C) XXI
(*) Interior homo noster Christo non modo moriljus et vita, verum eliam in unitate natane per corjjiis hinc indc ut in illius forma invenianmr. XXI. :].
comme la tête, nous sommes appelés à bon droit le royaume du Père, dans lequel Christ boit ce nouveau vin toutes les fois que les fidèles reçoivent dignement le sacrement dans l'Eglise.
B.— Bénédictions apportées par ce sacrement dans V Eglise.
Les bénédictions se répandirent déjà sur les patriarches: sur Abraham, sur Jacob, quand il fut béni par Isaac (^). En dehors de ce sacrement, il n'y a aucune bénédiction, Esaii en est un exemple.
Ce mystère conserve l'Eglise, l'épouse du Christ, pure et sans tache, malgré nos péchés quotidiens ; il l'orne de nouveaux charmes. De ce vin (du sacrement) naissent les vierges, en particulier l'Eglise du Christ, qui est avec raison appelée vierge (-), parce qu'elle a appris à n'aimer que lui, à n'avoir faim et soif que de lui.
Pour participer à cette bénédiction, il faut avoir une vie chaste et pure, être le temple du Saint-Esprit. Sans le Saint-Esprit on n'a aucune grâce du Christ; et la chair et le sang étant consacrés par lui, celui qui communie mal ne reçoit aucun don de Dieu. Si nous voulons recevoir les dons célestes, nous devons implorer le don du Père et du Fils. Tous les croyants doivent ainsi s'appliquer à mener une vie sans tache, car une des punitions les plus terribles des impurs et des méchants est l'endurcissement, et si le Seigneur ne punit pas de suite, il n'oublie pas les injures. (Chap. XXI.)
(') Genèse XXVll, v. :{7: - J;ii allVMiiii Jacol» avor le pain et le vin • (c'est-à-dire avec le corps de Christ et avec le vin de son sang). (•) XXI, .'). Zacliarie IX, 17. « Vinuin germinans virgines. •
C. — Raiiports spéciaux de ce mysth'e avec les justes et avec les repentants.
L'action différente qu'il exerce cliez les repentants et chez les justes, ressort de la fête de l'ag-neau pascal (^). Celui qui par pauvreté ne pouvait donner un agneau (offrir une vie sans tache), devait offrir le chevreau qui, dans les sacrifices, est immolé par les repentants. Celui qui n'avait pu célébrer la Pâque au premier mois et manger l'agneau avec les parfaits, devait la célébrer au second mois, et dans la repentance de ses péchés recevoir le chevreau des indulgences.
Quant à celui qui n'aura pas célébré la Pâque, il sera retranché de son peuple; parce qu'il n'a pas mangé la chair du Fils de l'homme, il ne peut avoir la vie éternelle.
C'est une plus grande humilité de manger un chevreau avec les repentants, que de manger l'agneau Christ avec ceux qui sont plus parfaits et plus saints, car Christ est sacrifié surtout pour les pécheurs, ce qui ressort d'une manière frappante de la figure du bouc émissaire qu'on envoyait dans le désert chargé des péchés des enfants d'Israël. Jésus a de même pris sur lui nos péchés, non qu'il soit chevreau ou bouc, mais parce que pour nous il a pris la chair de péché.
Ce sacrement est nécessaire pour tous; celui qui ne le prend pas n'a pas la vie en lui-même, mais le sacrement ast agneau pour les justes, et chevreau pour les repentants. En tous cas, il est le corps et le sang du Christ, la vraie chair immolée pour nous, pour enlever les péchés du monde.
(') Exode XII, .3. Nombres IX.
Ce sacrement doit être pris dans nne demeure, c'est-àdire dans l'Eglise du Dieu vivant. Chacun doit avoir les reins ceints de chasteté, être prêt pour le voyage, prendre le sacrement en hâte, c'est-à-dire avec un saint zèle, car la paresse et l'indifférence ne mangent pas dignement la chair de l'agneau.
Toutes les fois que nous recevons cette chair, ayons un vif désir d'être unis au Christ, d'être un corps et une personne avec lui, et de passer avec le Fils de ce siècle au Père. Il n'y a rien de plus digne d'affectiou, de plus beau, de plus agréable, que ce mystère du corps et du sang du Seigneur.
(( Que le peu que j'ai dit dans cet opuscule suffise, mon très cher fils, à te montrer la dignité d'un si grand mystère. Considère ceci seulement comme certain, car je n'ai pu expliquer dignement combien ce mystère est grand. Cela n'est pas étonnant du reste, quand les anges l'admirent,, tremblent devant lui et peuvent à peine le pénétrer. » (Chap. XXII.)