‹ Paschase RadbertChapitre 15 sur 21 · VU, 2. 400 C · texte numérisé non relu

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nohis ampliahir » ont décidément une signification spiritualiste précise. Mais de telles paroles sont rares, en comparaison des passages nombreux où la pi'ésence corl)orelle, la commutation et l'union substantielle avec Christ sont affirmées et développées.

Il faut donc communier spiritaliier pour communier dignement.

Quant à ceux qui reçoivent la Cène dhme manière indigne, ils la reçoivent certainement pour leur condamnation, parce que c'est Christ lui-même qui la distribue (VIII, 3). Ils commettent un péché d'orgueil et un sacrilège contre Dieu. Dans ce cas reçorvent-ih le corps du Seigneur? C'est là ce qu'il faut élucider, car la réponse à cette question est regardée avec raison comme le critère de la présence corporelle. L'examen du passage le plus important (VI, 2), ne donne pas de résultat bien net : « Omnes indifferenter sacramenta altaris percipiunt ». Si sacramenta altaris signifie comme partout ailleurs, les éléments de la Cène, alors les indignes reçoivent le corps du Seigneur, c'est seulement le spiritaliter manducare et hibere, qui leur est refusé et non le carnem manducare et sanguinem hihere.

La suite semble contredire ce résultat : ( Et s'il n'y a qu'une seule consécration, que reçoit le pécheur, s'il ne reçoit pas le corps et le sang de Christ? » — Mais les trois mots « d'une façon spii'ituelle » sont évidemment sous-entendus ici, puisqu'immédiatement avant il y a: « L'un mange la chair de Christ, et boit son sang d'une façon spirituelle, mais non un autre. « Il semble donc bien que cet autre reçoive le corps et le sang, mais pas d'une façon spirituelle.

Poursuivons notre examen : « Voilà ce que mange et

boit le pécheur; il ne reçoit pas le corps et le sang avec profit, il reçoit la condamnation. «

Il semble ici qu'il soit clairement dit: ((L'infidèle reçoit bien le corps et le sang, mais pour son malheur ». Plus loin: .( L'infidèle pense en effet que quoique indigne, il peut recevoir une chose qui est digne de respect et sainte, parce qu'il n'attend rien que ce qu'il voit et ne discerne que ce qu'il perçoit avec la bouche. » « . ... et parce qu'il voit tous manger visiblement la même chose, il n'est pas suffisamment à même de sentir par la foi s'il s'y trouve quelque vertu supérieure. C'est pourquoi l'efficacité du sacrement est détruite pour lui, et en même temps sa condamnation est doublée à cause de sa présomption. »

Ici encore, le pécheur croit ne recevoir que ce qu'il voit et touche, il « ne discerne pas le corps du Seigneur », c'est pourquoi il est condamné.

L'indigne reçoit le sacrement (ch. VI II) : omnes indifferenter sacramentel aJtaris perciinunt. Comme ce sacrement est vérité, c'est-à-dire vrai corps et vrai sang, il reçoit bien le vrai corps et le vrai sang de Christ.

VII, 1. Il est dit : qu'il n'est pas permis à celui qui ne fait pas partie du corps dîi Christ de le manger ; — mais il n'est pas dit que lorsque, malgré cette défense, il prend le sacrement, il ne mange pas ce corps. II, 2, p. 387 : celui ([ui ne sait pas que le sacrement est le corps et le sang du Seigneur secundim veritatem acciint vero mysterium sed nescit mysterii virtutem.

En outre, les conditions de pureté et de moralité ne sont pas les conditions qui font qu'on reçoive le corps et le sang du Seigneur, mais elles nous font participer aux bénédictions du sacrement.

Nous croyons donc, sans pouvoir l'affirmer avec une certitude complète, que la pensée de Pascliaseest celle-ci:

Le pécheur reçoit le sacrement à l'autel, mais au lieu de manger la chair du Christ, et de boire son sang d'une manière spirituelle, c'est-à-dire discerner le vrai corps et le vrai sang du Seigneur, il communie d'une façon charnelle, et ne voit dans la Cène que ce qui tombe sous les sens; le sacrement est sans efficace pour lui, il reçoit la condamnation. La nourriture qui lui est otterte ne le nourrit pas pour la vie éternelle, ne le rend pas membre du corps de Christ.

Si Paschase ne s'exprime pas avec netteté sur ce point important, il y a cependant chez lui un penchant marqué dans le sens de la non participation des indignes.

L'indignité pour lui, semble consister avant tout à goûter le sacrement charnellement, et ne pas y voir autre chose que ce qui est montré aux yeux de la chair. Communier indignement, c'est commettre un sacrilège contre Dieu-, la communion indigne amène des maladies et des infirmités.

Quant au croyant, si sa foi a assez de puissance, il a la possession assurée de ces dons dans leur essence, ils existent pour lui particulièrement. L'opinion que Paschase a sur le pouvoir de la substance du sacrement, ne manque ni de grandeur, ni de poésie.

Si l'on meurt baptisé, mais sans avoir reçu la Cène, on n'en éprouve pas de détriment, cependant ce sacrement n'en est pas moins absolument nécessaire, sans cette nourriture spirituelle, il est impossible d'avoir la vie éternelle.

La Cène procure d'abord le pardon des péchés journa-

liers commis après le baptême, puis elle agit sur le corps et sur l'âme (XIX).

Elle nous unit avec Christ. Il demeure corporaliter dans les croyants, et pas seulement grâce à Vimitas volimtatis des hérétiques, « id sint credentes iiniim in Christo » (^).

Par le sacrement in corpus Christi qiiotidie transferimur

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