‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 12 sur 97 · MEET · texte numérisé non relu

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LA SUÈDE SOUS BERNADOTTE 45 sent presque immédiatement une autre, qui dépassait le pouvoir du roi de Suède et du prince royal. Charles- | Jean avait représenté à l'empereur les embarras financiers de la Suède, et Napoléon, pour obvier à cet état de choses, lui proposa d’enrôler des officiers, des matelots pour la flotte de Brest, et de prendre un régiment suédois à la solde de la France. Charles-Jean répondit que ka constitution du pays interdisait toute transaction de cette nature : nouveau grief du côté de l'empereur, nouveau sujet d'alarmes en Suède.

Tandis que les relations de ce royaume avec la France prenaient un caractère de plus en plus inquiétant, l'Angleterre, avee son adresse habituelle, ne tenait aucun

À compte de la déclaration de guerre qui lui avait été » adressée, et conservait à l'égard de la Suède une atti- Etude plus bienveillante qu'hostile. Elle semblait re-

connaître que la Suède, en s’associant au système con-

2 limental, n'avait fait que céder à la force, et, contente

l'écouler quelques-uns de ses produits vers la Baltique, trop habile pour irriter inutilement un peuple dont elle avait besoin, elle attendit patiemment loccasion de reprendre avec lui des rapports plus faciles et plus sûrs.

Cette conduite de l'Angleterre accrut encore les défiances de l'empereur. En même temps la Suède, comme pour être en état de soutenir sa déclaration de guerre, faisait des armements considérables. Ses préparatifs excitèrent dans l'esprit du ministre de France un soupçon qu'il exprima dans les termes les plus acerbes. Napoléon, comprenant lui-même que son en-

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voyé apportait trop d'ardeur et d'äpreté dans l'exercice de ses fonctions, le rappela de Stockholm et le nonm ministre en Danemark; mais, tout en accordant au en. binet de Stockholm cette satisfaction diplomatique, d'un autre côté on traitait rigoureusement la Suède. Des corsaires français et danois parcouraient la Baltique, poursuivant, attaquant, capturant les navires de Suëde qui attendaient leur chargement dans différents ports d'Allemagne. Les matelots qui montaient ces bâtiments furent incorporés de force dans la marine de France « envoyés à Brest, à Toulon, à Anvers. Le gouvernement suédois adressa de vives réclamations à Paris et ne fut point écouté. Les riches négociants du pays se plai gnirent hautement des rudes entraves imposées à leur commerce ; le pays entier éprouvait une gène extrême: la nation, animée jusque-à d'un si vif sentiment d’admiration et de sympathie pour la France, commençait à regarder si elle ne pourrait point chercher son point d'appui d'un autre côté, Cependant le roi et le prinec royal espéraient encore remédier par des moyens de temporisation à ce fatal état de choses; ils se maintenaient l’un et l’autre dans des idées de conciliation, autant par un sentiment de vieille amitié que par une réflexion de prudente politique. La France était si chère à ce vieux roi qui avait adopté toutes les prédilections de Gustave ÎT, si chère à ce prince royal qui venait de l quitter, et Napoléon semblait si fort! Un événement inattendu, décisif, les jeta tout à coup hors des bornes où ils espéraient pouvoir s'assurer une position paisible. Le 10 février 1812, on apprit à Stockholm que, dans

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