‹ Passé et présent [microforme]Chapitre 90 sur 97 · Chapitre xxxt · texte numérisé non relu

Chapitre xxxt

. Livre IT, chapitre 1v.

. L. Bridel, professeur de langues orientales, p. xvn et xxxvu.

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\ TRAVERS L'ARCINPEL INDIEN 200

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Heureux linvestigateur, l'inquisitive traveller, dit Merne, qui peut aller au loin constater le caractère réel de ces découvertes, et y en ajouter de nouvelles,

M. Alfred Wallon est un de ces heureux. I a eu le bonheur d'explorer FAmazone et le rio Negro, ces deux magnifiques fleuves de l'Amérique du Sud, et pendant huit années successives il a parcouru, étudié l'archipel Indien si vaste, si peu connu, si curieux par sa botanique, par sa zoologie, et en premier lieu par sa formation.

Pour opérer quelque modification à la surface de notre planète, pour transpercer une montagne, pour réunir deux mers par un canal, il faut que l’homme hsse de longs et rudes efforts. Des sommes incaleulables seront employées à ce travail, et des milliers de manœuvres y périront, Mais un mouvement du Titan enseveli dans les cavités de notre globe, une éruption volcanique, un tremblement de terre transforment en un instant mers et montagnes. Des iles nouvelles apparaissent tout à coup sur les vagues de l'Océan: des Atlanlides disparaissent dans ses profondeurs, des dunes sécroulent, des continents se déchirent.

Ainsi ont été faites les découpures de l'archipel In-

dien, Jadis une partie de ces iles étaient liées au continent asiatique, l'autre à l'Australie.

€ Maintenant, dit M. Jurien de la Gravivre, notre savant marin, la surface de cet archipel est quatre fois ‘ussi grande que celle de la France.

300 l'ASSÉ ET PRÉSENT

« L'Espagne et la Hollande se sont partagé ce magui. fique domaine. Leurs prétentions ont à peu près réussi à en exclure les autres puissances, Au delà de la Ligne, du détroit de Singapour à la Nouvelle-Guinée, se déve. loppent sur un double rang et sur un espace de x cents lieues de l’est à l'ouest les colonies néerlandaises. Au nord de l'Équateur, du 7° au 20° degré de latitude, le groupe des Philippines reconnait li domination es. pagnole. 1 n'existe entre les possessions européennes qu'une zone peu considérable dont les rivalités de la Hollande et de l'Espagne, mieux encore que la résistance des indigènes, avaient jusqu'ici protégé l'indé. pendance et que l'Angleterre s'est empressée de choisir pour le théâtre de ses envahissements", »

Les Anglais, qui se sont établis au nord de Bornéo, à Savarak, en faisant une terrible guerre aux pirates malais, aspirent naturellement à agrandir leurs possessions dans cette contrée sans pareille : l'image des jardins d'Armide, dit un voyageur: le paradis terrestre, dit un autre”, et M. de Beauvoir, en entrant dans h capitale de Java, s'écrie avee enthousiasme : € À vrai dire, à Batavia il n'y a pas de rues : il n’y à que de majestueuses allées ombragées par les arbres les plus beaux et les plus touffus qui encadrent de longs ct vastes berceaux comme nous n'en voyons en Europe que dans les décors d'opéra. Les rayons ardents d'un soleil impitoyable ne pénètrent que par intervalles dans

1. Voyage dans les mers de Chine, t. Il, p, 2. 2, L. de Backer, l'Archipel Indien, p. 3.

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cette ombre, tandis qu'ils dorent de reflets merveilleux tout ce qui la forme : ce sont les panaches multiples des cocotiers, les branches élancées des flambovants, qui sont tout fleurs et fleurs écarlates, les bananiers aux feuilles vertes de grandeur humaine, les arbres à coton chargés de flocons blanes comme neige: les palmiers du voyageur, éventails colossaux d'une élégance inoute dont on fait jaillir un filet d'eau laiteuse dès qu'on enfonce sa canne dans leur tronc; enfin, les banyans immenses dont il tombe des milliers de Hianes verticales qui touchent terre, prennent racines, puis remontent jusqu'au sommet de l'arbre pour s'v marier en guirlandes noueuses et retomber encore, Un seul de ces arbres forme comme un bois tout entier entouré d'un rideau, d'un filet de feuilles et de fleurs entrelacées, au travers duquel, en écartant des mains cent lanes balancées par le vent, des enfants, en costume d'archanges, regardent glisser sur Feau du canat les pirogues et les nageurs'. »

M. Wallon à été de Singapour à Java, à Sumatra, dans les Célèbes, aux Moluques, à la Nouvelle-Guinée, dans les petites îles disséminées de côté et d'autre, au sud et au nord de l'Équateur, partout enfin, partout poursuivant avec ardeur ses recherches, augmentant ses collections de naturaliste, et çà et là trouvant des animaux qui n'existent point en une autre région : l'orang-outang, l'oiseau de paradis, le grand ornithoptère aux ailes vertes, le roi des papillons.

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