DU CAP ESPIRITU SANTO AU CAP ORANGE. — MOUIL
LAGES DE LA POINTE SAINTE- CATHERINE, DE LA BAIE LO- MAS ET SPITEFUL. — BOUÉE DU BANC LOMAS. — MARÉES.
— Sans le mouillage Spiteful, dont l'emploi peut être utile, la côte méridionale de l'entrée ne serait pour ainsi dire pas pratiquée. En effet, la plupart des bâtiments arrivent du Nord; ils rallient de préférence la côte septentrionale, sur laquelle les points de reconnaissance sont beaucoup mieux accentués. Cependant les navires venant des Malouines commercer avec Punta Arenas, les croiseurs, en temps de guerre, ou bien encore les bâtiments désemparés, peuvent avoir besoin de renseignements sur cette région déserte.
Le cap Espiritu Santo, qui la limite à l'Est, est une falaise blanche, escarpée, d'environ 60 mètres de hauteur. H termine, du côté du large, une longue chaîne de collines, dont l'élévation varie de 60 à 280 mètres, et qui s'étend en arc de cercle, depuis l'entrée jusqu'à la pointe Boqueron, dans le Famine reach. La carte N° 877 figure très bien cette série de petites hauteurs dont le pic Gap est le point culminant, tandis que la carte N° 2869 donne la vue d'Espiritu Santo.
Pour un navire arrivant du Nord, et déjà en dedans de Dungeness, le cap apparaît bien comme formant un promontoire, mais il n'en est pas de même pour celui qui vient de l'Est. On voit des terres à droite et à gauche, mais néanmoins on reconnaît aisément le cap à ce qu'il forme la partie la plus élevée d'une ligne de falaises blanches, pour ainsi dire festonnées, tant on y trouve de découpures paraissant creusées à la mine. En contournant le cap, on se souviendra que la laisse de basse mer est de 1 mille dans sa partie Est et de 1 mille ~ dans sa partie Nord : on aura donc soin de ne pas passer trop près des falaises.
A partir du cap, la terre va toujours en s'abaissant jusqu'à la pointe Sainte-Catherine, qui en est à 10 milles dans le N. âO" 0. Cette pointe est formée par un épi de galets semblable à, celui de Dungeness. Lorsqu'on évaluera la dislance à laquelle on en passe, on aura grand soin de tenir compte du complet changement d'aspect que produit sur les pointes basses une différence de 12 mètres entre la haute et la basse mer.
mouillages. — Entre le cap et la pointe on peut mouiller à peu près partout avec bon abri contre les vents de l'Ouest au Sud. La carte N° 2869 porte une ancre de laquelle on relève le cap au S. 10° O., la pointe au N. 62° O. On y est par 25 mètres. De plus deux bâtiments qui ont essuyé de forts coups de vent, mouillés devant cette partie de la côte, ont recommandé les deux points où ils étaient. Pour tous les deux, le cap Espiritu Santo se relevait au S. 30° E.; pour le plus grand, la pointe Sainte-Catherine était à l'O.S. O., et pour l'autre, à l'O. q. N. O. Le premier était par 1 8 mètres et le second par 9 mètres.
[cuap. i*.] DE L'ENTRÉE AU PREMIER GOULET. 35
Malgré ces exemples, on engage tons les navires, quelle que soit leur tonnage, à ne pas dépasser, dans le Nord, une ligne 0. q. N. 0., E. q. S. E. , passant par la pointe Sainte-Catherine. Dans le Sud de cette limite, les courants de marée sont modérés. Dans le Nord, ils sont au contraire très violents et tiennent parfois le bâtiment en travers malgré des vents impétueux; les roulis sont alors très fatigants. On remarquera qu'à tous ces mouillages on n'a pas de terre sous le venta soi, ou qu'on ne l'a que très loin, avec les vents du N. 0. au S. E. par le S. 0. C'est une inquiétude de moins si les chaînes viennent à forcer.
A l'Ouest de la pointe Sainte-Catherine commence le banc Lomas, séparé du grand banc Orange par la baie Lomas. Si l'on pouvait sans danger s'enfoncer dans l'angle des deux bancs, on aurait en cet endroit le meilleur de tous les mouillages. Malheureusement la Terre de Feu n'a, comme il est dit plus haut, aucun sommet remarquable, ceux de la côte Nord sont trop loin, et il en résulte que sans balises on court un peu au hasard.
Au contraire, le mouillage Spiteful, à 7 ou 8 milles dans le N. 0. de la baie Lomas, peut être abordé sûrement : 1" parce qu'il est plus près de la côte Nord; 2° parce qu'il est en vue du cap Orange; 3° parce qu'il est voisin de la bouée du banc Orange, qui guide pour chercher où jeter l'ancre. Il serait, à la rigueur, possible de s'avancer jusqu'à 8 milles Ouest du cap Orange; mais ce serait inutile au point de vue de l'abri, et l'on risquerait d'être drossé par la marée sur les hauts-fonds qui prolongent le grand banc. Les navires sont sullisamment près, par t8 à 20 mètres, relevant :
Cap Orange S. H6° 0.
Cap Possession N. 2 1° E.
Rouée N. a8° E.
Colline Direction N. 7a 0.
Avant de quitter ce mouillage, nous rappellerons qu'on le conseille vivement pour attendre la fin du S. 0. et donner, à la première embellie, dans le goulet, qui en est distant de là milles. Les vents d'Ouest sont frais en cet endroit; mais on sait qu'ils forcent raremenl avec le jusant et que les rafales dangereuses ont surtout lieu de flot. A ce moment le vent et la marée travaillent à contre, ce qui soulage l'effort des chaînes.
Marées. — Comme nous l'avons dit à l'arlicle des Marées, les parages dont nous nous occupons en ce moment présentent une particularité en ce que l'on n'y observe pas le retard de trois heures, général dans la partie Est. Enlre Espiritu Santo et la pointe Sainte- Catherine, ainsi que dans la baie Lomas, le flot s'établit le long de
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terre au moment même où la mer monte à la plage, le jusant au moment même où elle Laisse. Au mouillage Spileful, le renversement a lieu l h 30 m après la basse et la haute mer. C'est seulement à quelques milles au large des mouillages, dans le grand courant, que Ton retombe dans la loi des 3 heures.
Connaissant suffisamment les deux côtes du bassin de l'Entrée, nous pouvons maintenant revenir devant les goulets, dont le passage fera l'objet principal du paragraphe troisième. (Voir, page 173, la description de la Terre de Feu, au Sud du cap Espiritu Santo.)