‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 73 sur 118 · O L APOLOGIE DU CHRISTIANISME DE PASCAL · texte numérisé non relu

O L APOLOGIE DU CHRISTIANISME DE PASCAL

losophiquement ^ Mais ce refus même de jamais se placer sur le terrain purement philosophique, n'indique-t-il pas une défiance insurmontable de la raison raisonnante ? Et d'ailleurs, est-il bien certain que Pascal ne nous ait pas dit ce qu'il en pensait en se plaçant au point de vue théorique ? L'auteur des Pensées ne croit pas à la certitude métaphysique. Après avoir examiné soigneusement la question, M. Janssens conclut :

« Ainsi Pascal fait au doute une part bien large. Si nous ne nous trompons, il incline plutôt vers les pyrrhoniens, encore qu'il se refuse à entrer dans leur cabale. Il affirme sans doute, avec les dogmatistes, notre capacité de connaître le vrai. Mais il est loin de professer leur assurance et se garde de proclamer l'entière certitude du raisonnement et la possibilité d'un critère rationnel du vrai. Le cœur même, auquel il accorde la primauté, ne le satisfait pas pleinement ^. »

Une conclusion analogue s'imposera peut-être à beaucoup de ceux qui étudieront impartialement et sans prévention la question. Pascal, en combattant à la fois le scepticisme et le dogmatisme, a pris une position intermédiaire entre ces deux philosophies. Nous croyons cependant, contrairement à ce que dit M. Janssens, qu'il s'est plutôt rapproché du dogmatisme que du scepticisme 3.

11 faut noter aussi, qu'au point de vue apologétique, il importe non seulement d'examiner si l'apologiste croit à la certitude des premiers principes, mais encore s'il admet les données de la philosophie et de la théodicée, et s'il estime que la raison laissée à elle-même est capable de prouver l'existence de Dieu, la spiritualité de l'àme, etc.. Lorsqu'un auteur n'admet pas les données de la théologie naturelle, par

1. Droz, Elude sur le scepticisme de Pascal, a Nulle part il n'a eu à se demander si les preuves philosophiques de Dieu étaient, philosophiquement, justes...» p. 227.

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