CHAPITRE II
Exposé critique de la théorie de Paschase sur la Cène.
Après avoir analysé aussi fidèlement que possible le livre De corpore et sanguine Domini, eherchons maintenant à formuler la théorie de notre auteur, en signalant ses lacunes et ses erreurs (^).
Paschase donne à la Cène et à ses éléments les noms de : eucharisiia (-), en Tattribuant aux espèces reçues, mystica, dans le même sens, sacramenta altaris d'après Ambroise, sacramentum coninrnnionis d'après Léon le Grand, et enfin de mysterium. L'acte lui-même, il l'appelle roena dans son commentaire sur Matthieu.
L'institution de la Cène eut lieu avant la passion, pour les raisons particulières énumérées au chapitre XVIIL
(') Le plan de ce chai'itre a été emprunté à Rilckert dans Touvrage cité. — Nos conclusions diffèrent passablement de celles auxquelles il est arrivé.
(2) Ce terme ne se trouve pas très fréquemment chez Radbert : VI, 3: Y, 1: XII, 3.
Chaque croyant doit avoir une connaissance exacte de ce sacrement du corps et du sang du Christ : aussi bien de ce qui appartient à la foi, que de ce qui appartient au savoir. (Chap. II.)
Jî 1. — Ce qui est reçu dans la Cène.
Qu'y a-t-il dans la Cène? — C'est la question capitale. — Avant la consécration il y a l'offrande, et dans la coupe du vin mêlé d'eau. Après, il n'y a plus que le sang- du Seigneur; d'une façon générale il n'y a plus rien d'autre que la chair et le sang du Christ (I, 2; XI, 2). Cette chair du Christ et son sang, sont caro et sauguis Christi secundum veritatem (II, 2). Ce n'est pas une vertu du corps de Christ, ni un symbole, mais la chair qui est née de la vierge Marie, a souffert sur la croix, est sorti du tombeau (I, 2). Mais quoique le corps du ('lirist soit mangé chaque jour, il demeure intact.
Paschase fait bien la distinction entre Christ et sa chair, mais il n'en pense pas moins que ce qui est mangé, c'est Christ lui-même. En vertu de la loi de concomittance, il croit qu'avec le corps on mange l'esprit, avec l'humanité la divinité. (Ch. XVII.)
L'affaire importante, principale, le but de la Cène, c'est de manger Christ pour nous unir à lui et avoir la vie éternelle ; manger sa chair, ce n'est que le moyen.
L'idée que le corps et le sang sont reçus en entier dans chaque parcelle de la matière du sacrement, n'est pas exprimée ouvertement par Paschase, elle paraît sousentendue au chapitre XVII.
Nous mangeons donc la chair du Christ, son corps
historique, mais qu^ est-ce qui nous prouve la présence réelle de ce corps ?
1° D'abord Christ l'a affirmée, et il est la Vérité. Tous les miracles depuis le commencement du monde, ont eu pour but que l'on croie que Christ est la Vérité. Le chrétien doit donc le croire, quoique la vérité du fait demeure en dehors de la raison (ch. I). Cette présence aflirmée dans l'institution de la Cène, l'est aussi dans Jean VI.
On pourrait objecter qu'au moment de l'institution Christ était vivant, et que son sang n'était pas encore versé.
Paschase répond (}) : Quoique Christ et son corps fussent présents devant tous les yeux, et que son sangfût dans son corps, cependant son sang était aussi bien dans la coupe qu'en lui-même, et son corps était égale ment dans le pain. C'est de cette façon qu'aujourd'hui encore il demeure complètement intact.
Si les disciples n'avaient pas compris les paroles du Christ comme des paroles de vie et de vérité, ils auraient certainement demandé comment ce pain et cette coupe de vin pouvaient être son corps et ,>on sang. Or ils se sont tus, — ils ont donc reç-u ce qu'ils nous ont ensuite transmis.
2" Le second argument pour la présence corporelle du Christ, c'est que le pardon des péchés n'a lieu qu'en Jésus : ce pardon est acquis par le corps et le sang de la Cène, donc ce corps et ce sang sont ceux du Christ (-).
Paschase oublie que le pardon des péchés n'a lieu
C) Exjios. in Maith., p. 1093.
0) In Mattk, p. 1091. Ad. Frudegard, p. 1620.
qu'en la foi à la mort rédemptrice du Christ, laquelle a eu lieu une fois pour toutes.
8" Il y a des miracles qui montrent qu'il n'y a pas du pain dans la Cène. Les miracles de colère prouvent qu'on ne profane pas la Cène impunément (ch. VI), témoin ce juif qui endura d'atroces douleurs pour avoir pris dans sa bouche le corps du Seigneur. Dans les miracles de grâce, l'hostie est apparue sous la forme d'un agneau ou même d'un enfant (ch. XIV).
4° Les témoignages des docteurs Cyprien, Ambroise, Hilaire, Augustin, Jean (Damascène), Jérôme, Grégoire le Grand, Isicius et Bède. (Prol. ad. Placidiim.)
Il n'y a donc aucun doute que le corps du Christ, né de Marie, soit dans la Cène, puisque Jésus lui-même le dit, puisque la Cène procure le pardon des péchés et que des miracles frappants et les témoignages des docteurs montrent qu'il en est ainsi. — De tous ces arguments, le seul qui ait de la valeur c'est celui qui veut que la présence corporelle ait été enseignée par le Maître, quand il a dit: « Ceci est mon corps. » Mais nous croyons qu'il n'est pas possible de prendre ces paroles à la lettre ; à moins de croire que Jésus est aussi réellement une porte, un cep.
Si le corps du Christ est dans la Cène, qiieïle est la nature de cette présence, quelle idée Paschase s'en fait-il?
Les expressions, niJiil aliud, noimisi, nihil j^rœter, semblent exclure les substances primitives, et d'après le ch. XI, l'eau disparaît entièrement. Mais d'après la signification des termes: fi ffîi7-a, species, sacramentum, mysterium, Paschase pense que dans la Cène, le véritable corps du ('hrist, né de la Vierge, est présent, est immolé et mangé sous le voile du pain, eu sorte (lue ce qui est reçju dans la
Cène est en même temps symbole, et chose, réalité correspondante au sj'mbole.
En effet : 1" Figura signifie s\^mbole, tj'pe (^). Le sacrifice de l'agneau pascal était figura passionis CItristi (V; 1. X). Le corps du Christ est présent in figura, dans, ou sous le symbole du pain. Le chapitre IV montre qu"il est présent à la fois in figura et in veritate. La figure c'est ce qui est reçu extérieurement, la vérité, ce qui est reçu intérieurement, ce qui est caché sous le visible. D'après l'exemple du Christ à la fois humain et divin, et des signes des lettres, il y a dans la Cène quelque chose qui en même temps est extérieurement figure, symbole, et intérieurement la vérité du symbole, la chose elle-même.
2" Species signifie également type, symbole, Paschase l'emploie dans le même sens que figura (V, 3) : Suh specie panis visihili^ tnliil aliud qiiam caro porrigitur (X, 1).
3"^ SacramenUim. Il en donne lui-même le sens au ch. III.
C'est d'une façon générale, toute manifestation sensible sous le voile de laquelle est caché et présenté quelque chose de suprasensible. Paschase distingue ainsi des sacranienta verhi, adionis, condiiionis, rerum.
On ne peut appeler quelque chose sacramentum s'il n'y il rien de caché, si tout est découvert (VIII, 2), et le sacrement n'est pas opposé à veritas, mais la figura et la Veritas y sont ensemble. Tandis que dans la figura la res est habituellement absente, elle ne peut pas l'être dans le sacramentitm.
(') Une seule fois (XIV, 5)/(Y/»m=/'ormrt, alors le passage : Corpus €t sanguis Christi in figura panis et vini manet (I, 2) signifierait que le corps seul est présent, mais a la forme du pain.
Le pain est là comme figura corporis, mais sous cette fif/nra^ le vrai corps est caché. Le corps est là, il est immolé et donné, non pas muîe et visihiîifer, mais in ou sîih sacramenfo (II, 2).
Enfin 4'^ Mysterium, qui est le terme grec pour sacramentum, a le même sens. Mystke a le sens' de in mijsterio.
Il n'y a d'abord que du pain, mais ensuite le pain n'est plus qu'une figura, et sous le voile de ce pain, le corps de Christ, né de la Vierge, est immolé et mangé. Il y a donc un changement. Comment peut-il se produire ?
Les termes effici et confia supposent une transformation; ceux de transferri, transfundere et surtout de commutari, désignent clairement la commutation de la substance du pain.
Paschase enseigne la transformation par un acte divin de création, et emploie souvent le terme creari. Pour lui, la raison est incapable de saisir ce mystère, la foi seule le peut.
Cela ne l'empêche pas de vouloir donner des preuves pour rendre cette transformation compréhensible. Celui qui croit en Dieu, ne peut pas douter que Dieu ne puisse aussitôt qu'il le veut accomplir ce miracle, le plus grand de tous. — Il l'a voulu ainsi, donc cela est. Qu'on ne dise pas que c'est contre l'ordre de la nature, le vrai ordre de la nature c'est d'être conforme à la volonté de Dieu (ch. I ). Les miracles de l'Ancien et du Nouveau Testament nous montrent qu'il en est ainsi.
Ensuite la parole créatrice, c'est la parole du Christ : « Ceci est mon corps », prononcée à l'institution et répétée à chaque célébration de la Cène (XV). Ce n'est donc pas le prêtre qui crée le corps du Christ, c'est Christ luimême qui, par la vertu du Saint-Esprit, produit cette
chair et ce sang. C'est également lui qui donne la Cène. Le sacrement est ainsi complètement indépendant de la l)ersonne du prêtre et de sa conduite morale (XII). C'est aussi de même par la parole de Dieu: « Croissez et multipliez ^ que la chair de Christ est créée. Il en est ainsi parce que Dieu l'a ordonné une fois.
Non seulement la puissance de Dieu et la parole de Christ agissent pour produire le miracle, mais encore le Saint-Esprit fait que dans la célébration du sacrement, le pain devienne le corps de Christ.
De cette façon, c'est à la fois Christ par sa parole, Christ par la vertu du Saint-Esprit, puis Dieu par sa parole créatrice, et enfin le Saint-Esprit lui-même qui sont agissants pour produire la commutation (ch. XIII, III, IV). Celleci est un miracle semblable au miracle de la conception de Christ : Le Saint-Esprit qui a créé l'homme-Christ dans le sein de la Vierge, fait aussi chaque jour de la substance du pain et du vin, la chair et le sang de Christ (III).
C'est donc au moyen d'un miracle de création, plutôt que par un miracle de transformation, que Paschase se représente que ce qui était d'abord pain, devienne la chair même du Christ historique. Le pain est changé quant à sa substance, non quant à sa couleur, son goût ; le corps de Christ également n'est pas changé dans son essence, mais la forme sous laquelle on le voit est celle du pain.
A proprement parler, il n'y a pas transformatio in panem, maiÀB in figuram panis (^). Paschase dit que cela se fait intelligihUiter (11,2) et cite l'exemple de la multiplication de l'huile et des pains (VII). — Seulement ici il n'y
(') Deus transformavit corpus suum in panem et sanguinen suum in vinum. XIV, 4.
a pas multiplicatiou merveilleuse d'une même matière, il y a une multiplication bien différente, celle du corps de Christ qui se fait au sein d'une autre substance, le pain et le vin.
La pensée que c'est un miracle, suffit à Paschase pour expliquer cet inexplicable. Du reste les arguments ou raisonnements qu'il nous présente sont eux-mêmes souvent des miracles : voici comment il prouve la toute-présence de la chair de Christ : Puisque Deus sinritus inlocaUter uhiqiie est (VIII, 2), et que totus Christus Deus, lui aussi est spiritiis et inlocaUter iihiqiie. Or Totus Oiristus comprend sa chair, donc celle-ci est partout présente (^).
Si nous voulons résumer les résultats auxquels nous a conduit cet examen, nous pouvons dire que Paschase affirme : 1° Ce que nous recevons dans la Cène est le corps du Christ, né de Marie;
2° Ce que nous recevons dans la Cène est double: en tant que pain, c'est le symbole du corps du Christ, et en même temps c'est le corps lui-même.
3° Par la puissance créatrice de Dieu, la substance du pain est transformée dans le corps du Seigneur.
La deuxième et la troisième proposition se contredisent, car si le pain est transformé, il n'existe plus réellement, et ne peut plus être un symbole ; il n'est plus là qu'en apparence, c'est le corps du Seigneur qui l'a remplacé.
Paschase explique alors que la chair et le sang de Christ peuvent être désignés figurément comme pain et vin, à cause de leurs propriétés pour nourrir et réjouir. (Ch. XVL)
Ceci nous montre clairement que la notion de la pré-
(') lUickcrt, op. cit., p. 357.
sence corporelle et de la commutation l'emporte chez notre auteur, sur la notiou du sacrement à la fois figura et res figuraia.
Le pain et le vin étant ainsi changés en corps et en sang de Christ, la commutation ne devrait-elle pas se faire de façon que le corps de Christ devienne visible?
S'il s'en tenait à la notion du sacrement, Paschase répondrait que l'essence même du sacrement serait détruite, si ce qui est plus élevé et suprasensible n'était plus caché, mais comme sa vraie pensée est celle de la présence corporelle, il donne les raisons suivantes :
l*' D'abord cela ne serait pas davantage la chair et le sang de Christ (X, 1) ; ensuite
2^ Ce serait trop contraire à la coutume humaine, car Christum vorari fas dentibus non est (IV, 1). Dieu sait que la nature humaine ne peut se nourrir de chair crue (vesci carnihus crudis), c'est pour cela qu'il a transformé son corps en pain et son sang en vin (XIV, 4).
3° Les païens et les incrédules trouveraient cela risible ou scandaleux. (Ch. XIII.)
40 Cette possession cachée doit fortifier notre foi et exciter notre désir de l'éternité, où nous n'aurons plus besoin de victimes et où nous nous rassasierons de la contemplation de Christ,
§ 2. — Célébration de la Cène.
Ce sacrement où sont présentés le corps et le sang de Christ, comment est-il célébré?
Remarquons d'abord que les anges sont présents, et que tout est accompli par leur moj^en (VIII, 3, XII, 3).
— Paschase ne se préoccupe pas de ce qu'il a déjà dit que tout est accompli par le moyen de Christ. Rien ne le gène moins que ces dualités.
Dans la Cène il y a deux choses: le sacrifice et la communion.
D'abord le sacrifice : Christ est immolé chaque jour veraciter, mais in mi/sterio, ou mystice pro mundi vita (I, 2 ; IV, 1). Il est la victime expiatoire qui emporte les péchés du monde. Quoiqu'il ait souffert une fois sur la croix, et qu'il ait sauvé le monde en subissant une fois la mort, le sacrifice est renouvelé chaque jour. Les raisons que donne l'auteur au chapitre IX, sont insuffisantes pour violer si ouvertement les déclarations catégoriques de l'Evangile sur le sacrifice unique et définitif du Sauveur. —
Ensuite on reçoit le corps et le sang de Christ. Non seulement on mange sa chair, mais l'on boit son sang, parce que sa chair nourrit notre chair pour l'immortalité, et que son sang renouvelle notre âme qui est dans un sang pécheur. (L'âme est considérée comme étant dans le sang, d'après le point de vue de l'Ancien Testament.) (Ch. XIX.)
La Cène est célébrée avec le pain et le vin, parce que Christ se représente comme pain, comme cep, comme grain de blé tombant en terre (X).
Ces éléments qui nourrissent pour l'immortalité, il faut les recevoir .s;/9mïahïer. Qu'est-ce que l'auteur entend par là? D'après X, I, p. 4 2 2 C. « Celui-là communie d'une façon charnelle {sapit carnaliter) qui ne croit pas que le sacrement soit la chair et le sang du Christ, parce qu'il n'y a pas extérieurement de changement dans l'apparence et la couleur». Par conséquent, d'après ce texte, celui-là ^isapit spiritaliten», qui
croit que le sacrement est la vraie chair et le vrai sang de Christ, quoiqu'il n'}' ait pas de changement à l'extérieur.
Cette explication peut-elle s'appliquer à tous les passages où l'auteur semble exprimer une opinion spiritualiste, dans le sens que nous donnons à ce terme? C'est ce qu'il faut examiner.
Au ch. XIV, 6 : Il ne faut pas regarder à l'apparence extérieure, parce que Dieu a accordé à ce sacrement d'être la chair et le sang de Christ, mais il faut regarder à la vertu du sacrement et le célébrer spirituellement.
Dans ce passage, celebrare sinritaliier le sacrement, c'est évidemment ne pas s'arrêtei à l'apparence, et y trouver la chair et le sang du Christ.
Au ch. V, Radbert semble être très spiritualiste, il cite le passage de Paul (I Corinthiens X, 3) : « Nos pères ont mangé la même nourriture spirituelle ei bu le même breuvage spirituel » dans la manne et l'eau du rocher. Mais cette apparence est détruite parce qu'il dit ensuite: «Tout cela était la figure de la vérité, maintenant le mystère de vérité est réalisé par la résurrection, l'eucharistie est devenue chair de Christ.
Ainsi, cette nourriture spirituelle de l'Ancien Testament était une figure de la vérité, mais maintenant cette même nourriture est la vérité réalisée, c'est la chair de Christ (^).
Enfin au chapitre VI, 2 : « L'un mange la chair de Christ et boit son sang spirituellement, l'autre pas, parce que ce dernier ne s'est pas éprouvé premièrement et ne discerne pas le corps du Seigneur ; il n'attend rien que ce qu'il voit de ses yeux et sent de sa bouche. »
(') Voyez la fin du ch. XV.
Encore ici, il est possible d'expliquer spiritaliter man- (lucat par « mange la chair et le sang de Christ comme étant sa vraie chair et son vrai sang. '^
D'autres textes laissent plus de place au doute. La manne est représentée d'après le psaume LXXVIII, 25, comme le pain des anges. Israël a mangé le pain des anges et nous mangeons dans la Cène ce qu'Israël a mangé, donc le pain de la Cène est le pain des anges. Les anges mangent donc aussi la chair de Christ, et comme ils ne peuvent manger que spiritaliter, il en est de même pour nous, et ceux d'Israël qui ont réellement mangé la nourriture céleste des anges, l'ont mangée spiritaliter {^).
Christ et sa cliair sont donc la nourriture des anges, comme ils sont la nourriture des hommes dans l'eucharistie, une nourriture spirituelle et divine, car tout est spirituel et divin dans ce que reçoit l'homme.
Quoi de moins réaliste en apparence!
Mais, ce qui est spirituel et divin, c'est le fait de recevoir Christ et sa chair, parce qu'avec le corps on mange l'esprit, avec l'humanité la divinité (XVII).
La chair de Christ que mangent les anges serait ainsi sa vraie chair, car notre auteur dit que le corps que Christ a eu pendant sa vie, qui est né de la Vierge et a été crucifié, est entré dans les cieux, penetravit coelos (VII, 2).
Il y a sans doute des conditions exigées pour communier dignement. Il faut faire partie du corps du Christ. Mais on sait que pour Paschase, cette union n'est pas seulement une union de foi et de volonté, mais une union de substance.
Ensuite : « On ne reçoit dignement la chair de Christ