‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 90 sur 118 · Revue pratique d' Apologétique j 15 septembre · texte numérisé non relu

Revue pratique d' Apologétique j 15 septembre

au temps même où il prononçait cette « espèce de profession de foi », écrivait:

« Je mande le détail de cette condamnation qui vous avait effrayée; cela n'est rien du tout, Dieu merci, et c'est un miracle de ce qu'on n'y (à Rome) fait pas pis, puisque les ennemis de la vérité ont le pouvoir et la volonté de l'opprimer. »

« L'affaire (du formulaire) ne va guère bien ; c'est une chose qui fait trembler ceux qui ont de vrais mouvements de Dieu, de voir la persécution qui se prépare non seulement contre les personnes (ce serait peu) mais contre la vérité. Sans mentir, Dieu est bien abandonné ^. »

A propos du même passage, M. Michaut écrivait'^ : « Le dogme de l'infaillibité pontificale n'avait point encore été défini, il est vrai; mais comment cette obstination s'accordailelle avec les déclarations répétées de Pascal, que « le corps n'est pas plus vivant sans le chef, que le chef sans le corps «."^ C'est toujours la même difficulté qui se présente, et que Pascal résolvait par la considération des deux sens dont il parlait dans le fragment que nous avons textuellement cité. Il croyait suivre lexemple des saints : « Les Pères l'ont considérée tantôt en une manière, tantôt en l'autre. Et ainsi ont parlé diversement du Pape. Mais en établissant une de ces deux vérités, ils n'ont pas exclu l'autre 3. » De même Pascal ; il a diversement parlé du Pape, mais il ne faut pas s'y tromper et exclure un des deux sens dans lequel il en parle. Ainsi, en regard de la profession de foi contenue dans la lettre à M^'^*^ de Roannez, il faut placer les passages qui contiennent des paroles de désobéissance à l'autorité pontificale personnelle ; sinon, on se laissera tromper, l'on attribuera à Pascal des sentiments d'orthodoxie qu'il n'avait pas,

Page 1