguons-le bien, il n'est ici question que des caresses sensibles, et il est abusif d'en conclure que Pascal défendait aux parents de manifester

1, ViNKT, Eludes sur Pascal p. 230. L'auteur qui est protestant écrivait. « La religion du catholique oscille sans cesse entre un sensualisme subtil et un ascétisme outré ». Cela veut dire, senible-t-il, entre le quiélisme et le jansénisme. Le mot oscille est moins bien choisi; il faudrait dire. « La religion du vrai catholique demeure entre.... C'est-à-dire quelle se tient ferme et inébranlable à égale distance de ces deux extrêmes.

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