LA FRANGE ET LA PROVENCE AVANT
SOMMAIRE. Les pays d'États et les pays d'Électîons.-^Politique de Richelieu. — La Provence. — Sa position et ses besoins. — Testament de soir dernier Comte, Charles IIL — Délibération des États du mois d'août 4486. —Lettres patentes de Charles VIIL— Les États de Provence suspendus en 4.639.— Les Assemblées des communautés. — Mouvements. daDS> le» provinces aux approches de 4789. — Pascalis élu assesseur.
Lorsque, cherchant à démêler les causes qui préparèrent rétonnante révolution du dernier siècle, nous jetons les yeux sur Tancienne France , telle qu'elle existait avant A 789 , nous sommes frappés par un fait qui mérite d'autant mieux notre attention , qu'il a été moins remarqué et moin^ étudié. Ce serait peu d'indiquer cette variété de traditions , d'usages , de langues , qui caractérisait
alors la physionomie territoriale du royaume. Il faut pénétrer plus profondément : les institutions naissent des mœurs , et par une réciprocité d'influence , les mœurs^ doivent aux institutions leur force et leur appui. Or^ quelles étaient à un point de vue général, les institutions des diverses provinces , lorsque survint la crise oh elles allaient soudainement sombrer?
Un grand contraste se découvre , et peut-être nous, fournira-t-il le secret du mouvement politique auquel nous assisterons bientôt et qu'il importe de ne pas confondre avec l'explosion des idées et des passions révolutionnaires. Dans l'histoire, comme dans les. sciences , le plus mortel ennemi du vrai est le dédain de l'observation et de l'analyse. On s'expose à mal juger, quand on veut tout généraliser.
Avant 1 789 y la France se divisait en deux classes de provinces qui jouissaient de régimes très opposés. Les premières, sous le nom de Pays d' Était, s'administraient elles-mêmes , tenaient des assemblées représentatives , votaient l'impôt, le répartissaient et le recouvraieiU. Les secondes, sous le nom de Pays d'Élections, étaient déshéritées de ces droits précieux. Chez elles, point d'assemblées , point d'impôt librement consenti ,* -point de vie indépendante. La taille y avait été rendue perpétuelle ; la répartition était déterminée par des arrêts du conseil ; les fonds étaient perçus de plein droit sous la surveillance d'officiers royaux nommés Élus ^ , qui jugeaient les
* Les élus avaient d'abord été choisis par le peuple ou par les États-Généraux. Leurs commissions furent érigées en titre d'office sous Charles VU (juin U45). Les appels de leurs décisions étaient portés devant la Cour des Aides dans le ressort de laquelle ils se trouvaient.