LAUDE A TOI ET A TON COMPAGNON
suite du faux evangile î elon le coffbe de l or et de l'argent, gloire a l'argent et a l'or (i).
En ce temps-là, le Pape avide, dit à ses carpinaux (2) : Lorsque le fils de l'homme viendra au siège de notre majesté, que le portier lui dise :
Ami, que viens-tu faire ? et s'il continue à frapper
(i) Evangelium Pasquilli olim Romani jam peregrini. Dolus vobiscum et comiti tuo. Frequentia falsi evangelii secundum areham aurei et argent! . Gloria tibi, auro et argento.
(2) De carpere prendre.
sans payer, liez-lui les pieds et les mains et précipitez-le d a as les ténèbres extérieures (i).
Or les carpinaux répondirent :
Maître, que faut-il faire pour nous enrichir ?
Et il leur dit : Il est écrit dans la loi : Aimez l'or et l'argent de tout votre cœur et de toute votre âme et la monnaie comme vous-mêmes.
Faites cela pour vivre. Ceci est mon commandement. Agissez comme vous me voyez agir.
Alors il se présenta au palais un prêtre pauvre et juste, qui était opprimé par son évêque, et il ne pouvait parvenir jusqu'au Pape parce qu'il était très-misérable.
Et les gardes de la porte se mirent à le frapper en disant :
Retire-toi, Satanas, ne sais-tu pas que tu es pauvre et que les pauvres ne peuvent être admis auprès du Pape, notre Dieu !
Et le pauvre criait :
Ayez pitié de moi, ayez pitié, gardes du Pape, car la main de la misère m'a rudement touché !
Mais ils lui repondirent :
Maudit sois-tu avec ta pauvreté, tu n'entreras ici qu'en donnant une pièce neuve.
Le pauvre alla vendre tout ce qu'il possédait et revint en compter le prix aux gardes de la porte.
(i) In illo tempore dixit Papa rapax carpinalibus suis : Cum venerit Filius hominis ad sedem majestatis nostrse, dicat hostiarius illi : Amice, ad quid venisti '<
Mais ceux-ci lui dirent alors : Que serait-ce pour tant de monde ?
Et ils le chassèrent de nouveau.
Peu de temps après se présenta un évêque simoniaque, sale, mal vêtu, mal peigné, qui avait versé le sang de ses ouailles dans une sédition, mais qu'on savait très-riche.
Et tous les carpinaux exclamèrent à sa vue : Béni soit celui qui vient au nom de l'or et de l'argent !
xMors l'evêque, ouvrant ses coffres, distribua aux gardes d'abord, et puis aux carpinaux et aux chanceliers des présents et des vêtements précieux valant dix talents.
Et apprenant ces choses, le Pape, qui était au lit trèsmalade, se réjouit, et se tournant les carpinaux, il leur dit :
En vérité, Je vous le dis, je n'ai pas trouvé un homme plus juste en Israël ni dans toute la Judée.
L'evêque cependant, franchit la première et la seconde porte, et étant venu au lit du Pape, il le couvrit d'argent et d'or, et le malade se trouva aussitôt guéri.
Et se levant en rendant gloire à l'argent et à l'or, il baisa l'evêque et lui dit :
Tu es venu bien à propos.
Et les carpinaux s'écrièrent tous d'une voix : Cet homme est véritablement juste.
Et le Pape s'étant assis sur son tribunal dans le lieu qui est appelé Phialargaritha ou de l'avarice, disait aux carpinaux :
Heureux ceux qui donnent et qui sont riches, car la cour de Rome leur appartient.
Quant au pauvre, qu'on lui prenne ce qui lui reste. Qu'il soit couvert de confusion et en abomination à nos yeux comme les païens et les publicains. Qu'on lui attache une meule au cou et qu'on le jette de suite dans les abimes de la mer.
Prenez bien garde devons laisser séduire à l'avenir.
Quiconque se présente avec de l'argent doit être introduit et obtenir ce qu'il demande.
Pour celui qui vient les mains vides, qu'il soit excommunié.
Or les carpinaux répondirent: Nous garderons ce commandement de tout notre cœur.
Alors le Pape ravi s'écria :
En vérité, en vérité, Je vous le dis : jamais il n'y a eu à Jérusalem une foi aussi grande que la nôtre.
Faites cela en mémoire de l'or. Je vous laisse un bon exemple, faites ce que j'ai fait, et enrichissez- vous (i)!
Gloire à toi, or et argent (2) !
(i) Exempkim enim refinquo vobis ut quemadmodum ego facio sic et vos faciatis et rapiatis.
(2) Gloria tibi, auro et argento!