‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 72 sur 97 · Ocean to Ocean, p · texte numérisé non relu

Ocean to Ocean, p

erre déserte, ; de la CO famé, ulace, i sera néces ateliers, des C provisions, de retrouver 1e des pro: ir de bison iprégnée de de cuir, La cette masse e Où cuile, . Mais c'est iumidité ne un aliment

iffisent pour

faut abattre besoins du

celle d'une Océanie, à adation des rie, au pasvhoque: en

tions arctiques de bœuf, des

Laponie, au renne; dans les prairies incultes de l'Amérique du Nord-Ouest, au bison.

Autrefois, entre les montagnes Rocheuses, le Mississpi, les forêts du Texas et la rivière de Saskatchewan, paissaient des troupes innombrables de bisons. L'Indien nu. “renait que ce qui lui était absolument nécesane. L'Européen est venu, qui, pour le plaisir de chasser et de tuer, pour montrer sa prestesse de cavalier et son habileté de tireur, à fait d’effroyables ravages dans ces bandes paisibles. Puis les industriels ont appris à faire un emploi lucratif de la peau et des cornes de bison; puis les trappeurs et les voyageurs ont reconnu l'extrême utilité du pemmican, si nutritif, si facile à transporter, et les nobles animaux sont maintenant de bout côté pourchassés avec une féroce cupidité, attirés das des pièges, rassemblés dans des palissades où on

orge par milliers, Is se retirent de plus en plus vers 16 Nord, et d'année en année leur nombre diminue, On peut prévoir le jour où ils disparaitront,.

Les Peaux-Rouges ont été aussi, par l'invasion de la race blanche, graduellement refoulés dans les sombres parages du Nord et vers les montagnes du soleil couchant.

« Pauvres Indiens, dit M. Butler avec un généreux sentiment de commisération, en lisant les livres de l'ancien temps si poétiquement remémorés par Longfellow, nous y trouvons des noms de tribus indiennes qui jadis ont tenu des conseils, ont fait la guerre et la paix, et dont il ne reste plus maintenant aucune trace. D'autres ont donné leur nom à des lacs, à des rivières :

Erié, Huron, Ottawa, Seneca, Cayuga. Mais, depuis le jour où l’Européen découvrit le continent occidental et y fut si bien accueilli par les Peaux-Rouges, jamais ces nomades enfants de la nature n'ont été accablés comme ils le sont maintenant. Ce n’est plus contre les pion. niers de France, d'Angleterre, d'Espagne, qu'ils ont à lutter : le monde entier est liguë contre eux. De ter ribles actes de rapacité et de cruauté ont été commis dans ces régions de l'Occident. Plus lamentables encore sont ceux qui s’'accomplissent en cette glorieuse civil. sation du dix-neuvième siècle. Si, le long de la frontière américaine, depuis le golfe du Mexique jusqu'aux possessions anglaises, un Indien se rend coupable d'un meurtre; s’il enlève à un colon un cheval ou un bœuf, le crime est aussitôt signalé dans tous les journaux des États-Unis. Mais les vols innombrables, les meurtres féroces accomplis par les sauvages blanes, on n'en parle point. Le pauvre Peau-Rouge n'a pas de télégraphe pour raconter ses misères et ses douleurs.

S'il voulait se soumettre comme l’Africain et l'Asiatique, s'il voulait être notre esclave, on le laisserait vivre. Mais paree qu'il ne veut point bâtir, planter pour nous, parce qu'il persiste à vivre de sa vie de pêcheur et de chasseur, à errer dans Îles belles prairies que le Grand-Esprit lui a données, parce qu'il a cette noble qualité que nous affectons de vénérer dans nos assemblées, parce qu'il veut être libre, nous le tuons. Oui, depuis le nord du Texas jusqu'à la plus lointaine montagne du Nord, tuer l’Indien, c'est la solution de la difficulté indienne.

nl

IS, depuis {e Decidental et , Jamais ces ablés comme re les Plon.

qu'ils ont à eux, De toy.

été commis ables encore ‘1euse civil.

de la lrone jusqu'aux upable d'un u un bœuf Juinaux des

S meurtres S, ON nel

télégraphe

net l'Ain.

e laisserait lanter pour le pêcheur les que le ‘ette noble 10$ assemn- 1ons, Oui, aine monde la dif.

«€ La peuplade des Cris est peut-être la seule qui n'ait pas souffert de l'injustice des blancs. Elle possède encore ses prairies et ses terrains de chasse. Mais ses

jours sont comptés, et déjà, au fond de sa solitude, elle

peut entendre le roulement des flots de la prochaine immigration.

«be l'Atlantique au Pacifique, c'est partout la même histoire. D'abord l'homme blane, l'hôte honoré, puis l'avide chasseur vendant l’eau-de-vie, le poison, puis le colon, l'exterminateur'. »

Ces enfants de la nature étaient pourtant très belliqueux, très fiers de leur courage, et souvent très cruels dans leurs victoires, mais d'une patience à toute preuve dans leurs souffrances, d’une bonté et d’un dévouement sans bornes pour leurs parents et leurs amis.

Avant l’arrivée des Européens, ils avaient peu de besoins; ils n'avaient point trempé leurs lèvres à cette terrible liqueur qu'ils appellent l'eau de feu, qur les dévore; ils ne connaissaient pointe verroteries et ces quincailleries pour lesquelles ils vendent, comme Ésaü pour un plat de lentilles, leur droit d’ainesse.

Simple était leur vie, simple aussi leur idée d’un autre monde : ils pensaient qu'après leur mort ils aient revivre dans de belles et vastes prairies, où 1ls auraient toujours une douce température et des chasses et des pèches faciles et abondantes*.

À. The great lone Land, p. 240.

2. Jacques Cartier, Seconde navigation, ch, x: Nicolas Perrot, Me. moire sur les mœurs, coutumes et religion des saurages, eh. 1x.

À présent, ces pauvres déshérités conduisent souvent l’étranger, de forêt en forêt, dans le domaine de leurs aïeux. Ce sont des guides très doux et très fidèles.

Meilleur encore est le méêtis. À l’agilité et à Pinstinet des Peaux-Rouges il joint la force musculaire et la per. sévérance de la race européenne. Quelle que soit nourriture, souvent même en pleine disette, on le verra pénétrer comme le trappeur dans les bois, fraver avec ses patins un sentier sur la neige, suivre tout un jour le pas rapide de ses chiens attelés au traineau. |l est aussi très bon batelier: il rame d'un bras vigoureux, et quand il arrive à un rapide, 11 prend tranquillement son canot sur ses épaules, le transporte par terre de l’autre côté de la cascade, puis le remet à Peau.

Il fabrique très habilement ces légères embarcations avec des écorces de bouleau; ici, comme dans les contrées septentrionales de l'Europe, le bouleau est d’une grande utilité. Au sièele dernier, M. Hearne trouvait au Nord des Indiens qui, n'ayant aucun ustensile en fer, euisaient leur quartier d’élan ou de bison dans des vares en écorce de bouleau. Et comment? La pièce de viande était mise au fond du vase, les Indiens la faisaient bouillir en jetant à diverses reprises dans Peau qui la recouvrait des pierres rougies au feu’.

Le bouillon ainsi préparé n'était pas, il faut le dire, très clair, et le morceau de venaison pouvait bien être criblé de petits cailloux. Mais les bonnes gens n'y regardaient pas de si près. On les eût bien étonnés en

Page 1