LE CELLULE
Pour comprendre le rôle que jouent les diathèses dans l'évolution des maladies, nous devons maintenant étudier ce qui constitue l'état de santé chez l'homme et ce que l'on entend par le mot maladie. 11 est nécessaire, avant tout, de nous rendre compte de la façon dont fonctionnent les cellules.
En effet, l'organisme est une république d'éléments individuels, les cellules; celles-ci sont douées d'une vie propre dont la collectivité constitue la vie de l'être tout entier.
Les cellules se rencontrent à la base de tous les tissus du corps humain. Ce sont les cellules dont l’ensemble forme les tissus, les organes. Toute l’activité du corps est le résultat de l'activité des celluies qui le composent.
La cellule contient du protoplasma, (substance vivante) ; elle a quelquefois une membrane d'enveloppe. Ce protoplasma est formé d'une substance demi-fluide, souvent granuleuse, qui est autour d'une partie plus dense, le noyau. Quelle est la composition de la cellule, et comment vit-elle ?
La physique nous apprend que la matière est com- Josée de petites parcelles invisibles, les molécules.
En étudiant les propriétés chimiques de la matière, mn apprend que les molécules sont formées d'atomes en- ‘ore plus petits.
Les atomes s'unissent pour donner les molécules selon les lois de l’affinité chimique. Les molécules sont agrégées les unes aux autres par la cohésion.
Ainsi un atome d'oxygène et deux atomes d'hydrogène se combinent Par affinité chimique, pour donner une molécule d’eau, H2O. Les molécules d'eau sont réunies par la cohésion, ce qui donne l'eau que nous voyons.
La force de l’affinité chimique varie beaucoup. Quelquefois, dans quelques substances, les molécules sont difficiles à décomposer en atomes ; on est alors en présence de substances stables. Au contraire, lorsque les molécules sont facilement décomposées en atomes, on est n présence de substances instables.
Le protoplasma qui compose la cellule est une substance très instable. Sa molécule est composée d’atomes de carbone, d'hydrogène, d'azote, d'oxygène, de soufre ; Sa structure est très complexe et elle se décompose facilement en atomes.
Les phénomènes vitaux présentés par le protoplasma sont dus, en grande partie, aux réactions chimiques des atomes composant ses molécules, et ces phénomènes sont rendus possibles grâce à l'instabilité de ces molécules.
Pendant la vie des cellules, le protoplasma éprouve des changements constants.
10 En contact avec l'oxygène, il l'absorbe et se combine avec lui ; alors le protoplasma est brülé ou oxydé, et le résultat de cette combustion donne la chaleur et les autres espèces d'énergie fournies par les cellules. I] se forme en même temps de l'acide carbonique comme dans toutes les combustions.
20 Le protoplasma Peut absorber et incorporer certaines substances non vivantes (nourriture). C’est ainsi
que le piotoplasma peut s'accroitre en quantité, la cellule, donc, peut augmenter en dimension. Si le protoplasma, c'est-à-dire la cellule, n'’augmente pas constamment, c'est qu'une partie de sa substance est consumée par oxydation. Comme dans toute combustion il se produit des déchets, ces déchets doivent être illiminés par la cellule. Cette élimination se fait en même temps que l'assimilation se produit. Il y a donc dans chaque cellule des échanges coustants, certaines substances entrant dans la cellule, certaines autres en sortant.
Les changements chimiques qui se produisent dans le protoplasma sont augmentés par la chaleur, l’électricité, certains médicamnets ou corps chimiques.
30 Le changement physique le plus facile à voir dans le protoplasma est le mouvement amæboïde. Ce mouvement amæboïde des cellules est bien mis en évidence dans le phénomène de la phagocytose, dans lequel les cellules s'emparent des microbes, les incorporent et les font dis- Paraitre par un procédé de digestion intracellulaire. Pour livrer cette bataille, les leucocytes ou globules blancs du Sang sortent des vaisseaux et se dirigent vers la région malade; ils sont incités à quitter les vaisseaux par les produits microbiens et les déchets cellulaires, qui possèdent la propriété de les attirer.
En résumé, la celluie assimile et augmente de volume, elle se répare et fournit de l'énergie. Pendant tout ce temps elle fabrique des dé ñets. Elle augmente, elle se meut, elle se reproduit. Donc elle vit, elle est la base de la vie.
Pour avoir ainsi localisée la vie, savons-nous mieux ce qu'elle est? Non, sans doute. Rien ne nous apprend pourquoi telle propriété physiologique résulte de telle ou
celle texture de cellules, de telle ou telle constitution de milieu. Les relations de causalité sont étrangères à la science expérimentale, Le mystère de la vie n'en existe pas moins. Dans les sciences, dit une parole profonde de l'abbé Haüy : “Les choses sont censées être telles qu'elles se présentent à nos observations.”
Le mystère plane toujours au-dessus de notre entendement.
Tous les tissus du Corps sont formés de cellules, comment ces cellules se nourrissent-elles ? Partout, dans tout le corps, il existe de petits vaisseaux sanguins, les capillaires. Le sang est amené dans les capillaires par les artères, et il retourne au coeur et au poumon par les veines. Les capillaires forment un réseau dans toutes les parties du corps. Les mailles de ce réseau sont remplies par les cellules constituant les différents tissus. Entre les parois Sans Couleur, appelé lymphe. Les cellules baignent dans des capillaires et les cellules des tissus existe un liquide, ce liquide.
Certaines substances contenues dans le sang passent à travers les parois des capillaires et vont dans cette lymphe, et certaines substances qui se trouvent dans cette lymphe passent à travers les parois des capillaires et vont dans le sang. C'est un échange continuel.
Grâce à la présence de la lymphe, il se produit donc un double échange, d'abord entre le sang des capillaires et la lymphe, et ensuite entre la lymphe et les cellules des tissus. Donc, pendant toute la vie il y a échange entre le sang et les cellules des tissus. Ce liquide, passant du sang dans les tissus, apporte les aliments nécessaires à la formation des cellules et à la production du travail qu'elles doivent donner. Ce même liquide passant des tissus dans
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le sang, emporte les produits, les déchets fabriqués par les cellules qui composent les tissus.
Parmi ces produits quelques-uns doivent être rejetés le plus vite possible (urée), d'autres peuvent servir à la nutrition d'autres cellules (matière glycogène). Les tissus, grâce à l'intermédiaire de la lymphe, vivent dans le sang. Le sang est un milieu intérieur, jouant, à l'intérieur du corps, un rôle analogue, vis-à-vis des tissus. à celui que le monde, milieu extérieur, Joue vis-à-vis du corps tout entier.
De même que le corps tout entier vit dans l'air qui :st autour de lui, trouvant dans cet air la nourriture dont il a besoin et qui est à sa portée: de même les tissus vivent en contact du liquide, dans lequel ils baignent, et qui joue, vis-à-vis d'eux, le rôle de l'air et des aliments visà-vis du corps tout entier.
Sang. — Le sang se compose d'un liquide clair dans lequel nagent des cellules. Le liquide, c'est le sérum, les
cellules sont les corpuscules du sang.
Les corpuscules sont de deux sortes, les rouges et les blancs. Les globules rouges sont au nombre de 5:000,000 environ dans le corps humain, tandis que l’on ne compte que 10,000 globules blancs. Il y a en général un globule blanc pour 1,000 globules rouges, quelquefois la proportion peut être de un globule blanc pour 250 globules rouges.
Le globule rouge mesure 8 millièmes de millimètre. il est flexible et élastique. 11 possède une enveloppe incolore qui contient un liquide coloré dans lequel se trouve une substance cristallisable, l'hémoglobine. L'hémoglobine fixe l'oxygène ; ce phénomène se passe dans les poumons, où l'air est amené par la respiration. Cet oxygène,
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fixé sur l'hémoglobine, est ensuite emporté dans les capillaires, dans lesquels arrive le sang. Les cellules des tissus, ui sont avides d'oxygène, s'en emparent et cèdent à la | place l'acide carbonique qu'elles viennent de produire. Ce phénomène se produit constamment. Les corpuscules rouges retournent au poumon, chargés d'acide carbonique, qu'ils abandonnent en se rechargeant d'oxygène.
Le globule blanc du Sang, ou leucocyte, mesure dix
millièmes de millimètre. C'est le type de la cellule libre. Il contient du protoplasma, un noyau, pas de membrane, Il a des mouvements Spontanés amæboïdes, c'est-à-dire que lorsqu'il se trouve en face d'un corps étranger, par exemple, il l'entoure et l'absorbe. Il s'échappe au dehors des vaisseaux grâce à ses mouvements amæboïdes. Quelquefois un grand nombre de ces globules blancs passent dans le lymphe et dans les tissus. Ceci se produit au moment où a lieu le phénomène de l'inflammation.
Lorsque cette émigration s'est produite, ces globules blancs peuvent quelquefois retourner dans les capillaires d'où ils sortent. D'autres fois, après avoir englobé des microbes, ils sont tués par les poisons secrétés par ces mi-
crobes et restent sur place en devenant jes globules du pus.
Le sérum est un liquide clair jaunâtre. I] contient en Suspension des matières albuminoïdes, des graisses, des sels, etc., de l'urée, de l'acide lactique, du sucre, etc. Le sang représente 1-13 du poids du Corps. Sa composition chimique varie dans les différents tissus et dans les
différentes parties du COrps ; maïs la masse du sang a toujours, à peu près, la même composition.
Le sérum est surtout destiné à transporter la nourriture aux tissus et à enlever les déchets fabriqués par les cellules. L'allumine qu'il contient sert à la nutrition des cellules du corps. Les corpuscules rouges transportent l'oxygène destiné aux combustions, à l'oxydation qui se
produit dans les cellules.
Les corpuscules blancs sont les balayeurs du corps : ils jouent un role important dans la lutte contre les maladies.
Puisque les tissus vivent dans le sang dans lequel ils baignent, nous comprenons la gravite des maladies, qui enlèvent au sang des principes nécessaires. Lorsque le rein, par exemple, est malade et laisse passer de l'albumine dans l'urine, il y a diminution de la matière alimentaire dans le sang. Lorsque, par suite d'une hémorragie abondante, le nombre des globules rouges diminue par trop, il n'arrive plus assez d'oxygène dans les tissus. Lorsque, dans le choléra, la diarrhée enlève trop d'eau au sang, les cellules ne trouvent plus assez d'eau à leur disposition dans le milieu intérieur, c'est-à-dire dans la lym-
phe qui les baigne.
De plus, il est nécessaire aue l'organisme humain se débarrasse de ses déchets, car l'acide carbonique, l'urée, etc. peuvent empoisonner le sang en s'accumulant dans ce liquide. Toutes ces considérations nous expliquent certaines pratiques employées en thérapeutique. Pourquoi fait-on, par exemple, dans certaines circonstances, des injections de sérum artificiel, c'est-à-dire d'eau salée ? En injectant 500 grammes de cette eau salée, on dilue le sang, donc on diminue la proportion relative des poisons qui
peuvent s’y trouver. On augmente la pression dans les
vaisseaux; donc, le rein, qui agit comme un véritable filtre, laissera passer les poisons en plus grande quantité. Par cette augmentation d'eau, on favorise la production de la sueur, et par la sueur s'élimine aussi une certaine quantité de poisons. Par la saignée on agit d'une façon analogue. En enlevant du sang, on diminue la quantité
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de poisons qui s'y trouvent contenus.
Maintenant que nous savons comment fonctionnent les cellules, voyons ce qui produit l'état de santé et l'état de maladie du corps humain.
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