PUNTA ARENAS
viennent par groupes de 50 à 100 personnes apporter leurs marchandises ou bien encore les blancs s'enfoncent eux-mêmes dans les Pampas, où ils sont fort bien accueillis. En 1871, les importions, égales aux exporlations, montèrent à 250,000 francs. On a parlé dans ces derniers temps de faire la pêche à la baleine et d'exploiter des salines existant dans l'intérieur. Le blé, l'orge et tous les légumes, sauf les haricots, réussissent assez bien ; il en est de même de l'élevage du bétail et des chevaux. En un mot, l'expérience a démontré que la côte boisée comprise entre la baie Laredo et le cap Froward peut aussi bien nourrir l'homme laborieux que certaines terres au Nord de l'Europe et de l'Amérique.
Ressources. — Sans être encore suffisantes, les ressources du port ont considérablement grandi. Jamais l'assistance des autorités locales ne fait défaut aux navires en relâche, et ils peuvent se procurer aujourd'hui chez les particuliers un certain nombre d'articles qui manquaient entièrement avant la colonisation de 1868 cl les premières années qui suivirent.
Le bois est fourni à bon marché par les soins du Gouvernement, soit comme bois de chauffage, soit sous la forme de bordages pour les réparations. Des navires de commerce en détresse ont été assistés par les ouvriers du Gouvernement et ont reçu des vivres de mer et même des ancres et des chaînes. On ne vend pas d'eau douce, mais on en fait, non sans quelque difficulté, avec les embarcations du navire. À ce point de vue, Port-Famine offre plus de facilité que Pu nia Arenas.
On se procure des bœufs venant pour la plupart de Montevideo et des moutons des Malouines. En janvier 1878, le très bon bœuf coûtait 1 te. 50 cent, le kilogramme et des moutons médiocres 45 francs l'un. Les bœufs vivants sont énormes et donnent 300 kilogrammes de viande. En hiver, les petits navires peuvent néanmoins en prendre sans inconvénient, car la viande se couserve 15 ou 20 jours. Les habitants fournissent en petite quantité des poules, des cochons et aussi quelques légumes, surtout des pommes de terre. Les marchands vendent du thé, du sucre, des épices, du tabac et des effets chauds. Les pêches à la seine sont souvent fructueuses, surtout à l'entrée de la rivière. Le commencement du Ilot est une circonstance à rechercher; le soir vaut mieux que le jour parce qu'il fait généralement plus calme et que l'on peut faire des feux clairs sur la plage. Lorsque le Ilot commence le soir, une bonne pêche est très probable.
Depuis l'existence de ces ressources, les quelques navires à vapeur qui relâchaient aux Malouines en allant dans le Pacifique ont abandonné cette route, qui les souvcntail de 400 à 500 milles.
On remarque maintenant dans l'établissement la maison du gou-
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verueur, une chapelle, une école, des magasins de vivres, des ateliers et une caserne. Il y a autour de la ville un espace suffisamment dégage' pour permettre au visiteur de faire une promenade à pied ou une course à cheval; on se procure facilement des montures. En décembre, on tire quelques perroquets dans les bois; en mars et avril, il y a des passages de bécassines. On rencontre aussi des bandurias (espèce d'ibis), mais elles sont difficiles à approcher. Dans les étangs salés qui sont à 2 ou 3 milles au Nord de l'établissement on surprend parfois des canards et des oies. Dans les bois il y a deux ou trois espèces de pics et quelques autres petits oiseaux. En février et mars, les champignons abondent dans la plaine.
BAIE FRESHWATER. — POSTE CHILIEN. — BOIS À BRÛ- LER. — PROVISIONS. — AIGUADE. — En partant de Punta Arenas un navire allant vers le Sud fera bien de se placer sur l'alignement du mont Saint-Philippe par le mont Tarn. Il cheminera de la sorte, sans préoccupation d'aucune sorte, jusqu'au moment où la saillie de la pointe Rocky le forcera à prendre du tour. Par vent soufflant fortement de terre on ralliera la cote, et l'on ira tout près des varechs qui forment une ceinture parallèlement à la plage. Les plus avancés sont par des fonds de 9 à 11 mètres, de sorte qu'on ne craint rien en les côtoyant. On évitera seulement de les toucher.
De Punta Arenas jusqu'à la pointe Sainte-Marie, on peut mouiller à { de mille de terre par 20 à 22 mètres, fond de sable argileux et de coquille. Au Sud de la pointe on rencontre la baie Freshwater, qui peut servir à l'occasion et dont nous dirons quelques mots.
On reconnaît aux signes suivants l'entrée de la baie Freshwater, lorsqu'on est à quelques milles au large: 1° la pointe Sainte-Marie, qui limite le mouillage au Nord, est parfaitement apparente; dans le Nord de celte pointe le terrain est bas et boisé, tandis qu'elle est ellemême plus élevée et présente deux taches où il n'y a pas du tout d'arbres; 2° le mont Centre, haut de 290 mètres, domine le milieu de la baie el a une apparence frappante, tandis que les collines qui l'entourent n'ont pas de formes saillantes et s'abaissent du côté de la mer avec une grande régularité; 3° la pointe Sud de la baie a la forme d'un morne.
Pour prendre le mouillage, donner un bon tour à la pointe Sainte- Marie, que prolonge dans le Sud une longue traînée de goémons. Ne pas s'engager dans ces goémons, car s'il y a du fond dans certaines parties du banc d'herbes il y a du danger dans d'autres (récif Cachiywyo). On sera sûr de tout parer si l'on descend dans le Sud jusqu'à relever le mont du Centre au N. 0. Alors on gouvernera sur lui, ou un peu plus au Sud, et l'on mouillera par 18 à 16 mètres, sable vasard recouvrant de l'argile. Un petit vapeur pourrait s'avancer plus loin
fcHAP. i".] PORT-FAMINE. 01
jusque par 9 à 11 mètres, relevant la pointe Sainte-Marie au N. 14° E. , le mont Centre au N. 60° 0.; mais ce serait imprudent, à moins de très beau temps et d'une courte relâche.
Le mouillage de la baie Freshwater est tout à fait comparable comme sécurité' à celui de Punta Arenas; la colonie y a détaché un poste de quelques soldats. En 1871 on n'y trouvait que 300 ou 400 têtes de bétail, dont les militaires étaient chargés. En janvier 1878 il y avait un petit village, abritant 62 colons, presque tous d'origine suisse. On peut s'y procurer de la viande en toute saison , des légumes de novembre à avril. Le bois est abondant et bon pour les vapeurs. Deux ruisseaux qui se jettent dans la rade donnent une excellente eau. La pêche est fructueuse.
La baie Freshwater est celle que les Espagnols avaient appelée de Romay.
DE LA BAIE FRESHWATER À LA POINTE SAINTE-ANNE. — Toute cette côte est escarpée et infiniment trop accore pour que l'on puisse y mouiller; il n'y aurait d'exception que dans la petite anse du Sud de la pointe Rocky. Mais l'endroit est petit, l'appareillage y est difficile pour les voiliers : aussi conseille-t-on de l'éviter.
La pointe Sainte-Anne se détache nettement de la côte à 3 milles dans le Sud de la pointe Rocky. Les arbres de son extrémité lui donnent un caractère si saillant qu'il arrive de la reconnaître, le navire n'étant encore qu'à la hauteur de Punta Arenas. Un plateau de 9 mètres, dit plateau Arcmco, se détache à 000 mètres dans le S. 40° E. de la pointe.
De même que la pointe Sainte-Anne, le mont Saint-Philippe, qui en est à 3 milles dans le N. O., aide à reconnaître l'entrée de Port- Famine. De beau temps, on peut encore s'aider du mont Graves, principal sommet de l'ile Dawson, et même du pic Sharp, sur l'île Wiekham , dans le Sud du mont Graves.
PORT-FAMINE (plan n° 2988). — L'abri y est excellent, sauf par vent d'Est. On y distingue deux mouillages. Le premier est dans la partie S. 0. de la baie, et convient pour l'été, saison pendant laquelle les plus grands vents sont de la partie Ouest. Le second est dans le Nord, à l'Ouest de la pointe Sainte-Anne; c'est le meilleur en hiver parce qu'on y rencontre un certain abri contre les venls d'Est, à craindre dans celle saison seulement.
La baie passait pour être parfaitement saine lorsque la division espagnole commandée par le contre-amiral Mendez Nunez signala, en 1867, une roche recouverte de 5 mètres 5, comme gisant à 1,270 mètres dans le S. 78° 0. de la pointe Sainte-Anne , là où la carte porte 13 mètres. Malgré ses recherches consciencieuses, le capitaine Mayne n'a pu retrouver cet écueil. H a bien découvert un plateau rocheux,
«2 DÉTROIT DE MAGELLAN. [ciiap. .".]
mais ce danger est tout près de (erre, et à 4 encablures dans le S. S. 0. de la position indiquée plus haut. On le nomme Rocher des Espagnols, bien que ce ne soit sans doute pas celui dont croyaient parler les officiers de cette nation; mais il a été trouvé sur leur instigation.
Pour prendre le mouillage du Sud-Ouest passer à un bon mille dans l'Est de la pointe Sainte-Anne et descendre dans le Sud, en rondissant jusqu'à relever le mont Saint-Philippe au N. 40° 0. Faire route sur lui pour approcher de terre, en cherchant à distinguer l'embouchure de la rivière Sedger et celle du ruisseau du Nord. La première se reconnaît aux eaux troubles qu'elle jette dans la baie, et la dernière a une petite coupée commençant immédiatement après l'espace dénudé qui s'étend pendant près d'un mille au Nord du lieu d'observation. L'herbe seule pousse sur cette partie du rivage, tandis que plus nu Sud il y a beaucoup d'arbres. Du mouillage, l'entrée de la rivière Sedger est légèrement fermée. On y relève :
La pointe Sedfjer S. 34° 0.
L'embouchure du ruisseau Nord ]\. 34" 0.
La pointe Sainte-Anne N. 53» E.
L'ancre est alors par 18 mètres, vase. Il faut sonder rapidement, aux approches du mouillage, car pour un déplacement de 200 mètres la sonde saute de 40 mètres pas de fond à 15 mètres, limite qu'un grand bâtiment ne doit jamais dépasser : il n'est déjà, par ces fonds, qu'à 2 encablures 5 du Rocher des Espagnols. Si l'on s'était, par erreur, un peu trop rapproché de terre, on aurait la ressource d'affourcher pour diminuer le rayon de Tévitage.
Les instructions anglaises donnent comme amer du mouillage Sud- Ouest l'alignement de la pointe Sainte-Anne par le cap Valentyn (ile Dawson). En prenant cet alignement sur la carte N° 3398, la seule qui le donne, on trouve une ligue S. 71° O.-N. 71° E. La reportant sur le plan N°2988, à partir de la pointe. Sainte-Anne, on tombe à 400 mètres plus Nord que le mouillage du Sud-Ouest, tout près de la position assignée par les Espagnols à la roche de 5 mètres 5. L'alignement précité est donc à vérifier.
Si l'on veut, au contraire, prendre le mouillage du Nord, on contournera la pointe Sainte-Anne, en se méfiant des remous de courant, qui portent quelquefois sur elle, et même du banc Arauco, si l'on veut être très prudent. Mouiller Est et Ouest avec ladite pointe, l'embouchure du ruisseau Nord restant au N. 49° O., l'entrée de la rivière Sedger au S. 22° 0. Un petit navire pourra s'avancer à la sonde jusqu'à 150 ou 200 mètres plus en dedans.
La hauteur de la marée est très variable à Port-Famine. Jamais elle ne marne plus de l m ,80, mais elle diminue beaucoup avec vents
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d'Ouest et de Sud-Ouest. Au conlrairc, les vents d'Est et de JN. E. produisent les plus grands gonflements. Le port est de ceux, cpie Ton considère comme praticables de nuit.
Port-Famine est sur l'emplacement où Sarmiento fonda la colonie espagnole de San Philippe. On peut voir encore, sur la pointe Sainte- Aune , des tombes et des restes de grilles provenant du cimetière de ce premier établissement. Les Chiliens reprirent ensuite l'œuvre des Espagnols, mais en 1843 ils se transportèrent à Punta Areuas. Le point marqué sur la carte lieu d'observation est celui où King et Fitzroy déterminèrent la longitude.
Aiguade. — La rivière qui se remarque dans le Sud du port est obstruée par une barre qui assèche à mer basse, mais à mi-flot les embarcations peuvent entrer. Cette rivière a été successivement appelée San Juan par Sarmiento, Segars par Pecket et Sedger par Byron : ce dernier nom a prévalu. On peut remonter ce cours d'eau jusqu'à h ou 5 milles de l'entrée, mais alors on se trouve arrêté par les troncs d'arbres charriés. L'eau est douce à } mille de l'entrée; on la l'ait avec des barils à l'heure de la marée basse, mais elle se- conserve mal à cause des détritus végétaux qu'elle tient en suspension. On l'emploiera donc pour les usages journaliers, et l'on se servira pour l'approvisionnement à garder en caisses des puits creusés par l'Adventarè sur la pointe Sainte-Anne elle-même. Ils sont sur le petit plateau qui domine la troisième anse de galets, en parlant de la pointe. Si ceux-là ne suffisaient pas, on en creuserait aisément de nouveaux.
Bois. — Le bois abonde; mais comme il faut le couper soi-même, on préfère généralement s'en procurer à Punta Arenas, où il s'achète préparé. On trouve de très bonnes essences pour les travaux de charpentage el les embarcations.
La pêche à la seine donne souvent de magnifiques résultats; on prend des perches, des mulets et de fort beaux smelts ou saumons argentés. On trouve à chasser des oies, des canards, des bécassines cl des pluviers, mais les chances sont très variables.
On a rencontré des Fuégiens campés dans cette localité.
DE LA RIVIÈRE SEDGER AU CAP SAN ISIDRO. — BAIE VOCES. — A 1 mille dans le Sud de l'entrée de la rivière Sedger on rencontre la baie Voces, au milieu de laquelle se jette la rivière Second. Ce petit cours d'eau descend du fond d'une vallée qui s'étend assez loin dans l'intérieur; son entrée est obstruée par un haut-fond. On mouillera par le travers de l'embouchure, fond de 13 à 18 mètres. Cet endroit est inférieur à Port-Famine , mais il serait utilisable par une division nombreuse, ne pouvant tenir dans ce dernier port; elle détacherait le surplus dans la baie Voces.
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Plus au Sud, jusqu'à la pointe Tree, il n'y a pas de mouillage, car le fond est considérable, même à toucher la côte. Au contraire, dans leN. E. du cap San Isidro, un plateau assez étendu offre une relâche temporaire aux navires à faible machine, ne pouvant remonter les rafales arrivant du cap Froward. En temps de brumes, on pourrait e'galement se re'fugier sous le cap; cependant il est bon de dire que les brumes sont peu fréquentes dans ce reach.
La côte occidentale du Famine reach se termine à la pointe San Isidro. Nous passerons maintenant de l'autre côté du détroit pour examiner la côte orientale, de la pointe Gente au canal Saint-Gabriel, y compris l'île Dawson, la baie Useless et YAdmiralty Sound. Ces parages étant en dehors de la route usuelle, le lecteur qui ne désire pas les connaître peut passer immédiatement à la page 170, où il reprendra la côte fréquentée, au-dessous du cap San Isidro. Nous conservons à dessein l'orthographe espagnole de ce nom, pour éviter toute confusion avec la pointe Saint-Isidore, sur la côte Sud du second goulet.
Pour suivre la description de la côte orientale des deux premiers reachs et des ports de l'île Dawson, il faut recourir à la carte N° 877. C'est la seulequi contienne les localités en question.
DE LA POINTE GENTE AU CAP VALENTYN. — BAIE USELESS. — La pointe Gente doit être évitée, parce qu'elle est basse et prolongée par des hauts fonds; des courants violents et irréguliers y ont été observés. A 6 milles dans le Sud la côte devient toutaccore; elle est sans point remarquable jusqu'au cap Monmouth, que ses falaises rendent, apparent.
De ce cap, la terre s'infléchit brusquement au S. E. et présente la pointe Boqueron, promontoire abrupt où vient aboutir la longue chaîne de hauteurs dont nous avons déjà parlé comme s'étendant en arc de cercle jusqu'au cap Espiritu Santo. Tout près de la pointe Boqueron cette chaîne présente un épaulement ou chute fort remarquable, qu'on peut relever même du voisinage de Punta Arenas. Le nom de Boqueron (en espagnol, ouverture) fut donné à ce promontoire parce qu'il forme avec le cap Valentyn l'entrée de l'énorme baie Useless. On crut, au premier abord, que cette grande étendue d'eau formait coupure à travers la Terre de Feu et rejoignait sur l'Atlantique le cap Saint-Sébastien. Les cartes anciennes portent sur ce parcours un chenal dit de Saint-Sébastien.
Un examen plus sérieux a montré que la baie Useless s'étend seulement à 30 milles dans l'Est et qu'elle a 12 milles d'ouverture. L'inutilité de ce grand bassin lui a valu son nom. En effet, toute la partie Nord n'offre aucun abri, et c'est à peine si l'on soupçonne dans le Sud un mouillage sous le pic Nose. On tient ce renseignement du Beagle,qui est entré dans la baie Useless, mais qui n'a pas expérimenté lui-
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BAIE LOMAS.
même la relâche. Si Ton avait à séjourner dans ces parages on serait mieux dans la Laie Willes, sur l'île Dawsou (voir page G9).
Les terres à l'Est de la baie sont basses, plaies, entrecoupées de flaques d'eau; ce terrain ingrat paraît se prolonger jusqu'à la côte de l'Atlantique. Le guanaco est abondant dans l'intérieur; les Indiens semblent occupés exclusivement à le chasser, car leurs i'eux se voient de loin, dans les terres, et on ne leur connaît pas de pirogues.
Le cap Valentyn limite, au Sud, l'entrée de la baie Useless; il est bas à sa pointe extrême ; mais, à petite dislance dans le Sud, on remarque un morne qui peut être relevé pour le cap et qui se voit des environs de Punta Arena ou de la baie Freshwater. La pointe extrême du cap présente un petit enfoncement où les goélettes pourraient mouiller; cette anse est parfaitement abritée des vents de l'Est à l'Ouest par le Sud, mais lorsque la mer se retire on observe que la partie de plage qui découvre est pleine de petits rochers, ce qui indiquerait un fond dangereux.
Au Sud du cap Valentyn, tout le littoral donnant sur le Famine reach est tellement abrupt que l'on ne peut y débarquer, sauf dans l'anse Préservation, qui offre juste assez de place pour un canot un peu fort. Au pied des falaises s'étend une ligne de galets.
Si le cap Valentyn lui-même n'était très apparent, on chercherait le sommet Graves, désigné par le nom du lieutenant anglais à qui on doit principalement les renseignements publiés sur le Nord de l'île. Ce mont, ayant 400 mètres de haut, se voit d'extrêmement loin. La vue N° 9 de la i' e série le représente très clairement, pris du travers de la pointe Sainte-Marie.
BAIE LOMAS. — EAU, BOIS À BRÛLER. — PORTS SAN ANTONIO ET VALDEZ. — Ce sont les seuls endroits où l'on puisse mouiller sur la côle Ouest de l'île Davvson, et encore l'abri est-il si précaire qu'on aura soin de ne s'y réfugier qu'en cas de nécessité.
La baie Lomas est le moins mauvais de ces mouillages, bien qu'il soit le plus ouvert, parce que l'espace y est très grand et le fond de vase bleue donnant une excellente tenue. On y est bien par des vents de S. 0., mais la mer se fait très vile avec ceux de l'Ouest et du N. 0. L'entrée étant large de 6 milles et la baie dépourvue de dangers, il n'y a pas d'instructions à donner pour !a pratiquer : l'œil et la sonde suffisent. On fera observer seulement qu'à 1 mille de terre il y a 27 mètres d'eau.
L'eau douce et le bois peuvent se faire à volonté. Lorsque King et Fitzroy firent l'hydrographie de l'île Davvson, ils trouvèrent sur la plage 20 wigwams ou cabanes, ce qui prouve que l'île est très fréquentée par les indigènes. Il serait bon d'appeler celte baie deuxième Patagonie. 5
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baie Lomas ou baie Lomas de Dawson, pour la distinguer de celle du même nom qui se Irouve dans le bassin de l'Entrée (page 35).
Le port San Antonio (plan N° 3170), paraît, au premier abord, devoir être très supérieur à cette dernière. L'étroit canal compris entre l'ile Dawson, les îles du Nord et San Juan, est intenable par les vents de N. 0., qui s'y engouffrent avec force; l'Adventure y passa 15 jours et faillit s'y perdre malgré trois ancres mouillées. Toute la partie Nord du port est encombrée de rochers, visibles il est vrai, mais restreignant l'évitage, de sorte qu'en réalité la seule partie praticable est située entre la crique du Colibri et la côte de l'île Dawson , tout près de l'entrée du Sud, par 20 à 25 mètres. Excepté par vent de Nord, on choisira cette dernière passe, parce qu'elle est encore la plus large, bien que n'ayant que 500 mètres. On rangera bien la pointe San Juan pour éviter la roche sous-marine qui en est à \ de mille dans le S. E. Malgré cet écueil, l'entrée Sud est préférable, parce qu'on n'a pas à manœuvrer au milieu des roches hors de l'eau qui encombrent la partie Nord. En résumé, c'est un endroit à éviter, sauf le cas de force majeure.
En manœuvrant dans les environs de l'île, on se souviendra que la pointe N. O. est prolongée par un récif jusqu'à ] de mille au large. Au contraire, les îlots rocheux existant dans le S. O. de cette même île sont bien sains; il est possible de passer entre eux et l'île San Juan. L'île du Nord et l'île San Juan sont séparées par un petit canal impraticable.
Le port l'aidez (même plan N° 3170) n'est pas plus à recommander que le port San Antonio: c'est une crique étroite, encaissée entre deux murailles de 600 à 900 mètres de haut. Le vent de N. O. s'y engouffre avec une telle force que l'on voit, sur le flanc des montagnes, des traînées de très gros arbres tordus et arrache's.
CANAL SAINT -GABRIEL ET CASCADE REACH. — MONTS SARMIENTO ET buckland. — Du port Valdez à la pointe Cône, la côte occidentale de Dawson s'étend vers le Sud, accore, abrupte, sans mouillages, et sans autres saillies que les pointes Hillock, de l'Atterrage et Zigzag, très peu reconnaissables. Entre la pointe Cône, sur l'île Dawson, et la pointe Anxious, sur la Terre de Feu, s'ouvre le canal Saint-Gabriel, prolongé parle Cascade reach , les deux formant ensemble un détroit long de 23 milles et large de \ mille à 2 milles. C'est une véritable tranchée de nature schisteuse, à travers laquelle l'eau s'est précipitée en isolant l'île Dawson de la Terre de Feu; la direction de la tranchée est absolument parallèle à celle des couches de schiste. Sur la côte Nord, ou de Dawson, le bord du canal s'élève à pic pour former une crête aiguë de laquelle on tombe presque verti-