‹ Passage du Coran a l'Evangile, faisant suite aux Soirees de Carthage, et a la Clef du CoranChapitre 24 sur 38 · DIALOGUE XV · texte numérisé non relu

DIALOGUE XV

Scjrt : L’imputation, de la part des Musulmans, que saint Paul et les Chrétiens de la primitive Église ont fait usage des armes pour propager l’Évangile , détruite par le rétablissement des faits. — Éloge des martyrs, d’après le Coran même. — L'Évangile propagé par ce qui aurait naturellement dû l’éteindre. — Le Capitole, le Panthéon , le Vatican, en rapport avec le Calvaire. — Parallèle entre les motifs du Chrétien et du Musulman pour dire, Je confesse . — Le c/<eÀef(confession de foi), familier à la bouche du musulman, n’a de sens que complété par l’Kvangile.

Secrétaire. Si Mahomet et ses disciples ont employé les armes pour asseoir l’islam , il n’appartient pas aux Chrétiens d’en faire la critique; c’est aussi par les armes que la religion de l’Évangile s’est établie.

Prêtre. Par les armes! Oui, vous avez raison; les armes ont répandu le sang de i’Homme-Dieu et de ses apôtres, vous l’avez vu, ainsi que celui de leurs successeurs et île leurs disciples, comme vous pourrez le voir si vous le désirez.

Secrétaire. Croyez-vous que nous ne sachions

pas comment les premiers Chrétiens, dès qu’ils eurent atteint le chiffre de sept cents, se sont armés à l’effet de grossir par contrainte le nombre des prosélytes; comment Paul, roi d’Israël, est tombé entre leurs mains; par quel stratagème il s’est tiré d’affaire et est devenu zélé propagandiste; comment il a inventé le dogme de la divinité d’Aïça , et a endoctriné Nestorius, Jacob et Melcon, patriarches des Nestoriens, des Jacobites et des Melchites?Nous connaissons tout cela (i).

(i)Voici les paroles de l’auteur arabe :«Les disciples d’Aïça, sur lui salut ! au nombre de sept cents, prirent les armes pour contraindre les Grecs à embrasser leur religion. Saul , plus tard appelé Paul, roi des Juifs, leur tomba dessus, et les chassa de la Syrie. S’étant ensuite travesti, il se promenait parmi les disciples d’Aïça. Il fut reconnu et arrêté. Alors Paul dit que, se voyant depuis peu privé de la vue, de l’ouïe et de l’usage de tous les sens , il avait fait vœu à Aïça d’inscrire son nom parmi ceux de ses disciples , s’il était délivré de tous ses maux ; que, se voyant maintenant complètement guéri, il était disposé, en accomplissement de son vœu, de passer le reste de sa vie dans la religion chrétienne. Le conseil des notables lit construire un oratoire au nouveau prosélyte. C’est là que Paul eut plusieurs visions relatives aux rites à établir dans la religion chrétienne. Dans la première, il lui fut révélé que les Chrétiens , qui se tournaient auparavant vers Jérusalem dans leurs prières, devaient se tourner vers l’Orient. Dans la deuxième, il fut averti d’abolir toute différence d’usage entre aliments et aliments. Dans la troisième , Paul vit certains mystères qu’il ne voulut communiquer qu’à uu petit nombre. Au moment d’en parler, il fit sortir de l’oratoire tout le inonde, excepté Nestorius, Jacob, Melcon, et Fidèle.

«Alors il dit être persuadé que Celui qui avait guéri les lépreux, les aveugles de naissance, et ressuscité les morts, était Dieu , descendu parmi les hommes. Un répondit qu’il était

Prêtre. 11 me semble rêver en vous entendant. C’est bien le produit de sa féconde imagination que le secrétaire vient de nous donner, n’est-ce pas ?

Secrétaire. Par la tète du Prophète, que la bénédiction et le salut de Dieu soient sur lui ! je n’ai fait que répéter en substance le récit de l’un de nos plus célèbres docteurs, Ahmet-Iben-Edris: que Dieu le voie avec complaisance !

Prêtre. Mais ce doit être pour rire que votre docteur parle ainsi. Une circonstance du récit suffit pour en faire ressortir le ridicule : .Nestorius et Jacob sont venus, le premier quatre cents, le second cinq cents ans après saint Paul. Comment auraient-ils pu se trouver dans l’oratoire du saint docteur ?

Vous dites que Paul était roi d’Israël. Avezvous donc oublié qu’à cette époque Israël n’avait plus de rois? Vous dites que Paul est l’inventeur

dans cette persuasion; un autre, qu’en Dieu étaient trois : Dieu, son Fils, et l'Esprit-Saint. Un troisième dit: Il n’y a que Dieu et le Fils. Le quatrième, qu’Aïça était Dieu incarné pour les hommes. F,t ainsi l’on demeura partagé en quatre opinions.

« Jacob affirma, d’après la parole de Paul, qu’Aïça était Dieu; et ce fut la doctrine de ses sectateurs, appelés Jaeobites. Nestorius dit : Aïça est le Fils de Dieu, adopté comme tel par faveur : telle fut la doctrine des Nestoriens. Melcon dit que Dieu consistait en trois personnes : doctrine des Melchites. Alors Fidèle se leva, et dit : Que Dieu maudisse celui-ci ! il ne cherche qu’à vous tromper. Nous aussi, nous avons été disciples du Christ , nous l'avons vu, et nous avons entendu ses paroles. Alors Paul se leva, et dit à ses associés : Combattons contre ce croyant , tuons-le ainsi que ses sectateurs, etc. ■»

A L’ÉVANGILE

du dogme de la divinité de Jésus. Mais vous avez vu fort au long dans l’Évangile que Jésus s’est déclaré Dieu ; vous avez entendu les apôtres répéter cet enseignement avant qu’il fût question de saint Paul. Ce qui n’est pas moins risible, ce sont toutes ces prouesses qui lui sont attribuées.

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