‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 33 sur 97 · Complété et réédité par M. Ristelhuber en · texte numérisé non relu

Complété et réédité par M. Ristelhuber en

cences ; M. Ernest Lehr, l’Alsace noble et le Patrici de Strasbourg; M. Véron Réville, son intéressante His. toire de la révolution dans le Haut-Rhin; M. L. Spach, son Recueil d'études, cinq volumes remplis de bi. graphies alsaciennes et de notices historiques, l'œuvre d’un esprit sagace et d’un écrivain consciencieux.

À l’Alsace nous devons encore les excellents cerits de M. G. Rothan, le sagace diplomate, le véridique historien ; à l'Alsace, les enseignements de M. Wir, l'illustre chimiste, les poésies de MM. Eschenauer. Fortin Judlin; les patriotiques souvenirs de M. Engel. hard ; les romans de MM. Erckmann et Chatrian.

Les Alsaciens s’honorent aussi et très justement d'inscrire parmi leurs illustrations littéraires les non de plusieurs femmes : Mme la baronne d’Oberkirel, dont les mémoires ont eu un très notable sucres: Mme Hommaire de Hell, qui a collaboré aux récits de voyages de son mari, et Mile Clarisse Bader, qui a « bien étudié et si bien décrit la condition de la femme à diverses époques et en divers pays'. Les savants reconnaissent la science de Mile RBader:; les moralistes, se saines idées; les écrivains, ses qualités de style. L'Ari démie l’a trois fois couronnée.

De tout temps les Alsaciennes se sont distingute par leur courage et leurs talents. Au ecmmenceme du douzième siècle, l’empereur Henri V, étant en guerre avec le elergé, vint avee ses troupes camper devai

1, La femme grecque, la femme romaine, la femme dans l'Inde antique, la femme française dans les temps modernes.

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nte His. À commandant du château étant soumis à l’envahisseur, . Spach, À à ville ne pouvait lui résister. Mais voilà qu'un de bio. À dimanche de Pâques le brutal commandant enlève l'œuvre À une jeune fille qui se rendait à l’église. La mère, au IX. désespoir, appelle les hommes à son secours, et ils ne ts écrits À l'écoutent pas. Elle s'adresse alors aux femmes. Au éridique A nom de leurs enfants elle les conjure de lui venir en . Würt, à de, elle les excite, elle les enflamme, et soudain les | henauer, À voilà qui, avec leurs ustensiles de ménage, des pelles, T. Engel. A des pioches, des gaules, montent au château, surn. prennent la garde sans défense, tuent le coupable gou-

ustement SE verneur, chassent la garnison. Cette étonnante victoire les nonx D arrache les hommes à leur torpeur. Ils prennent les berkireh, M irmes, s'avancent contre les Impériaux et les mettent succès: Den déroute. Henri, effrayé, s'enfuit jusqu'à Colmar, récits de abandonnant sa couronne et son sceptre. Depuis cette qui à SR ipoque, les femmes de Roufach ont la préséance dans

femme à butes les cérémonies publiques. A l’église leurs bancs

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istes, sis En ce même temps, sur l'Allitona, les religieuses

e. L'Ace lu cloître fondé par sainte Odile joignaient à leurs ne hu haercices de piété l'étude des lettres et des arts. qi

stinguée DS Libbesse Relindis, une parente de l’empereur Fréncement à liric I, faisait des vers latins et enseignait cette langue en guerr Mi là communauté.

er deviilf Une de ses élèves qui lui succéda dans ses fonctions le supérieure, Herrade de Landsperg, composa le célbre livre intitulé Hortus deliciarum et en peignit les imements.

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Dans un rapport adressé au ministre de lInstruction publique en 1838, M. Jubinal disait en parlant de cette œuvre d'art et de piété : « Les nombreuses miniatures de ce monument, qui représentent toute la vie ext. rieure de leur époque, sont de la plus haute importance pour l'histoire de la symbolique chrétienne, de la ju. noplie de larchitecture. Rapprochées de la tapisserie de Bayeux, elle éclaireraient plusieurs points encor obscurs de : :. ‘lagie du moyen âge. »

Ce trésor du 21 âge était à la bibliothèque te Strasbourg. Îl a péri en 1870 dans l’effroyable bon: bardement.

Et Sabine, la noble fille à E: vin de Steinbach! elle 1 bien mérité par ses œuvres d'art que son nom füt inscrit à côté de celui de l’immortel architecte dans h cathédrale de Strasbourg. La légende le dit, et quel est l’homme assez malheureux pour ne pas croire à h vérité des légendes ?

Une tradition populaire rapporte que chaque année. minuit, à la fête de la Saint-Jean, tous ceux qui ont tra vaillé à la construction de cette merveilleuse cathédrale sortent de leur tombe et se réunissent autour de leur monument.

A leur tête apparaissent le vaillant Erwin, et son fils qui fut son fidèle auxiliaire, et Jean Halz qui construisit la flèche du dôme, et la belle Sabine, que l'imagination du peuple se plaît à idéaliser. Elle s’avance, la noble artiste, vêtue d’une longue robe blanche, tenant d'une main le marteau et de l’autre le ciseau avec lesquels elle a seulpté tant d'imposantes figures de l'Ancien «|

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du Nouveau Testament : la figure symbolique de l'Église chrétienne, Salomon et les apôtres, et l’Assomption de la Vierge.

Tous les braves ouvriers s’inclinent avec respect desant elle. Tous se reconnaissent et se saluent avec affection. Tous vont visiter les diverses parties de l'édifice auquel ils ont travaillé avec ardeur. Ils entrent dans le sanctuaire, ils pénètrent dans les chapelles, ils gravissent l'escalier de la plate-forme et les tourelles qui la surmontent. Ils se rappellent avec une pieuse émotion le temps où ils taillaient ces pierres, où ils dressaient ces hautes colonnes, où ils arrondissaient ces arceaux, où ils découpaient le feuillage, les chapiteaux et sculptaient «es innombrables statues de saints, de martyrs, de patriarches. Les étoiles qui brillent au ciel, les feux allumés en l'honneur de la Saint-Jean les éclairent dans leur marche et illuminent leur monument. Ils se réjouissent d’avoir fait un si bel emploi de leur vie et de voir leur grande œuvre si bien conservée. Puis l'heure sonne où ils doivent rentrer dans le silence de leur sépulture. Ils se saluent de nouveau et se quittent en se disant : «& À l’année prochaine, à la fête de la Saint- Jean ».

La plupart des livres que nous avons cités ont paru en 1870. Depuis cette année lamentable, l'Alsace, dans son assujettissement à la Prusse, n’a cessé de manifester par ses publications son attachement à la France” et à h langue française.

Les héritiers d’une très aimée et très honorée maison, \M. Berger-Levrault, qui, après la guerre, ont trans-

porté de Strasbourg à Nancy leur imprimerie et leur librairie, ajoutent chaque année quelques nouveanx livres à leur catalogue d’A/satica. Ils se souviennent des généreux enseignements de leur père et ils ont fondé avec M. Seinguerlet une revue mensuelle pour défendre les intérêts de l'Alsace et de la Lorraine.

À Strasbourg, en 1880 la librairie Haguenau a com. mencé avec M. Le Roy de Sainte-Croix deux collections, qui, Je l'espère, seront heureusement continuées. Dans la première nous trouvons deux intéressants ouvrages : les Quatre cardinaux de Rohan, évêques de Strasbourg, et l'Alsace en fête; dans la seconde, plusieurs jolis volumes : les Anniversaires glorieux de l'Alsace, les Dames d'Alsace.

A Colmar, à Mulhouse, M. Ch. Grad, l’aimable écerivain, l’éloquent orateur, le courageux représentant d'Al sace au Reichstag, a publié depuis quelques années plusieurs importantes notices. Il a écrit pour l'édification des Allemands son Heimaths-Kunde!. Il refait en français la description de son cher pays”. Elle sera lue avec empressement par ceux qui connaissent ses excellents ouvrages sur le Spitzherg, l'Australie et la Polynésie.

À Paris, M. Maisonneuve vient d'ajouter à sa collection de contes traditionnels® deux jolis volumes :

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