‹ Passage du Coran a l'Evangile, faisant suite aux Soirees de Carthage, et a la Clef du CoranChapitre 22 sur 38 · VUI · texte numérisé non relu

VUI

Muphti. Les Juifs fouettaient les apôtres pour les intimider; ceux-ci se rejouissaient de souffrir pour le nom d’Aïça; ils étaient loin de compte.

Cadi. Se réjouir des coups de fouet me paraît plus difficile que de se résigner à la mort.

Prêtre. C’est que plus tard les apôtres se sont réjouis de la mort même. Se résigner à la douleur, c’est l’expédient du sage; la supporter avec joie, le secret du chrétien. Celui-ci est le moyen de tirer le plus noble parti des épreuves de la vie; la résignation nous laisse inférieurs , égaux tout au plus à la peine; la joie nous rend supérieurs.

Dziri. Est-il nécessaire pour être chrétien de se réjouir des souffrances, comme ont fait les apôtres?

Prêtre. Non. Il suffit de tendre à les supporter avec patience, à l’imitation et avec l’aide de Jésus. Mais, correspondant aux grâces qu’il nous envoie d’en haut, on parvient insensiblement au degré de perfection dont vous me parlez, et au delà: Ou souffrir ou mourir , est la devise d’une héroïne chrétienne. A toutes les époques du christianisme, on a pu citer des milliers d’exemples de personnes

dont non-seulement les paroles, mais les actes, étaient conformes à cette devise.

Dziri. Pour moi, cette transformation de la nature est quelque chose de plus merveilleux que la résurrection des morts. De tout ce que le babas vient de nous raconter des apôtres, c’est ce qui me frappe le plus. Cependant, il faut en convenir, toutes ces guérisons opérées au nom d’Aïça jettent sur le témoignage de la résurrection un cachet d’évidence irrésistible.

Prêtre. Que serait-ce donc si le temps nous permettait de suivre les pas de chaque apôtre au travers des nations? Ce serait marcher de merveille en merveille, ce serait toucher du doigt et goûter du cœur l’accomplissement de ces paroles d’un prophète parlant des apôtres de Jésus :

« Qu’ils sont beaux les pieds de ces hommes apportant l’heureuse nouvelle de la paix et du bonheur 1 »

Secrétaire. Quant à moi, je ne vois que des impossibilités: impossibilité dans la résurrection d’Aïça, dans le sens que l’entendent les chrétiens; impossibilité dans tout ce qu’on raconte des apôtres. Parlez-moi du Coran, qui coupe court à tout en niant la mort du Fils de Marie !

Dziri. O fils de l’enclume ! le marteau de l’histoire vient de faire jaillir sur ta tète des gerbes de feu et de lumière, et tu n’as d’autre écho que ce froid tintement à renvoyer à nos oreilles!

A l’ ÉVANGILE.

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