VIL
Dziri. Je suis frappé de la ressemblance qui existe entre la mort du Messie et celle que certaines de nos traditions attribuent aux kouls.
Prêtre. Il y a cette ressemblance entre les deux dogmes, que levôtre, comme le nôtre, reconnaît la nécessité d’une victime surhumaine pour acquitter la dette du péché envers la justice divine; mais
a l’évangile. 95
avec cette différence, que votre opinion a le tort de désigner à cet effet des créatures, victimes d’un prix fini , bien que d’un ordre supérieur , insuffisantes conséquemment pour compenser l’offense divine.
Votre opinion a encore ceci de remarquable, qu’étant dénuée de tout fondement qui lui soit propre, elle ne peut être qu’une imitation informe du dogme chrétien. Sous ce rapport, votre tradition même trouve son complément dans l'Évangile-
II est regrettable, Messieurs, qu’avec l’idée d’unité de Dieu et d’unité d’origine dans l’espèce humaine, vous ne possédiez pas au même degré celle, que tous les enfants d’Adam ne forment qu’une famille aux yeux de Dieu. Vous comprendriez alors qu 'autant ces idées de kouls partiels ou de clochers sont mesquines et peu dignes du Maître des mondes, autant cadre avec sa sagesse, sa clémence et sa majesté , l’idée d’un médiateur s’immolant pour l’humanité entière. Saluons, Messieurs, saluons Aïça, le koul des temps et des lieux.
Les interlocuteurs, moins le secrétaire. A lui salut!