LA VIE MYSTIQUE DE PASCAL APRÈS SA CO>'VERSIO
avec piété sa virginité, » devrait se marier. C'est à peu de chose près la doctrine de l'apôtre saint Paul : dans la première épitre aux Corinthiens *.
Il est bien d'autres querelles intentées à Pascal. On l'a accusé de n'avoir point assez distingué entre les vocations ; et il est vrai qu'il concevait la vie chrétienne très sévèrement, et qu'il poussait volontiers les âmes à la vie religieuse. Mais les personnes qui l'entouraient et lui demandaient des conseils de direction, avaient presque toutes embrassé un état de vie plus parfait ; elles visaient à la perfection. On l'a accusé aussi de n'avoir pas pleuré la mort de Jacqueline, d'avoir défenduà M'"^ Périerde pleurer sa sœurdéfunte. « A la mort dema sœur, écrit M'"*^ Périer, qui précéda la sienne de dix mois, lorsqu'il reçut cette nouvelle il ne dit rien, sinon : « Dieu nous fasse la grâce d'aussi bien mourir 1 » et il s'est toujours depuis tenu dans une soumission admirable aux ordres de la providence de Dieu, sans faire jamais réflexion que sur les grandes grâces que Dieu avait faites à ma sœur pendant sa vie, et des circonstances du temps de sa mort ; ce qui lui faisait dire sans cesse : « Bienheureux ceux qui meurent, pourvu qu'ils meurent au Seigneur ! » Lorsqu'il me voyait dans de continuelles afflictions pour cette perte que je ressentais si fort, il se fâchait et me disait que cela n'était pas bien, qu'il ne fallait pas avoir ces sentiments pour la mort des justes, et qu'il fallait au contraire louer Dieu de ce qu'il l'avait si fort récompensée des petits services qu'elle lui avait rendus-. »
Cette rigueur, dira-t-on, n'est-elle pas insupportable ? Avant de crier au jansénisme et pour en finir avec cette question des mortifications et du détachement des créatures, choisissons deux des vies de saints les plus en honneur parmi les catholiques, celles de saint Louis de Gonzague et de saint Thomas d'Aquin, . u Sauf dans la prière, saint Louis de