‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 67 sur 118 · Cf. E'J. I5r., page 41'2 en note · texte numérisé non relu

Cf. E'J. I5r., page 41'2 en note

aussi douloureuses que longues; en s'appuyant sur le seul sentiment intime, n'auraient-ils pas pu délaisser le christianisme? Sainte Thérèse qui avait, autant que personne, le sentiment des choses divines, avoue que dans l'état de sécheresse elle ne conserve la foi que parce qu'elle a confiance en Tautorité de l'Église : u dans cette état la foi est amortie et comme plongée dans le sommeil, aussi bien que toutes les autres vertus. Cependant elle n'est pas morte, car on continue à croire ce qu'enseigne l'Église. Mais on dirait que la bouche seule en prononce la formule, et d'autre part on est en proie à un serrement de cœur, à un engourdissement étranges. En cet état, ce que l'âme garde de connaissance de Dieu ressemble à un son vague, perçu de loin. Son amour est si tiède, que lorsqu'elle entend parler de lui, elle admet ce qui en est dit comme une chose qu'elle reçoit parce queV Église l'enseigne, mais elle n'a plus aucun souvenir de ce qu'elle a éprouvé en elle-même 2... » Le souvenir des sentiments religieux les pluspurs, les plus paisibles ou les plus véhéments que j'aurai pu éprouver dans la religion, ne me garantiront pas du doute aux jours de sécheresse et d'épreuves, je me persuaderai que je m'étais trompé, que je m'étais illusionné, suggestionné, que je m'étais épris pour des créations imaginaires, et si je n'ai point de preuves objectives, si je ne puis trouver de secours dans une autorité extérieure,je cours de grands risques de voir sombrer ma foi. Et qu'on ne dise point que Dieu me donnera son inspiration, que dans l'orage et les ténèbres où je me trouve, il illuminera mon âme par un éclair de sa vérité. Il plaît à Dieu alors de conserver ma foi non par un sentiment explicite de sa présence en moi, mais en soumettant mon âme à l'autorité infaillible. Dans les heures de doute intérieur, il est bon de se souvenir, comme le disait si bien Pascal, que « nous avons des preuves que Dieu incline véritablement le cœur de ceux qu'il aime à croire la religion chrétienne, et les infidèles n'en ont aucune de ce qu'ils disent. »

Pascal n'est point immanentiste absolument, il attache trop d'importance aux preuves extérieures et à l'autorité de l'Eglise.

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