PASQUIN AU TIBRE
Divitias olim frugum Tiberine ferebas,
Lœtaque erant undis arva Latina tuis.
Olim etiam geminam servasti à fanere prolem,
Sustulit unde altum Roma superba caput.
Nunc fruges, hominesque rapis violentas, et urbem
Romuleam insolito protinùs amne repies.
Placandus furor iste tuus, cuiii virgine Ccesâ,
Placata ^quorei numinis ira fuit.
Tuscum hominem fas est etrusco flumine mergi :
Victima nulla tibi gratior esse potest!
Tes liots nous apportaient naguère, ô Tibre, les richesses et l'abondance en fécondant les riches campagnes du Latium. Tu sauvas les deux jumeaux abandonnés, à qui Rome doit d'avoir élevé si haut sa tête altière. Maintenant tu roules et entraînes comme un torrent les moissons et les hommes, et inondes de toutes parts la'vieille cité de Romulus. Il faut apaiser ta fureur. Si jadis le sang de la fille d'Agamemnon calma le courroux du dieu des mers, qu'on précipite dans tes ondes le vieillard toscan (i); il n'y a pas de victime qui te puisse être plus agréable.
(i) Clvimeiit VU.