LA FRANGE ET LA PROVENCE
peeteraient bos lois, nos statuts, nos usages, notre manière de nous administrer et de vivre. Âceeplées par Palamëde de Forbin au nom de Louis XI , ces elauses furent encore ratifiées par les lettres patentes de 1 482. Néanmoins , des dangers ne tardèrent pas à surgir et à remettre tout en question. Le petit-fils du Roi René , le duc de Lorraine , ne cachait pas ses vues sur le Comté ^ . Il le demanda aux États-Généraux de France assemblée à Tours, et même, il réussit à se gagner un grand nombre de partisans. C'est alors que les États du Pays , tenus à Âix dans le mois d'août 1 486, délibérèrent : ^dese donner d'un cosur franc au roi de France , et de le supplier de les recevoir en bons et fidèles sujets, les laissant vivre dans leurs statuts, coutumes, libertés et privilèges, avec assurance de n'être jamais désunis et séparés de la royale Couronne, à laquelle ils prétendaient être inséparablement attachés et unis, non comme un accessoire à son principal, mais prineipalement et séparément du reste du Royaume^ et ce, en vertu et conformément à la dernière disposition de leur dernier Comte , Charles d*Ânjou et du Maine. »De ce jour, la cause du parti français fut gagnée. Charles VIII s'empressa de répondre favorablement à cette manifestation de la volonté nationale ; la Provence, joyeuse de voir ses chères libertés jurées en bonne foi et parole de roi^, accueillit par des transports de reconnais-
* Ce prinee soutenait que sa mère Yolande d'Anjou , fille du Roi René, devait hériter de la Provence, et non pas Charles III , qui n'était qu'un parent collatéral.
• « Promettons en bonne foi et parole de roi, et jurons de les leur garder\ observer et entretenir , ensemble ladite union et adjonction , inséparablement , perpétuellement et à toujours, » Lettres patentes de
sance les lettres confirmatives du 24 octobre 4 486 ; elles furent désormais avec le testament de Charles III , la loi fondamentale de sa Constitution.
a S'il est vrai que la dernière volonté de l'homme est une loi suprême qu'il ne peut jamais être permis d'enfreindre, s'écriait Coriolis, quel plus ferme rempart pouvons-nous opposer à tous les assauts qu on ne cesse de donner à notre droit constitutionnel ^ ! »
Il faut lire dans les annales de nos historiens, le récit émouvant des luttes soutenues plus tard par la Provence contre les édits, qui tendaient à lui enlever sa liberté publique et à mettre le Pays aux fers^. L'insurrection des élus , celle du semestre y apprirent à la Cour quelle serait impuissante à briser la résistance d'un peuple aussi fidèle à la voix du patriotisme et de 1 honneur. En vain , les États avaient-ils été suspendus en 1639. L'administration ne tomba pas entre des mains étrangères ; mais elle se perpétua dans les Assemblées des communautés.Yoilà par quel événement , les classes moyennes obtinrent chez nous les droits qu'elles ambitionnaient encore dans les autres parties du royaume. Excellente et pacifique révo* lution ! N*ayant pas son origine dans l'esprit de désordre et de bouleversement , elle ne fut signalée que par des bienfaits. Grâces à elle , nous n^eùmes pas à subir les hontes du servilisme , les violences des partis anar-
Charles VIII, confirmatÎTes de Tanion et des privilèges du pays de Provence, du mois d'octobre 4486.
* Traité sur l'administration du Comté de Provence , par l'abbé de Goriolis. Aix^ Augustin Âdibert, 4 786, tome 4 , page 2.
* Voyez le Résumé de Vhistoire de VEtat et Comté souverain de Pra^ vence, par E. C. Ronchon, pages 444-488.