Ed. Br., p
lieu en i658 ou 1659. A cette époque Pascal avait donc déjà recueilli beaucoup de notes et de Pensées.
M. Brunschvicg estime que « C'est au miracle de la Sainte- Epine qu'il convient de rapporter l'origine de l'Apologie * ». M. Michaut cite à l'appui de cette opinion le témoignage de ^me périer'2 : « Ce fut cette occasion (du miracle de la Sainte-Epine) qui fit paraître cet extrême désir qu'il avait de travailler à réfuter les principaux et les plus faux raisonnements des athées. » (Br. p. 18), celui d'Etienne Périer (( Pascal conçut le dessein de cet ouvrage plusieurs années avant sa mort, » et celui de Marguerite Périer : (( Il s'engagea durant sa retraite à travailler contre les athées. » Une première conséquence certaine de ce miracle de la Sainte- Epine, c'est que cet événement contribua plus que quoi que ce soit à confirmer Pascal dans le jansénisme. Ce fait est au-dessus de-toute discussion.
Mais une seconde conséquence non moins certaine que la première, c'est que l'Apologie est la suite naturelle des Provinciales, et a été conçue dans un esprit très janséniste ; si du moins la résolution de la composer a été prise à la suite du miracle, au moment ou Pascal en soutenait l'authenticité contre les ennemis de Port-Royal.
Or, c'est ce que démontrent l'étude de l'œuvre, certains passages des Lettres à M"® de Roannez, et la vie par ^me Périer. On peut suivre pas à pas l'évolution des Pensées de Pascal, la genèse de son Apologie ; il est possible de saisir très clairement, et sans qu'il soit possible de distinguer une .solution de continuité, comment Pascal est passé du miracle de la Sainte-Epine, qui discerne entre le jansénisme et le molinisme, à la théorie du miracle appliqué en général au discernement de toute vraie doctrine. De la théorie du miracle, on en arrive ensuite insensiblement à l'étude de l'Ancien Testament et dés Prophéties.
jYIme Périer nous a dit comment le miracle de la Sainte- Epine avait porté Pascal à écrire contre les athées; elle nous