‹ Pasquino et MarforioChapitre 57 sur 103 · PAUL IV · texte numérisé non relu

PAUL IV

Cardinal Càiafa, Napolitain, élu en i555. ÉPIGRAMMES

Hic Carapha jacet superis invisus et imis :

Styx animam, tellus putre cadaver habet.

Invidit pacem terris, et vota precesque. Impius et clerum perdidit et populum.

Hostibus infensis.supplex, infidus amicis, Scire cupis paucis Ccetera? Papa fuit.

Ci-gît Carafa, qui fat en horreur à Dieu et aux hommes (i); que le Styx engloutisse son âme et la terre

(i) 11 avait rajeuni, dans l'ardeur de son zèle, le vieux pouvoir de l'Inquisition, qu'il appelait Vantidote de Thérésie, et l'avait rendu *i violent, que lorsque la mort l'emporta, en i55g, le peuple soulevé brisa les portes des prisons où languissaient quatre cents victimes, saccagea le palais des inquisiteurs, brûla leurs informations, et renversant la statue du Pape au Capitole, en

son infecte dépouille. Il était jaloux de notre repos et blessé des prières qu'on adressait au ciel. Son impiété perdit le clergé et le peuple. Allié secret de nos ennemis. Judas avec ses amis mêmes, pour peindre ses qualités, un seul mot suffit : il fut Pape *.

traîna la tête dans toutes les rues. On eut toutes les peines du monde à sauver le cadavre de sa fureur; il empêcha même longtemps les marchands de crier dans les rues : bicchieri e caraffe (verres et carafes'. Mille ans de guerre entre Rome et les Papes, p. 91.)

(i) En 1794 les Républicains modernes brisèrent sa statue, celle de Sixte Quint et de Léon X, et en firent des baioques. La statue de ce dernier pape, regrettable, comme œuvre d'art, était du sicilien Paolo Duca.

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