‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 32 sur 92 · En 1596. (Miraamom · texte numérisé non relu

En 1596. (Miraamom

2. Il Ta esté depais, en Van 1607, après aToir este' garde des sceaux dès le mois de décembre 1604 , comme il se voit par les lettres patentes de l'érection de sa commission de garde des sceaux en estât et office, comme un titre, r'apportées par Miranmont, en soi^ RecaeU des çhapceliers.

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tost après poùrveu de l'estat d'adyocat du roy ^ au lieti de M. de Marillac, et depuis le président de la Cour, où 11 deceda n'estant pas grandement aagé. Coniitie moururent aussi M. Guillaume Boucherai et Pierre Rebours, qui éstoit si fort chargé de causes, à raison de la dextérité et facilité de son esprit et de sa langue » qn'on disoit par commun proTei*be du Palais qbe timt alioit à rebours. Maistres Clément du Pay, lean Boôer, lean Gillot et Lormier, afin de despescher cen^cy en cette rencontre, décédèrent aussi tons en la fleur de leurs àages, ayant la pliis part d'eux laissé une heureuse mémoire de leurs noms. Vous avez encores à présent M. Rebours, président en la cour des aydes , tes conseillers et advocats Gillots, enfans des dits Rebours et Gillot. Feu M. le conseiller Du Puy, grand homme de lettre et d'intégrité en sa charge ^, estoft aussi fils de M. Clément du Puy et père de ceux qui commencent maintenant à paroistre. Boncherat et Boûer ont pardllement laissé deux assez bonnes et honorables familles ; et tons les eussent encores laissées plus grandes, ai la mort ne les eust prévenus avant le temps. le faisois lors grand estât de M. lean des Vaux, et remarquois en luy qu'il prenmt peine à bien parler françois , dont i'estoia

1. En 1551. (Mirauniont el Pasquier, liv. vu de ses Leltres à M. de la Biie, iuge de Mayenne^ p. 425.)

2. Receu conseil^e^ le 7 febvrier 157iB. (Blanchard.) 11 y * de luy quantité d'éloge», dont il a esté imprimé on recueil à pari, le me conleuieray de mettre icy les epithoies que lai donne M. Cojas. dawHitft PietéÀnits, ;dii-il, senùtor el disciplina omni instritcti)ss(mui,' et ùifjenin prudentidffHc aciitissimus. Observai., lib. XVII, eap. ^. *

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assez curieux. le crois que personne de toUs ne l*a connu.

Mais ceux qiii avoient {dus de vogue et de bruit en ce temp^Ià» estoient, comme ie vous ay tousiours dit, mài^tres Pierre Segnier et Ghristophle de Thou : pardonnez-moi si ie parle encores d'eux, comme nous faisions lors. Ces deux estoient corrivaux , s*advançans esgalement aux premiers degrez de la robbe , mais par divers chemins ou moyens. L'on estoit court et nerveux, neadtmoiDS clair et intelligible en ses plaidoiers, et ne se mettant point tant à tous les iours ; l'autre avec une douceur et facilité plus commune et agréable , plaidoit plus Goaventet plus long-temps : de sorteque Ton disoit de Tuu Muitkipancig, et de l'autre, Pa/uca multis. L'un ne se presentoit iamais que bien appresté, aj^rtant des authoritel de droict et de docteurs plus élaborées ; l'autre 4?ott l'esprit et la parole [^us prompte ^ et le plus souvent ornée de qudques lieux d'humanité et par fois de vers de poètes latins et autres passages assez vulgaires, mais toutesfois plaisans et agréables aux auditeurs : de manière que tous deux par divers sentiers marchoient quasi d'un pas esgal. M. Seguier fut bien tost après advocat du roy * en la place de M. Le Maistre, qui fut fait président au lieu de Bertrandi pourveu de Testât de premier président» duquel M. Lizet fut deschargé et fait abbé de Sainct-Yictor \ de sorte que le Palais fut qua^ renouvelle par la faveur de la duchesse de Vaientinois. Et me souvient que l'une des premières causes

l. Eu 1550, cl fui rcccu en l'office d'advocal du roy clerc, à la charge de prendre diipehset poHYfC qu'il eitoit màrîé. (Miraitmorn.^*

qui y fut lors plaidée fut pour elle touchant la terre d'Anet; M. radvocat Seguier, plaidant pour le procureur gênerai 9 et M. Ghristophle de Thou » assisté de M. Anne de Chappes, lean de Saincl-Mesloir et loumée pour la Duchesse. Et par ce que la cause estoit grande, Taudience fut renforcée de deux ou trois pre^idens de la Cour qui n*aYoient point accoustumé de s*y trouver : sur qnoy M. de Thou prit le commencement de son plaidoyé, disant que cette nouvelle face de iustice extraordinaire Testonnoit, quasi à Timitation ou façon de Ciceron , quand il commença à parler pour Milon. A quoy M. Seguier, advocat du roy, respondant sur le champ, dit qu'à la vérité Ciceron avoit occasion d'avoir peur, d'autant qu'en ce'temps-là l'audience estoit bordée de gens de guerre; au contraire que chacun devoit alors espérer plus de iustice, puisqu'elle avoit esté renforcée par un plus grand nombre de gens de cet estât Or le parlement fut bientost âpres fait semestre, et MM. Seguier et de Thou pourveus en mesme temps d^eslats de presidens. Mais bien que M. Seguier euqt esté advocat du roy avant que l'autre sortist du barreau, si est ce que M. de Thou fut receu le premier en Testât de président, ainsi que ie vous ay dit cy-devant £n somme, ils ont esté tous deux très-grands personnages, tant en Testât d'advocat qu'en celuy de président, comme il paroist maintenantten leur postérité. le vous adiousteray encores un mot que Ton racoutoit lors de M. Seguier et de maistre Charles du Moulin, lequel, comme chacun sçait, estoit ie plies docte de son temps en droit civil et coustwniier , et toutcsfois

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malhabile en ia fonction d'advocat, principalement au iiarreau; ce qui faisoit qu'il n'estoit gue- Tes employé y ny tant estime à beaucoup près pendant sa vie qu'il a esté depuis son decez par ses escrits, par lesquels il a tellement marié et approché le droict romain avec celuy de la France que tous ceux qui sont venus depuis ]*ont suîvy comme leur maistre. Or, feu M. Seguier, connoissant cela mieux qu'homme de son temps , il s*en aidoit fort à propos aux plus grandes affaires esquelles il estoit employé, prenant bien la peine de dresser luy-mesme un mémoire de ce dont il desiroit s'instruire , et de le bailler à du Moulin * avec quatre ou cinq escus qu'il advançoit de sa bourse, sur lequel M. Charles du Moulin donnoit son advls par escrit, raisonné et fortifié d'authoritez de droict , de doctrine , de docteurs et d'arrests , lesquels M. Seguier savoit si bien mesnager qu'avec ce qu'il y apportoit de sa forme et de son iugement, qu'il avoit excellent, il se rendoit admirable en ses plaidoiers et escritures, ainsi que i'ay entendu de nos anciens.

M. Pierre de la Place, qui fut depuis premier président aux généraux, estoit lors aussi du nombre des bons advocats. Mais, entre tous ceux de mon temps, ie iettois principalement l'œil sur M. Baptiste du Mcsnil , lors advocat du commun ; car c'estoit celuy que l'es-

1. Papiriiu le Massoo, en la Vie de M. Charles du Moulin, fait meatloa de cette remarque : Petrus Seguierius, dit*il, tune aduocatus et prudenlissimus vir, ad Carolum {Mollnœum) mittere solebnt hononurùun aUt/uot aureorum , ut ex facto proposito sententiam suain scripto mittenti majori, utferè fit, consulantis cmolumenlOf quam amsulti.

Goulois plus volontiers, et auquel ie desirois plus de pouvoir ressembler, à cause de la pureté et fluidité de sou langage, de la grâce et douceur de sou éloquence, de S9 voix et de son actiop, et de Tordre et perspicuité de ses plaidoiries, lesquels il divisoit tousiours en parcelles , puis Içs reprenoit , poursuivais , et acbevoit si adroitement, les forti^oâl de raisons et d'aqthoritez si précises , qu*à tam iugemeni il iiurpassoit toqs lés autres , rien ne Iny^efaiUaat \ mm advis dç ce qui esH requis pour faire un bon advoçat. Il vç(^ sQuvien4r9 toute ma vie de la plaidoirie qu'il fit pour M- Bourdin, secrétaire d'estat, açyudicataire delà Serre 4e Villaines, vendue sur ce bon mesnager M. 3rinon, conseiller, q^ç nous appeUions Rvma Bonis,, par un anagramme admirable de spn nom lanu^ Brino, pour lequçl M. François de la Porte, plaidant, se plaignoit entre autres choses d^ ce qu'il avoit esté despQ,uillé de sa terre par un sien parent; ce que M. du Mesnil ra^>attit si doucement, si adroittement^ et avec tant d*eIoquençe, qu'il fit croire i un cbacun que Von avoit f^ Ip^MÇQup jmx M. Brinon de l'avoir descfaargé^e sa tei^re pom> eps^r à le nettoier d'ime partie des dobies jonS il estait ^coa-r blé , et que c'estoit la seqle ressourça qu'il poiuyoÂt çsr pérer pour se remettre à $on siise; comme 4^ ^aict il gaigna sa cause. !pt de ce iourrJlà , iç m'ado^n^^y tçUe-. ment à l'ouïr que ie le pris pour patron et miroir de mes actions ; car il ne piaidoit iamais cause qu'il a'y apportast quelque point remarquable dont ie faisois mon profit. Aussi fut-il bientost ^res advancé en Testât d'adr vocal du roy , au lieu de IVf . Seguier. Et ^pui$ qf^%

fut âdvocat du roy, il ût encore paroistre ce qu'il e&toit plus qu*tl a'avoit fait auparavant , et vous puis dire qu*il fai$ott quasi tous (es arrests. Ce fut le premier qui fit <U$ retnonstrances publiques au comment cemunt des paHemens ^ ; et a laissé une si bonne memoii^e de se» actions et tomportenoiens en cette charge, qae quand on veut encores ai^ourd'huy parler d-nn boa advocat du roy , l*on allègue M. Tadvocat du AfesniL — Ne nous en dites point davantage , dis-ie ; car» rayant fréquenté les six dernières années de sa vie plus que personne, pour avoir espousé sa niepce et pupille, fai pris plaisir à dresser un recueil de ses principales actions de mon temps , que i'ai baillé à mes en-, fants, qui pourront, si vous le trouvez bon, le communiquer un iour au public; partant, revenons aux autres advocats.

Trouverez-vous pas bon , dit-il , qu*à Toccasion de M. du Mesnil, nous parlions tout d*une suitte de M. GlUes Qourdin et de M. Aymon Boucherat, Tun procureur gênerai ei Vautre advocat du roy au mesme temps ^ ? G'^^loieat deux hommes bien dissemblables ; car, quant à M. Aymon Boucherat, beaucoup de gens esUmoient qu'il n'y avoit ny éloquence ny sçavoir qui

1. Yo}^ en ses ïXo{^tf p. 19$ et 199 des O^msciilçs de Loiscl, ce qui en a esté remarqué des Recherches de M. F. Pasquicr, lequel autsi eu set Lettres, liv. vu, escrivaat à M. de la Bite,r'apporte que M. le premier président de Thou voulant bannir des plaidoyers les rèpKqdes et dupliques des advocats qui consommoieni beaucoup de temps, il y fut aidé par M. du Mesnil, lequel en fit, à quelsques ouvertures du parlement, des remontrances, quoy qu'il n'y pust rien gaifpxer, sinon pour les causée de paix, ce sont ses mois.

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