‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 14 sur 92 · U rappelle Gondebadam · texte numérisé non relu

U rappelle Gondebadam

Gondebaud, roy des Bourguignons S Ton ne recevoit aucune preuve par tesmoins. mais que toutes aauses se desmesloient par combats , bien que le faict eust esté commis en la présence de plusieurs, voire en plaia marché; et snffisoit à celuy qui vivoit selon cette loy, de desnier le faict *, et d'offrir le combat contre celuy quise plaignoit. Ce que Ton dit estre encores observé en Danemark et chez d*autres nations septentrionales ; qui estoit une extrême barbarie, beaucoup plus grande que celle de la loy Salique, laquelle ne recevoit ces duels que par faute de preuve légitime. Et pour le regard des Normands y c*estoit chose estrange , que si rappelant estoit vaincu , il en estoit quitte pour soixante sols et un denier d'amende*, et au contraire l'appelle encouroit la perte de la vie et de ses Mens. Ce que le roy Philippes Auguste corrigea après qu'il eut conquis la Normandie, en y mettant la loy du talion, qui s'obser-

1. Cujus cxtitit autor, dit-il, parlant de ce Gondebaud, homo Aereticns etjidei cntholicœ vehementer inimicus, etc.

2. Snger en la Vie de Louis le Gros, dans le Recueil de Pierre Pithou, p. 1 10. 5» quid horum vestratfs aut dcdixen'nt, aui diccre simulaïuio noluerint f pleno duorum aut trium testimon'o^ Laronum^ leqe duclli paratifuimus approbare : et peu après : legc duelli verboriun exaggerutionem refutando, cuijusticia cedere dcùeat confiigendo' aperiant,

3. Lncian, dans son Toxaris, dit qu'en Scythie le vaincu avoit la main coupée ; et saint Bernard en son Epit. 39, à Thihauld, comte de Champagne, en escrit ainsi : In manu Barrénsis'Prœpositi dudum

ftictô dueito, gui victus fuit, statim ex véstrâ' iussione ocuhs amisit, Jbuupèr gHoquCf guasi parva hœc mala essent, et gulM victuSj et gubd oculis orbatus fuerat, res ei omnes sucs» à ministris vvstris, sicut ipse congueritur ablatœ sunt. Justum est, si placet vobis, ut ei vestrâ pktate reàtiiuatur, unde misera eius vita possit utcumgue sustentari, Sed et filiis cius innocentibus patris iniqujias non débet ioiputari, gvb mMJu, 51 guœ sunt^ patenta Créditent (edijicia.

30 DJAI*PGU£ DES ADVOCATS

volt enlre les François, ainsi qu*il y a au huitième livnQ de la Philippide, escrite par Guillaume le Breton, doqt les vers meriteroieQt bien d'estre enchâssez dans \m ftechercbes , car le les ai trouvez si beaux pour le temps, et ils nous apprennent une chose si notable , laquelle nos historiens. Qut ouUiée, que lie les ai appris par cv^uv :

Constituit pugiles, ut in omni Taiio pu^nâ Sanguinis m cousis ad pœnas exigat cequas^ rictus ut appelions, stuc appellatus^ eâdem Lege ligaretwr: mulilari, aut perdure vitam.

Morts enim extiterat apud illos hactenits, ut si Appellans victus in causa sanguinis esset, Sex solidos dedes.cwn n^mmo sotoer/Bt unç; Et sic impunis amissâ lege manerei; Qubd si appellatum vinci conlingeret, omni Re privaretur, et turpi morte periret.

Jniustum iustùs hoc iustè rex revoçavit, Rcque pares Francis Nqrmannos fèdt in istâ,

le reverray ces vers, dit M.'Pasquier, et les iusesreray volontiers en mes Recherches lorsque ie les feray rlraprimer , et vous en remercie.

Là dessus M. Pithou prit la parole en disant: Me. sera t'il aussi loisible d'apporter icy mon mot ou symbole, puis que vous m'en avez convié? — Vous me f^re» plaisir, respondit M. Pasquier, et le liendray à obligeation. — Lisez ce que l'en ay remarqué , dit IVL Pilbou^ en mes notes ou glossaires sur les Capltulaires , et le XL\T chapitre du IIP livre ^ Vous y verrez que dôa le temps de Cbaric-magne , npu seulement les çaui^,

}. Sur le mot C^mpi4f,

DV PABUCMWï D£ FARI& 34i

criminelles, mais aussi aucunes des cÎYiles se tenninoiem par champions; car il y a ces mots, sji bien il m.*en aoqr* Tient, Si auctor vcnerit et revii^intertiaSafn fwmf* père renuerU, ccrnipo vei cruce c0fUenda$U; qpk Oie semble. uft lieu singulier et notable sur ce sulgeoi. Car le livre lU, des Gapitulaires-, dont cel artide. est tiré, est tout âe^ ordonnances de Gbarle-magoe , ainsi qu'Aii^eg^, qui les, % recueillies, nous on advertit daosi sa préface^.

Il me ^noble,. dis-ie, que c*est assez parier ù» nm duete; ÎQ. T4iuspne, revenons a iios,advo€ats, qui est o«i qui noiis, ji.ipy assemblez. — le le veux , dit ML Pa^ quier, et passeray k cewi du, temps^ des enfants de 6bt*> lippes le ^\ Louis HutinS Pbilippes le iongS Hi Charles 1^ Bjel^ ~- Ou^i^iez-vous , dîs-ie , le patrose des^adv4)cats, qui vivin't d» t#mps.4^ Pbiiipiies le Bdl^ -T-Q|}eI7 di^ m. Paaqqiêr. -^ Ai. l^vc^^de K^rm^rtm , djfrl^' l^fieli fut si grand et si sainct personnage, qu*t|t a esté qanpnfsé et spr^ommé saint Yves. -^ Il n-estoît pa3 dgs i)08tres., dit AL Pasquier, aios Breton. — *Si pqutril , dis'i^ , estre mis au Qombre de nos advocats; car eiicçNfes qu'il fust officÂalet archidiacres^de Rennes^, et.d^uisde Triguier, si ne deloissoit-il pasd'exeitm paTi d^ité i*est<it diadvocat, pour, les veufveis, orpbeliuii

1. llia autemt dit Ansegise, qu(B domùius CaroUts in dwersis fttktemporibus ad mundanam pertinentia legem, m. tertio adunavi,

31 DIALOGUE DES ADVOGATS

et autres personnes misérables , et non seulement es eours d'église et autres dé Bretagne , mais aussi aux tNiilliages du parlement de Paris, poursuivant leurs prooei, mesmes iusques à la cour , ainsi qu'il est récité au deuiiesme livre du Miroir historiai ou Rosier des guerres, iidis composé par le roy Louîs XI ; où il se. lit une histoire notable qui a esté oubliée dans la vie ou légende de ce sainct, du tout semblable à ce que Yalère Maxime* rapporte de Démosthène , disant : que deux galands ayant déposé une somme d'argent entre les mains d'une pauvre femme, à la charge de ne la rendre q/St'k eux deux ensemble ; quelque temps après , Tun d'eux s'cstant présenté à eUe avec une mine fort triste, feignit si bien que son compagnon estoit mort qu'elle* se laissa persuader de luy rendre la somme toute ^tîére. Toutesfois l'autre survint depuis ; et s'adressant à elle luy redemanda pareillement ce dépost : de sorte que cette pauvre femme se voyant esgalement empieschée à se résoudre comme elle pourroit trouver de l'argent, ou se deffendre en iustice, estoit sur le poinct d'entrer en désespoir et de se défaire ; mais cet orateur ayant embrassé sa cause, la tira de peine, en déclarant pour elle qu'elle estoit preste de s'acqniter de ce dont elle s'estoit chargée envers luy , pourveu que , suivant ce qu'il rccognoissoit luy-mesme avoir esté convenu entre eux , il amenast son compagnon. Ainsi cette his^ toire porte que deux hommes qui estoient arrivez ensemble en une hostellerie de la ville de Tours, ayans

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