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A TRAVERS LE CANADA 241 des palissades en bois, et quelques-unes n'ont pas la moindre apparence de rempart.
Pendant un siècle les successeurs des associés du prince Rupert s'enrichirent aisément, Dans chacun de leurs districts ils mettaient en mouvement tous les Indiens et acquéraient à peu de frais les fourrures prédeuses : martres et loutres, hermines et renards bleus, lnx et castors, ours et bisons.
Mais en 1785 ils virent s'élever devant eux une htale concurrence : la Compagnie du Nord-Ouest, composée en grande partie de Canadiens.
Heureux événement pour les pauvres Indiens, obligés jusque-là de subir les rigueurs du monopole : ils se virent recherchés par les deux compagnies. Elles se disputient leurs fourrures et leur en donnaient un bon prix. Elles ajoutaient mème à leur libéralité la liqueur magique : le rhum. Leurs agents se disputaient à main armée ks terrains de chasse et de pêche, et plus d’une fois des collisions sanglantes éclatèrent dans des forèts où l'on n'avait à craindre ni juges ni gendarmes.
Après de longues hostilités, les deux rivales finirent par comprendre que, dans leur intérêt, elles feraient meux de s'unir, et d’un commun accord la Compagnie du Nord-Ouest se fondit dans celle d'Hudson.
En 1867 la puissante compagnie du dix-septième siècle abandonna au Dominion, pour la somme de 1900000 francs, son immense territoire. En mème lemps son monopole fut aboli.
Elle n’en continua pas moins ses fructueuses opérations, Selon la loi actuelle, dans toute l'étendue du Do-
minion, le commerce des fourrures est libre, En réalité, . cap la Compagnie d'Hudson en a encore les principaux sin bénéfices. Elle régit comme par le passé son ancien em. À pen pire. Et quel empire! Du Paulina, sur la rivière Rouge, 4 pou
au fort Anderson, sur le Mackenzie, il y a aussi loin que OL. de Londres à Moscou. De Kingport au Bellvbanks il (
a une plus grande distance que de Paris à Samarcande, éd et la compagnie règne sur cet espace. Elle nourrit, elle er habille les neuf dixièmes de ses sujets. I n'y a pas à la peu surface du globe un lieu plus sauvage que le terrain tro où est construit le fort de la Providence. Cependant le Mal, fusil avec lequel l'Indien de ce district tue l'élan ou le ene bœuf musqué à été forgé à Londres: la couverture dont défe il se revêt a été tissée à Witney; son couteau vient de seul Sheffield ; son collier de grains, de Birmingham". spé
Quelle que soit leur forme de structure, les bâtiments peur que l’on appelle Les forts de la baie d'Hudson, grands l'eni et petits, sont des établissements de commerce. Là sont à L dans chaque district lentrepôt des fourrures qui se- | ET ront transportées en Angleterre, et entrepôt des mar- de | chandises que lon donnera à l’Indien en échange de des l'animal qu'il a patiemment élevé, ou des pelletertes rive qu'il a conquises par son courage et son adresse. L séte
Ni or, ni argent, ni billets de banque, n'apparaissent la ( dans ces transactions. Comme le cowrie dans certaines À qu contrées de l’Afrique, comme autrefois le vadmel en E Islande, la peau représente ici la valeur monétaire. Par dan: exemple, -n cheval est estimé soixante peaux. Pour ce de