‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 9 sur 118 · Fie par Mme Périer · texte numérisé non relu

Fie par Mme Périer

publiquement la résolution qu'elle avait prise d'être religieuse, et qu'il n'y avait que la considération de mon père qui la retenait ^... »

Jacqueline considérait donc le séjour de Glermont-Ferrand comme très dangereux pour sa dévotion et son recueillement. Elle avait raison. Ceux qui se sont destinés à la perfection religieuse savent combien est pernicieux, pour la vie intérieure, le séjour après une longue absence dans la ville natale. Mais Jacqueline, que sa ferveur rendait clairvoyante, se préparait à lutter contre les divertissements occasionnés, par « la multitude des parents et des compagnies ». Elle sut s'en défendre et garder sa piété intacte. 11 n'en fut pas de même de Biaise.

En effet, ce séjour en Auvergne marque le début d'une profonde modification dans son état d'âme. Un fait le prouve. Avant son départ, il éloigne Jacqueline du mariage, il la pousse à embrasser la vie religieuse ; deux ans plus tard, il s'opposera à l'entrée de Jacqueline dans le cloître. Sans doute l'amour fraternel et l'isolement seront pour quelque chose dans cette opposition, mais à l'époque de sa première ferveur, ces sentim.enls humains n'auraient pas balancé sa résignation à la volonté divine. Si nous insistons beaucoup, et peut-être trop, sur la date à laquelle commença la vie mondaine de Pascal, c'est que cette question de chronologie est très considérable. Selon que nous ferons durer cette période un an et demi ou quatre ans, nous devrons évidemment lui attribuer une plus ou moins grande importance. Or il ne nous semble guère douteux que le relâchement de Biaise a commencé non en i652, mais en 1G49 ^.

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