‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 50 sur 118 · Brunetière, que nous citons presque textuellement · texte numérisé non relu

Brunetière, que nous citons presque textuellement

iCa l'apologie du CHaiSTIA!^ISME DE PASCAL

comme sans la connaissance de soi même, l'apologiste ne pouvait pas convaincre.

« .... Quoi que ce soit qu'on veuille persuader, il faut avoir égard à la personne à qui on en veut, dont il faut connaître l'esprit et le cœur, quels principes il accorde, quelles choses il aime ; et ensuite remarquer, dans la chose dont il s'agit, quels rapports elle a avec les principes avoués, ou avec les objets délicieux parles charmes qu'on lui donne. De sorte que l'art de persuader consiste autant en celui d'agréer qu'en celui de convaincre, tant les hommes se gouvernent plus par caprice que par raison * ! »

Fondée sur l'expérience du cœur humain, la méthode apologétique de Pascal est expérimentale ; mais elle l'est encore pour une seconde raison, parce qu'elle est en grande partie historique.

/^Tout d'abord la corruption de la nature, dans le sens universel que Pascal lui donne : l'impuissance de l'humanité à trouver le bonheur et le vrai, est un fait positif, historique ; c'est une vérité qui est au moins aussi objective et extérieure que subjective et immanente. En n'étudiant que soi-même, intérieurement, l'on n'arriverait pas à une conclusion universelle : si je m'ennuie, si je doute, si je suis malheureux et inquiet, si la science, le plaisir, la philosophie ou ma religion ne peuvent me satisfaire et me pacifier, ce n'est peut-être qu'à moi qu'il faut que je m'en prenne. Si les autres étaient satisfaits de leur sort, je pourrais me demander si ce n'est pas ma nature seulement qui est corrompue, si ce n'est pas ma complexion qui est défectueuse. Mais il n'est pas question de ma personne : il est question de l'humanité, etalors il faut donc que je cesse de m'examiner, que je cesse de fixer mes regards sur moi-même , pour les porter sur le monde extérieur, sur mes semblables, sur l'homme de tous les lieux et de tous les temps; ainsi seulement je pourrai constater, d'une façon expérimentale, l'universelle infortune et l'universelle incapacité de l'homme devant les grands problèmes, y

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