‹ Pasquino et MarforioChapitre 11 sur 103 · A PROPOS DE SES INDULGENCES · texte numérisé non relu

A PROPOS DE SES INDULGENCES

Fraude capit totum mercator Julius orbem-, Vendit enim cœlos, non habet iste tamen.

Jules s'est fait marchand et veut tromper l'univers; il vend ce qu'il n'aura jamais : le ciel.

Vende mihi, quod habes. Nam quo pudore ut mihi Ipsum te, Juli, cujus egere vides. | vendas

Vends ce que tu possèdes, j'y consens, Jules; mais il faut être sans pudeur pour me proposer d'acheter ce que tu ne possèdes pas !

Donec enim cœlos alius régit, et tonat inde, Non ego tani magni muneris emptorero.

Tant que celui qui tient la foudre gouvernera les cieux, je me garderai bien, ô Jules, d'acheter son domaine!

t)ic mihi, Sancte Pater, cœlestis janitor aulae Gui geritur summai relligionis apex -,

Qui reges régis, atque locas, relocasque tyrannos^ Qui nutu solvis cuncta ligasque tuo ;

Qui sanctos facis et cui contigit esse beato

Ante obitum^ qui nos ante obitumque béas;

Quidtibibombardisopusest,quidequisque,virisque...

Dis-moi, Saint-Père, toi qui es le chef de la religion;

qui gardes les clefs des palais célesteS; qui mènes les rois, qui élèves et abaisses les tyrans, qui a le pouvoir de lier et de délier, d'être saint avant de mourir et de canoniser les autres, pourquoi je te vois entouré d'épées, de (?hevaux de guerre et de bombardes ? Quel besoin as-tu donc de ceindre le glaive ? D'où viens que tu assièges et prends d'assaut châteaux et villes ? O aveuglement du monde, qui ne voit pas combien tu t'écartes, en faisant ces choses, de la voie du pécheur !...

Obtûlerat, Juli, tibi quaî sors JuUa claves : Clavas, erravit, credo, datura fuit.

La fortune voulait te donner des clefs, Jules; mais elle se trompa et te donna une massue.

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