R. Ballantyne, Hudson's bay, p
Là, de loin en loin, s'élévent sur cette terre désert, comme des flots sur l'Océan, les maisons de la com. pagnie. Là le voyageur épuisé de fatigue, affamé, glacé, trouve un refuge, un foyer, puis ce qui lui sera néces. saire pour se remettre en route : des bateliers, des guides, des chevaux et une bonne quantité de provisions, car il fera peut-être 80 ou 100 lieues avant de retrouver une autre habitation humaine. La meilleure des pro. visions est le pemmican, fait avec la chair de bison coupée par tranches, séchée, broyée, imprégnée de graisse fondue et comprimée dans un sac de cuir, là plupart des Indiens mangent toute crue cette masse compacte, les raffinés la font euire. Grue ou cuite, elle ne tenterait guère un Brillat-Savarin!, Mais c'est une chose solide que ni la chaleur ni l'humidité ne détériore. C’est, en un très petit volume, un aliment très substantiel. Deux livres de pemmican suffisent pour rassasier huit personnes”?.
Par malheur, pour faire le pemmican il faut abattre beaucoup de bisons. Pour satisfaire aux besoins du moment, on dévaste l'avenir.
Il y a des peuplades dont la vie est liée à celle d'une plante où d'un animal : dans les îles de l'Océanie, à l'arbre à pain; dans le Sahara, à la fécondation des dattiers; sur les rives de la Kolyma, en Sibérie, au passage des harengs; dans le Groenland, au phoque; en
4. Le pemmican préparé en Angleterre pour les expéditions arctiques a plus de saveur, Il est fait avec les meilleurs morceaux de bœuf, des raisins de Corinthe et du sucre,