XIX. J'ai préféré l'art de penser à l'art de bien dire
XX. Sans prétention, sans avarice, à l'abri de l'envie , lié aux hommes les plus distingués par leurs places^ par leur mérite ou par leur vertu , avec une fortune honnête, j'aurais pu jouir de toute la tranquillité que comportait mon état , si j'avais eu aussi peu de chalenf pour l'intérêt public et pour celui des autres que pour mes propres avantages.
XXI. Mes plus beaux jours ont été ceux que j^ai ed le bonheur de donner à l'État on à mes amis.
XXII. Moins à l'épreuve contre la crainte d'un mal à venir que contre un mal présent , je n'ai rien connu de plus insupportable qu'une situation incertaine et équivoque.
XXIII. Pour fermer la bouche aux plus au^ dacieux , pour lier tes mains aux plus scélérats , je n'ai rien vu , je n'ai rien connu de plus fort , de plu^ puissant , de plus efficace que la sainte majesté des lois, de la justice et de l'équité.
XXIV. J'abandonne aux lois, sans aucune réserve , la disposition du peu de biens que je laisserai à ma mort.
XXV. Qu'il me soit seulement permis de désirer que toute la tendresse que j'ai éprouvée de k \j3.^v. <X«. vk^
très-chère el très-vertueuse épouse passe sans partage à nos enfants , et qu'elle les dirige dans leur éducation et dans les soins que demanderont leurs personnes et leurs biens.
XXYI. Je consacre à la postérité cette fidèle peinture de mon âme et de mon cœur : la candeur et la franchise l*ont tracée ; elle ne peut offenser ceux en qui elle trour vera les mêmes dispositions.
Venez , Seigneur, et répandez sur moi les trésors de vos miséricordes.
J'ai écrit ceci à Paris, le 1*"' novembre , jonr de ma naissance, en 1587. P. Pithou.
Tel fut p. Pithou. Voué tout entier à la vie de cabinet, il s'y livra à d'immenses travaux et publia un grand nombre de bons ouvrages * parmi lesquels je veux principalement signaler le Corps des Canons de l'Église , 1 vol. in-folio; le Corpus Juris Canonici, 2 voL infolio; et le petit livre contenant le sommaire des Libertés de l'Église Gallicane, « livre , dit Loisel , qui » sera trouvé un chef-d'œuvre par ceux qui le*considé- » reront comme il faut. »
« Ces anciens droits (dit un autre écrivain compatriote de P. Pithou 2) , souvent attaqués, toujours défendus avec la plus grande vigueur par les rois et par toute ia nation , conservés par une tradition immé-
1. J'en ai relevé le catalogae, mais il est si étendu que je n*ai pas voulu en surcharger ce petit volume. Je me borne à indiquer ici les ouvrages principaux qui d'ailleurs tiennent plus » mon sujet.