lih, ii,.arci lâ^ etlib. ut, avt. 7 et
iaict de la guerre et à parler subtilement : rei miUtari et argutè ioqui. Car i*estime que c'est de nos Gaulois desquels il entendoit parler, puis qu'il mesie h guerre avec Téloquence ; et non de ces Transalpins, qui estoient neantmoins si éioquens que Ciceron les mcâsle entre ses orateurs dans son Brutus ; et qui est cette éloquence que le grand Homère donne à Menelaûs en ced mots^ :
n£u^ |fclv, dXXà |&àX« VfioM,.
Aussi ne seroit-il pas croyable que nostre estât eust pu estre formé et entretenu si longuement sans que quelques gens de conseil et déloquence y eussent esté employez ; mesmément aux assemblées ecclésiastiques et séculières des [n-elats et barons , aux synodes et tenues d'estats ou parlemens , et aux sièges des comtes établis par les villes , envoyez par les provinces pour y rendre la iustice, qu'ils appeloient tnissos daminicos; comme pareillement aux sermons de nos evesqnes et prescheurs, et principalement depuis la dernière race de nos rois, qui a esté plus iusticiere et plus civile que les deux autres. Et ie ne doute point que cette éloquence n'ait esté mise en œuvre, non seulement aux estats tenus lorsque la couronne de France estant qfiereUéc par V Anglais contre nostre ancienne toy , elle fut maintenue et asseurée par la plume, la langue ^et la lance de nos ayeuls, en la personne du roi Philippes de Valois; mais aussi deslors que Hugues Gapet fut appelle
1. Iliade, y» vers 214: Id est pauca quidem, sed valdè acutè.
à h cooroDne par la noblesse de France, ou plustost par une bénédiction de Dieu qui a reluy sur luy et sur un grand nombre de ses successeurs , sans aucune résistance, et, s*il faut ainsi dire, sans coup ferir , en remonstrant par ces bonnes gens, et faisant entendre aux eresques et barons , et à tous les Estats du royaume , qu'il estoit plus expédient d'avoir un roy de l'ancienne nation françoise, qui nous avoit défendus et nous defendoit encore contre les Normans, qui estoient lors sur le poinct de ruiner nostre Estât, que de s'attendre à ceux qui pouvoient rester d'une race, lesquels s'estant retirez en Allemagne , s'estoient esloignez de nous, voire nous avoient abandonnez. Et encores a esté cette éloquence employée aux assemblées qui se sont faictes en plusieurs et diverses occasions, aux disputes de la paix, delà guerre et de la religion. Mais nos ancêtres ont esté jadis aussi peu soigneux d'escrire que nous en sommes maintenant prodigues. De sorte que ne se trouvant rien par escrit de ces personnages, il me seroit impossible de vous les nommer. Ce qui me réduit à commencer l'histoire de nos advocats au temps de Fhilippes-le-Bcl seulement , lorsque nostre parlement fut réglé et arresté, en m'aidant des registres que l'on commença deslors à foire, ensemble de certains escrits et de quelques historiens du temps , et auUres mémoriaux que l'ai pu recouvrer çà et là , ainsi que vous connoistrez par ce que ie vous en diray.
Ne nous direz-vous donc rien, dit mon alsné, de ces advocats qui se trouvèrent en l'assemblée tenue dans la sale dei'evescbé de Paris, en lapcteeQ!CAà.^\^x^^'^a^N'^w
18 DIAf.OGUK DES ADYOCATS
\9c Taiidîtù OU nullité du mariage dif roy PhiHppes^i» de' ce Bom , en laquelle le roy ayant fait proposer par seê advocals les causes qu'il avoit de répudier Berthe, flUe de Florent I*^ ,. comte de Hollande , et de retenir Bertrade , femme de Foulques , comte d'Anjou ; Ton dit qu'il se présenta sur le cbamp un advocat qui plaida si bien sa cause que le roy ftit esmeu de rei^-endre sa premiefe femme et d^abandonner l'autre comme s» conçubme? Ne fent-il pas conclure de là qu'il y avoit^ deslor»' deavddvocats et de là plaidoii^ ^ France? €arie'aK»y qoeTOusavex leu VlTwentaire de Serres^ leqoelira-oontB ce que dessus assez partieulier^nent.
l'aiileu, dit M. Pasquier, ce que vou» dites et au livre que TOUS aUiégues; maisie n'en ai pmnfTouHi parler pour deux raisons : la première, qu'il ne nomme pcûnl cet prétendus ad?ocats; l'autre et la. principale, (pie ie ne sçay où il peut avoir pris le conte qu'il enMt Car il n^y a personne de ceux qui ont escrjt de ce divorce; qui sont en bien grand nombre, qui disent oe qui est raconté en ce lieu ; et neantmoins vous sçavez que i^< esté assez curieux de faire recbercbe do tout oe qui s'est passé de singulier en nostre France , et croy que cette action tant remarquable, si elle eust esté véritable , ne me fust point eschappée sans que ie l'eusse relevée ; ce qui me f»t croire qu'il y a beaucoup d'autres choses en^ cet Inventaire qu'il ne faut croire que sous bénéfice d'inventaire. — Mais que direz-vous, dis-ie, de maître Pierre de Fontaines, auteur du Livre de ta reyne Btanche, mère du roy saint Louis, auquel sont conte» i7XMHr/i(m^itfji%;§^deiHWipan
tournées en vieux fniDÇMs et accommodées aux us e^ iooslamesdu temps M^ se voit par IK cpi/ilaveit esté dft iDflstîer d'advocat; c'est celuy duquel k» sire de loiaiille eaork, ^' qu- il estml souvent appelle- a?eG mes* mêQmSm' de HUIette par le pqy saint Louis, pour hii aider à. rendre instice à. ses subjects. — H est vray, div M. fiascpiier, mais il appevt aussi par-là qu^il'estoit du conseil Al roy, et non pas^adveeat — Si- ne pourrezloua donc refuser, dis-ie, de recevoir en ce nombre IL Guy Foucault, natif de Saint^Gilles, v^« Narbenne^ lequel ayant esté premièrement advocat en parlement, fiit faitevesquedu Fuy, euÂuvergne, puis avchevesque de Narbonne et evesque de Saincte*lM>ine, et encore cardinali, et finalement pape de Rome, nommé Clé^ mentW, do temps de nostre saint Louis. Car GuiUauAe deNangift esorit qu'il avoit esté advocat et oonseiller enla CQur de France, qui estoit le parlement de Paris; et BbtiQe dit ^ qu'il y estoit advocat. — - L*on en dira et escriraôe quel'on voudra, répliqua M^ Pasquier; mai» m'estanti proposé, suivant ce que i'ay par vous esté re* qpis, de parler de» adYoeatfr de la cour, ie^ ne me sui» pointiBUften peine de ceux qui estoient auparavant q«e le fiariementtint et fust sédentaire et> arresté à Paris* Bartant, ie me suis.boroé à ne point outr^Nisser le r»^ gne dttviio)^ Fbilippes-le*Bel; enoores ay-ie estéempesr
1'. Oiap. dernier.
2. Plaline en parle ainsi : Is enimjim'sconsuUus totius GalUœ sine ctmUntUmeprimarius, in curiâ regiâcausas integerriniè agens, uxorem etfUbêws muiê, quâmortuây primb Podietisis, deindè Nat-bonensis ^ pmym ^tl^tfpm €anl i n tii s^om i âA Vk ooiutwiik-cvMtAM^ «v^
20 DIALOGUE DES ÂDV0CÂT8
ché de VOUS trouver des advocats de son temps. Car bien qu*il y enst deslors des boiumes sçavans en droict dvil et canon » signamment ceux que le roy fit appeler avec les prélats et malstres en théologie pour respondre à cette belle bulle du pape Boniface VIII, par laquelle il s*estoit donné la souveraineté de ce royaume , éoai l'bistoire est célébrée tant par nos livres que par les Italiens et fiutres; si esi<e que le n'en trouve aucun auquel nous puissions donner le titre d'advocat en ce parlement, sinon que nous voulussions le donner k deux ou trois, dont Fun seroit M. Raoul de PresleS qu'on dit avoir esté comme principal advocat du Roy en l'an 1315 ; l'autre M. Pierre du Bois, qui donna conseil et avis contre cette bulle. Mais quoiqu'il fust advocat et bilb habile homme, si n'estoit-il point de ce parlement, ains advocat du roy au bailliage de Constantin, et partant il sera icy mis hors d'œuvre ; Tautre pourroit, par adventure , estre messire Guillaume de Nbgaret, lequel qnelsques-uns appellent chevaUer de loix. Et si les temps se pouvoient facilement accorder , i'y adjousterois volontiers M. Pierre de Cugnieres ', qui fut eni*ployé vingt-six ou vingt-sept ans par le roy Pbili[^)es de Valois à la défense des droicts des rois et des barons contre les ecclésiastiques ; si ce n'est que l'on voulust dire que ledit sieur de Cugnieres estant encore ieune advocat, et en la fleur de son âge, il fut appelle avec du Bois, pour faire la réponse à cette bulle ; car il est vé-
1. Miraumont en son livre des lusiices royales estans dans rendes du Palais, titre du Parquet, l'appelle Paul de Prayeres, p. 230. ^. Caigoieres ou Conguieret. Voyes lliramnoiit, p. 390 et 8SI.
ritable que \e Sciât fatuiuis tua, cic. , ressent aucunement la gaillardise de Pierre de Cugnieres et i*argutie de l'éloquence françoise catonienne, dont le tous ay parlé cy-devant ; et il y a deux choses qui pourroient faire cnnre que M. Pierre de Cugnieres y auroit mis la main : Tune, que le greffier du Tillet escrit que du Bois * fut aidé en ce que dessus par un personnage de grande Utterature légale , qui estoit, à mon advis, plus grande en de Cugnieres qu'en Nogaret, lequel, en récompense, avoit meilleure espée que lui ; Tautre , que l'un des principaux argumens de. la response envoyée au pape Boniface , et fondée sur le mesme passage de l'Évangile que de Cugnieres prit pour son thème contre les ecclésiastiques du temps de Philippe de Valois : Reddite quœ sunt Cœsaris , Cœsari; et qvœ sunt Dei^ Deo ^. Partant, si ie n'estois point asseuré de faillir en nommant icy pour un des advocats de ce temps-là M. Pierre de Cugnieres, ieleproposeroispour le premier advocat célèbre de mon discours.
Ai'' Pierre de Cugnieres, dit mon neveu , où nous mettez-vous ? N*est-ce pas ce M' Pierre de Cugnet, duquel on a mis un portraict, ou plustost un marmot en un coing et dehors le chœur de l'église de Nostre-Dame de Paris, contre lequel les bonnes femmes et les petits enfans vont attacher des chandelles, afm de luy brus- 1er le nez par dérision ? Yrayement vous nous faictes un bel honneur de vouloir commencer à parier des advo-