Joël u, 28. — (Traduction Second
CRITIQUE DES PREUVES EXTRIT^SÈQUES 335
drai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles prophétiseront, etc*... » Cette prophétie et son accomplissement surnaturel, Pascal aurait dit tout cela dans sa langue incisive et évocatrice.
« — Effandam spirilum meam... Tous les peuples étaient dans l'infidélité et dans la concupiscence, toute la terre fut ardente de charité, les princes quittent leurs grandeurs, les filles souffrent le martyre. D'où vient cette force? C'est que le Messie est arrivé : voilà donc l'effet et les marques de sa venue. » (772).
Immédiaiement après la Pentecôte, peu après la mort de Jésus, les apôtres, autrefois si faibles, se mettent à prêcher; ils déploient une activité et une audace que ni les prières, ni les conseils, ni les menaces, ni les tourments, ne peuvent intimider. Ils proclament bien haut la divinité de Jésus, et à ceux qui veulent leur imposer silence, leur sceller la bouche, ils répondent par l'immortel : « Aon possumus non loqui. » Qui donc les fait ainsi parler? Qui leur inspire, devant le sanhédrin formidable, cette facilité et cette opportunité de parole, cette force et cette simplicité du discours? C'est l'esprit mèsne de Jésus. Or ces apôtres qui prêchent Jésus crucifié et Jésus ressuscité, s'abusent-ils? sont-ils des menteurs impudents, des imposteurs? Car il faut que ce soit l'un ou l'autre. Ou bien Jésus est vraiment ressuscité, ou bien les apôtres sout trompés ou trompeurs. Pascal examine les deux hypothèses.
« Les apôtres ont été trompés ou trompeurs ; l'un ou l'autre est diflBcile, car il n'est pas possible de prendre un homme pour êtreressuscité....
» Tandis que Jésus-Christ était avec eux, il les pouvait soutenir ; mais après cela, s'il ne leur est apparu, qui les a fait agir? » (802).
« Preuve de Jésus-Christ. — L'hypothèse des apôtres fourbes est bien absurde. Qu'on la suive tout au long; qu'on s'imagine ces douze hommes assemblés après la mort de Jésus-Christ, faisant le complot de dire qu'il est ressuscité. Ils attaquent par là toutes les puissances. Le cœur des hommes est étrangement penchant à la légèreté, au changement, aux promesses, aux biens. Si peu qu'un de ceux-là se fût