L'ADIEU
Vois,
Écoute :
Sur la route
Déjà des voix,
Et le feu qui brille ;
Déjà, l'éveil du bois ;
Et des chants sous la charmille !
Il faut partir!... il le faut bien!...
Si du moins, nous pouvions, mon chef ange,
Si nous pouvions crier au jour qui vient :
Ne venez pas I ne venez pas ! . . . Hélas ! rien,
Puisque voilà déjà l'aube claire!... Tout change!...
Tout change et tu souris! et tu veux prendre essor, cher petit oiseau dont la cage est mon âme !
Devant l'aube jalouse ouvrant ses grands yeux d'or Ton cœur s'anime, ainsi que l'Orient s'enflamme !
Tout raille mon amour en fêtant ton départ !
Sur la nature tout à coup réveillée
Le grand soleil épand son œil hagard !
Des chansons montent de la feuillée ;
Et le ciel blanc redevient bleu !
Tandis qu'une larme effleure
Mes yeux, au mot d'adieu ;
Tu regardes l'heure
Etsouris..î toi!...
Or, pourquoi
Je pleure,
Moi?
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