En 155i. (Miraumont
DU PARLEMElNT de PARIS. «7
après avoir esté advocat des parties et lieutenant gênerai des eaux et forests. De sorte qu'il n'estoit point apprentif à plaider qnand ses compagnons estoient absens, malades ou empeschez , ainsi qu*il fit paroistre une apresdisnée que Ton plaida la cause d'une horloge, en laquelle il monstra sur-le-champ ce qu'il sçavoit sur cetsubjet, n'oubliant rien à alléguer sur Archimede, de Yitruve, de Cassiodore et d'autres ; dont un chacun fut fort estonné , car personne ne s'y attendoit ; et disoit-on que les advocats qui plaidèrent la cause ne luy en avoient point communiqué, et mesme l'on pensoit qu'il dormist. Car le plus souvent il sommeilloit tellement que ceux qui n'y estoient point accoustumez estimoient qu'il dormoit à bon escient. Mais, comme l'on cessoit de parler, il se recueilloit soudain, disant qu'on conlinuast *, et monstroit qu'il n'avoit rien perdu de ce que l'on avoit dit l'oubliois à vous dire qu'il peignoit élégamment en toutes sortes de lettres, françoise, italienne, latine et grecque, ioûoif du luth et de l'espinette, chantoit sa partie. Bref, il n'y avoit aucun deffaat en luy que cet assoupissement dont il deceda, sa femme, qui estoit couchée avec luy, et qui Tavoit oiiy ronfler selon sa coustume , l'ayant trouvé le lendemain mort à ses costez.
Cette mort , dis-ie , fut estrange , et est périlleuse à un chrestien, qui doit souvent prier Dieu de le préserver de mort soudaine et non preveuë; car, quant aux payens, ils l'estimoient la plus heureuse, tesmoin celle de ces deux Cleobis et Biton tant célébrés pour leur