‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 32 sur 118 · Bru.nschyicg, p · texte numérisé non relu

Bru.nschyicg, p

Gonzague ne pensait pas plus aux siens que s'ils n'avaient pas été sur la terre. Quand on lui demandait le nombre de ses frères et sœurs, il était toujours obligé de réfléchir et de les compter à nouveau dans son esprit. Un Père lui demanda un jour s'il était quelquefois importuné par la pensée de sa famille : « Je n'y pense jamais répondit-il, sinon quand je veux prier pour elle : Dieu m'a fait la grâce de ne penser qu'à ce que je veux. * » Par- dessus tout, il évitait tout rapport avec les femmes. Si par hasard, sa mère envoyait une de ses demoiselles d'honneur lui porter quelque message, il ne la faisait point entrer : il entendait la messagère parla porte entr'ouverteet la congédiait immédiatement. Iln'aimait même pas se trouver seul avec sa mère, soit à table, soit en conversation ; et quand le reste de la compagnie s'éloignait, il cherchait lui aussi quelque motif de se retirer. Un seigneur qui l'avait remarqué lui en ayant demandé la raison, il répondit que c'était là une aversion naturelle, innée. 11 ne connaissait même pas de vue plusieurs grandes dames ses parentes*. «A la mort de son père il fut d'une résignation telle que quelquesuns de ses confrères s'en scandalisaient*. » Peut-être dira-t-on que ce sont là les exagérations d'un jeune homme dans la ferveur de ses premières années de vie religieuse. Ouvrons donc la vie de saint Thomas d'Aquin : u Le calme, observent les plus anciens biographes, l'accompagnait sans cesse, même quand lui parvenait la nouvelle dun deuil de famille. » Alors, selon la déposition de Barthélémy deCapoue, « il ne changeait ni de visage, ni de regard, ne donnait aucun signe de douleur en parole ou en acte, mais, conservant la sérénité et la quiétude de ses traits, se contentait de demander des messes et des prières pour ses neveux ou autres défunts, et lui-même priait pour eux.^ » D'ailleurs tout comme saint Louis de Gonzague, saint Thomas ne levait pas fréquemment les yeux sur le visage de sa mère. La vie des saints est remplie de faits de ce genre, et les prétendus excès de Pascal quand

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