‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 7 sur 92 · Cettrait. 161, rapporte ci-dcTant àêxaV Avertissement · texte numérisé non relu

Cettrait. 161, rapporte ci-dcTant àêxaV Avertissement

DU PARLEMEinr DE PARIS. 5

de la Rhière, chancellier du duc de Bretagne, et M. Nicolas Kaulin » chancellier de Bourgongne , tous advocats en parlement , et plusieurs autres dont il avoit ouy parler à M. le président Raymond, son oncle et le Tostre, disant que les advocats, conseillers des maisons des princes, conduisoienl et manioient toutes leurs aïOiadres non seulement du palais, mais aussi celles qu'ils aYoient au conseil du Roy et ailleurs, tant dedans que dehors le royiiume. Mais les officiers du Roy se sont depuis emparez de cet employ, et s'en entremettent maintenant plus que iamais. Ce qui commençant desia en quelques uns du vivant de feu monsieur vostre onde fut cause de luy faire adjouster à l'ordonnance les défenses aux conseillers et officiers du Roy , de s'entremettre des affaires des seigneurs S laquelle ordonnance neantmoins ne sera iamais gardée , tant que les offices seront vénaux, et qu'ils en seront dispensez, comme ils le sont incontinent qu'ils en font la moindre requeste au. Roy « ou à ceux qui ont du crédit auprès de Sa Majesté. Car auparavant Testât d'advocat estoit la pépinière des dignitez , et le chemin de parvenir aux offices de conseitters , advocats du Roy , presidens et autres. C'est cela, mon fils, qui est la cause du ravalement .de l'honneur des advocats, n'y ayant maintenant seigneur qui n'aie un président, un maistre des requestes, ou un conseiller pour chef de son conseil , lequel quelquesfois n'y entendant rien s'il n'a premièrement esté advocat , ou n'en voulant pas prendre la peine, est contraint

1, Orléans, art, 44; Moulins, arl« \9\^Vm« «iXAVl ^v^l^.

DFAIiOGQB MLS AOVOCATS

dfemployer soas^soy o» adVocat qui se soumeUBiU adiiy pour qiieii^e pelit salaire , gages ou pensions qu'il lui flût ordonner , fait coimne ceux qui se fendeol adjMi'e^ tium fMrticipanduin :^ car il est luy mesflie oanse étooe que Khmineur de soa* Ordres est ainsi desrobé, et tmuporté ailleorsa leconnais^ un der meesieor» les mais* iM» des- requestes', et des meMeors* det son quartier^, lM|fiel(ni*a dllifout ihuioheHneiit'q«*il avoit eu* i^nlé dt^ ooatiimer l'exercice de la charge d^adtocat, mai» ^M^voyant le peu de oompte' que FoneQ- faisait au prte des offiders^do^ Roy , il i^'esioit jette' aux offices^ et par on moyen fait dieichi conseil de 1» maison d^nn grsttié, ao/Ken que s-il £dsI> demeué eoi h» salle du^ palni» ily eut esté des^demienSi

Gela est yray, dit M. laflqpier , etce mai'a princFpaiement commencé en» mes îoorB, et ?ous en pouiray> dÎM antantqn'faomma dnma robbe« Gar estant Tenu aa> priaia^des Tan 15Zi9 , messieurs!^ maistne» Gkristophe àt Tiiou et Rierre Seguiep défuncts y tenoientlespremiopsr rang» d!àdvocats»^ dpnti ils ftnrent bien' tost après adTan» œv aux estats, mesmément feu M.. Segnier es-celHy dladvocat^ du Rny , et puis40HSldenll^ fak»' président par Fereotien du» scnàestre ^ Et pour monstrer qne la di-^ gnité. d<adii«oear da Roy no donnoit ancuA- aèrontage pardessus^ celte d'adtooatda commun , c-efst^que M; de- Thon fut recen président avant Mi Segnier, qoi-estoit' dealers advocat du Roy, et depuis: il fut premier président parle dece^defeulM; le président le iMaistre. Mais

DU PAfttiËMESfT 1>E PABIS; ?

poor revenir à-, ce que vous disiez tantost, il est œrtlBBttf (pi€ les iirlDcipales affaires du palais passoienti par lea^ bouches et les. plaines de ces deux pendaot qu*ils e»** toient advocats ,. el principalement de MU Seguiev qui esioit du conseil- de madame de Ferrare, de M; do Nev^s, de feu M. le connestable de Montmorency , dit sdgnemf de Nantouillet, prevostde Paris « filt de AL fe^ cb^iicellier du^Prat , et de plusieui;s autres,, des affaire» desquels il ne put s^^einpter du tout pour estr6 offi^* cier ; mais fut comme contraint de prendre dispense de» Sa Miyeslé pour demeurer du conseil de madwaie do» Ferpare, fille de France, el à son exemple de M'* d» Nevers et de IVL le connestable. Ce fu( donc Ai. le pre»* sldeot Seguier qui le premier de ma oonnoissanoc^ continua d'osire du conseil des princes et seigneurs^ desquels il avoit esté advocal« Et comme nous sommes^ au Tù^aum^ dea eonséquencfiSr et que souvent le» mauvais exemples procèdent de bons oommencemen», ceux qui sont venus depuis; ont voulu fairo le semblable ,, maisnon avec parQille'$uffîsanoe,.honneur,ny retenue;, cariln-'cn faisoit point de monstre, et ne&'employoit qu'aux affiiires d'importance , comme en^ quelques arbi^ tragesF,.contracts de mariage, grandes acquisitions, et parlai de maisons , et non aux affaires ordinaires nj; aux procez, et sans que les advocats^ s*y trouvassent ,. comme l'on bit maintenaAt , que les princes et seigneuret ont estimé ne pouvoir estre dignement servis en leurs» affaires, s'ils n'ont en leur conseil quelque président ,, maisti e des requestes ou conseiller. — C'est donc pour oeU,. dit nm aîspé^ q^'ii^ â#|:0«mer d«iijHflte&v ^^

s DULOGUË DES ADVOCATS

Mais les advocats, dit M. Pasquier , ont esté et sont mal advisez de se ranger en telles assemblées, et se doivent prendre à eux-mêmes et non à d'autres , si le principal honneur de leurs charges leur a^ esté par ce moyen soustrait ; car s'ils ne s'y trouvoient point , on n'y pourroit quasi rien faire sans eux. Yoiià donc ce qui a principalement fait descheoir l'honneur de Testât d'advocat; et c*est aussi l'une des causes qui a fait tant rechercher et enchérir les offices; ioint que maintenant on évoque du parlement une grande partie des causes qui luy appartiennent, au lieu qu'on les y renvoyoit de toutes parts, qui est un autre discours lequel seroit trop long pour cette heure. — le suis fort aise, dis-je à M. Pasquier, d'avoir entendu ce propos, et vous en remercie, tant pour moy qui ay entendu des choses que ie ne sçavois pas, que pour cette ieunesse, que ie voy toute desbauchée par ce nouvel arrest. Mais puisque nous en sommes venus si avant , nous voudriez vous faire ce bien , vous qui avez esté si long-temps et avec tant d'honneur au barreau , et si soigneux de rechercher 4es a/ntiguitez et singyiaritez de nostre France, de prendre la peine de nous dire ce que vous avez pu entendre et cognoistre de l'Ordre des advocats du parlement? l'entends de leur première institution et progrez , de l'honneur et dignité de leurs charges; et particulièrement nous dire leurs noms, et remarquer ceux qui ont paru et tenu quelque rang entre eux , et chacun d'eux en leur temps : non que ie veuille vous prier de parler de ceux qui sont vivans , ny pareillement de vous ; estimant l'un aucunement importun , et l'autre un peu

trop curieux , et par adventnre périlleux et sujet à envie ; en iugeant peut-estre autrement d*eux qu'ils ne toudroient , ou que d'autres n'estimeroient. le vous prie donc d'ag^réer qu'à cette finnous nous rendions demain chez vous à pareille heure, pour apprendre ce que vous en sçavez. Aussi bien n*estes-vous point tenu d'aller les après disnées en la chambre des comptes, et n'en craignez point les picqueures; et vous voyez aussi que nous sommes icy tous de loisûr.

Vous me prenez de bien prés, dit-il, en remettant la partie à demain. Car encores que i'aye esté soigneux de sçavoir, voire d'escrire non seulement ce que i'al veu et entendu , mais ausiû ce que l'ai leu de plus me* morable en nos histoires et registres , tant du parlement que de la chambre des comptes, selon ce que vous ave% pu voir par mes recherches, et que i'aye esté curieux iusques-là que de faire un roole des advocats qui ont eu quelque nom en leur temps, et de cotter ce que i'ai connu de bien et de mal en chacun d'eux ; si ne me seroit-il pas possible de m'en rafraichir en si peu de temps la mémoire : mais il vaudroit mieux remettre la partie à une autre fois. — le vous en prie , dit mon puisné , et que l'en sms aussi , s'il vous plaist; il n'y a procez de commissaires , quand bien i'en serois , que ie ne quitte tres-volontiers pour estre participant de ce discours , y ayant long temps que i'avois prié mon père de nous en dire ou laisser quelque chose par escrit. Et m'a tousiours semblé que nous avions occasion de nous plaindre de nos ancestres, d'aveu esté si peu soigneux d'apprendre à leur postérité les qualitez » noms » vices, et vmus de

W MALOGVE DU ADV^eAl»

ce«i de leàr temp»^ (|in est te fkm ktau nnfûîr el b BieîMeiirc feçon ^pic Foa p«ine laisser a»x siena — El Bioy , ^t mon myfta é'HibMvitev, fea seray pareiBe^ RMBI, »'il voufr fkm^^ ea talMrt yeiol« de demeuret m eefte vaeatliMt eoiMM ino» enckt, si qoekpie antre meiMeore fortmie «e fn^e» tire , il m'ioiporte davaittags 4e feoieiidre qu'à persoMiev ^ pafticidIeFemeiit ph» qif^ ne» cettm ^ stnlile esite reBete die quitter le barreau. — Nous en seroméene teu» eeseoiUe » dis ie ^ tt eoaliiiiierons TaimgmMliHi à left kur» hesM el leu ({«'il plair» à Ri. Paeqoiev bmb donne»*. le teœ* prie Mssr, dis ie àJi. fMiDai, de ^oos y rendre » et depe«^ ser cepeidant k aene ; appottev ce i{ue voue en saiea de piM stegalie» et «MMe : il s'etl pa» que foos* a*eft myez ftiin qoekiM» reaiarflpi^ii -^ ie- le mkb , dit-'tt , eft vegerderay no» seuieaeiit paifmf mes» pafners » maie aessl entre eem de! feiii non» ffore, eà i'espere Irott^ ter qiiehpe ehese; cav ipM» sfavea qw'it » eiMé soî^ gaein di» teuté» chaeee nertueiMB. -^ tt tant don^ iueiHi , dit H. feMpmr , qœ ee soM peinr dimsttche prochai», afin» que i^aye d» tcnips pow me recueiUir» et vooB ew dire ee que i'ea sçaneay. Mais aussi veui^^e qoe chacun* mTy aide, el s'apvesle de eequ'ièsçaiirade se part, et que tousensembie Bous>y> apportione noslre mient. Swquoy , et apr^ avoir devisé d'autres cboses^y ttdue prismes congés les> «ne des autwst

fioncfses le dÉnasche ensulvanÉ neoe nous rendisà. un» hcuiHiîdK reiiKte w k)giB de M. Pas?

015 MRLKMëIIT 0£ FARlft, i«

fpàari M |MÉ6tt«ii«Mipe»b8aUe préparée 4e el toiK de «es eafaoe qui ••ue y atiendoiem , ^çairok eit MM «SBé S et M. le maiitre dei reque«lie(B S lesqueif voiilaratt estre de k perlîe. Maïs quaat à M. Pasqui^, ttm lequel mus ne pottf îom rieo faire , il demeara lottf»* goemeiat ea tiaiit eafermé dana aa eiMmbre , n'en pou** tant qoÊÙ amtif , quoy que aon bomme de cbambre Teaat àdverty {nut àmt îo» que la 60m|ttgDie eaUMt en bas, tt Tatteadoit il y avoit prea d'une heure. Finale-* m«ic «uut deaeeiidu , et ayant sdbué la compagnie* et pria aa place en la chaire du bout d'en haut , qui by a? oit esté hnsaée , il commeaça à noua dire avec nn front refrottgoé , qui bisott paroistre qu'il ealoit enoorea tout eanen d'nae méditation bien profonde : Yrayment^ neaiitura, tous m'avez bien uillé de k beaongne, m phMtoat îa m'en auia bien tJiiUé moy-meame ; car in n'en poufola quasi smtir : ce qui a eaté cauae dn vqof fmre attendre icy plus que ie n'eusse Toulu; non paa que ie me sois trouvé beaucoup empeacbé k vnus parier en gênerai de la dignité des adv^cau, et de rbonneur que nos anceatres portoient iadis à leur ordre. Clar on diamp nous ayant esté gi souvent battu par les remons* trances que messieurs les gens du roy et messieurs les présidais nous font aux ouvertures des parlemens, ie ne vous ea pnurrois gueres dire davantage, puis que vous avez souvent pu entendre d'eui^ que, par lea or^. donnances qui se lisent ordinairement , noms aommei

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